"Reçus-collés" en médecine: Marcourt "se conformera à la décision des tribunaux"

La clé de répartition (60 pour la Flandre, 40 pour la Fédération Wallonie-Bruxelles) établie par la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block ne satisfait pas du tout le ministre de l’Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt. Interrogé par la RTBF, il dénonce des chiffres manipulés et demande tout simplement que la Wallonie et Bruxelles disposent d'un nombre suffisant de médecins pour soigner la population : "Ce qui ne me satisfait pas, c’est de ne pas avoir assez d’attestations Inami pour tous les étudiants en cours de cursus : je n’en ai toujours pas la garantie. Et deuxièmement de ne pas avoir la garantie pour ceux qui sont à la fin du premier bac cette année et qui vont s’inscrire. Et troisièmement quelle est la raison pratique de ce 60-40 ? Ce qui est demandé au fédéral, c’est d’établir le nombre de médecins nécessaires en 2022, ce n’est pas de faire une clé 60-40, qui est une clé politique et arbitraire. Ce qu’on lui demande c’est de faire un travail sérieux et de répondre aux besoins de la population, et cette clé ne l’exprime pas".

Le ministre de l'Enseignement supérieur estime aussi paradoxal de la part du fédéral de lui reprocher l'inefficacité d'un filtre dans les études de médecine alors que, selon lui, le concours mis en place en fin de 1ère année a été "invalidé parce que le quota (fédéral, ndlr) était invalide".

"Un examen d’entrée n’est pas la meilleure solution"

"J'ai pris acte des conditions imposées par le fédéral et soumettrai l'idée d'un examen d'entrée à l'ensemble des parties prenantes (universités, étudiants, étudiants en médecine)", indique Jean-Claude Marcourt. Il regrette toutefois que le fédéral ait porté son choix sur un examen plutôt qu'un concours à l'entrée des études en médecine.

La ministre fédérale de la Santé Maggie De Block a indiqué qu'elle accepterait de donner des numéros Inami aux étudiants en cours de cursus uniquement si le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles approuve, "avant la deuxième lecture de l'arrêté royal sur les quotas, un décret instaurant un examen d'entrée avant le début de la 1ère année de médecine".

"Je prends acte de ces conditions et j'ai bien compris qu'il s'agissait d'une exigence forte", réagit Jean-Claude Marcourt. Le ministre s'étonne toutefois que l'idée d'un concours d'entrée n'ait pas été retenue. "Avec un concours, c'était plus clair et cela permettait d'éviter la formation de nouvelles bulles (de numéros Inami, ndlr) mais pour cela, il faut justifier de manière pertinente le nombre d'attestations délivrées. L'examen d'entrée permet au fédéral de manipuler les chiffres des quotas selon son bon vouloir", dénonce-t-il.

Il souligne qu'en Flandre, où un examen d'entrée est mis en place depuis la fin des années 1990, "il y a chaque année plus de lauréats que de numéros Inami disponibles". Cela ne règlerait donc pas entièrement le problème du surplus d'étudiants francophones diplômés ces dernières années.

"Reçus-collés" au concours: "Je me conformerai à la décision des tribunaux"

Jean-Claude Marcourt a indiqué par ailleurs qu'il attendait les décisions des tribunaux civils, saisis par plusieurs étudiants pour passer en 2e année de médecine, pour décider du sort des "reçus-collés", ces étudiants qui ont réussi leurs examens mais qui ne se sont pas classés en ordre utile lors du concours de fin de 1ère année. "Si les tribunaux décident qu'ils peuvent passer à l'année suivante, je me conformerai à la décision". Les jugements sont attendus dans le courant de la semaine prochaine.

"Nous verrons si les étudiants obtiennent leur droit de passer en 2e année mais il faut souligner qu'ils n'auront aucune garantie d'obtenir un numéro Inami" à la fin de leurs études, précise Jean-Claude Marcourt. "Dès que nous aurons la décision des tribunaux civils, nous nous réunirons en Conseil des ministres et verront ce que nous pouvons faire", ajoute le ministre.

Le concours instauré en fin de 1ère année avait été suspendu par le Conseil d'État le 12 août dernier, la haute juridiction estimant entre autres que les quotas sur lesquels il se fondait n'étaient pas suffisamment motivés. Certains étudiants n'ont pas attendu une décision politique pour clarifier leur situation et ont intenté des recours devant les tribunaux civils. Ils devraient être fixés sur leur sort dans le courant de la semaine prochaine.

Opaline Meunier, présidente de l'Union des étudiants de la Communauté française (Unécof) salue la décision de Jean-Claude Marcourt de suivre la décision des tribunaux civils en ce qui concerne les "reçus-collés", ces étudiants qui ont réussi leurs examens mais qui ne se sont pas classés en ordre utile lors du concours organisé en fin de 1ère année.

"Même si la décision des tribunaux est défavorable aux étudiants, l'arrêté royal instaurant le concours a été suspendu donc le ministre sera bien obligé d'inscrire tous les étudiants dans l'année supérieure", précise-t-elle.

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