Qui sera le prochain formateur ? Fin du suspense après un week-end de marchandage ?

Qui sera le prochain formateur ?  Fin du suspense après un week-end de marchandage?
Qui sera le prochain formateur ? Fin du suspense après un week-end de marchandage? - © Tous droits réservés

Depuis plusieurs jours, les paris sont ouverts. Qui va devenir le formateur, la personne appelée à diriger la fin des négociations et la mise en place du nouveau gouvernement fédéral ? Une fonction qui n’est pas symbolique.

Très souvent, le formateur est en effet celui qui devient Premier ministre. Les négociations de ce week-end risquent d’être longues et ardues.

Deux favoris

Deux noms sont le plus souvent cités. Alexander De Croo, l’actuel vice-premier ministre, Open VLD et Paul Magnette, le président du PS. Et pour les deux, les arguments plaidant en leur faveur ne manquent pas.

Alexander De Croo

Alexander De Croo a de l’expérience, il a déjà été président de parti, on se souvient notamment que c’est lui qui avait fait tomber le dernier gouvernement Leterme et il est vice-Premier ministre. Et pour bon nombre, l’homme a changé, s’est assagi. Et certains de comparer son évolution à celle de Guy Verhofstadt. Ultra-libéral en début de carrière, il aurait, dit-on aujourd’hui, arrondi les angles.

Alexander De Croo est parfait bilingue et passe bien dans les médias. Enfin, et c’est peut-être ce qui peut le plus jouer en sa faveur, depuis 2010, les Premiers ministres sont tous des Francophones avec Elio Di Rupo, Charles Michel et Sophie Wilmès. Et comme, en plus, côté flamand, cette future coalition Vivaldi n’aura pas de majorité, un Premier ministre du nord du pays serait un choix nécessaire, un passage obligé.

Ce qui peut jouer contre lui, en revanche, c’est que l’Open VLD n’est pas le premier parti flamand de la coalition, c’est le CD&V et que la famille libérale n’est pas non plus la plus importante de cette coalition, c’est la famille socialiste.

Paul Magnette

Le président du PS a aussi de l’expérience. Depuis 2007, il a déjà été ministre wallon, ministre-président wallon, ministre au fédéral, il est bourgmestre de Charleroi depuis 2012 et depuis novembre 2019, le nouveau président du parti socialiste.

Paul Magnette aime incarner la gauche, une gauche sociale-démocrate mais, comme président du PS, il s’est également ces derniers mois montré pragmatique en acceptant, et pour bon nombre de militants, ce fut difficile à comprendre, de négocier avec la N-VA et Bart De Wever. "Vu la situation de blocage, dit-il, il fallait aussi le tenter même si les deux partis ont très peu de points communs".

Paul Magnette est aussi parfait bilingue, il passe bien dans les médias et connaît les mécanismes européens sur le bout des doigts. Son avenir un peu plus lointain sera sans guère de doute à l’échelon européen.

Enfin, il peut revendiquer ce poste comme le PS est le premier parti francophone de cette future coalition et que la famille socialiste, avec le SP.A, en est la première famille devant les libéraux.

Ce qui peut jouer contre lui, c’est notamment le fait que le poste de Premier ministre soit détenu depuis 2010 par les Francophones. Et puis, devenir Premier ministre est un honneur mais cela pourrait aussi coûter des postes au PS et des compétences importantes.

Koen Geens, Sophie Wilmès…

Ce sont les deux autres noms également parfois cités. Koen Geens a aussi de l’expérience. Il a déjà été ministre des Finances, il est aujourd’hui à la Justice et le CD&V est le premier parti flamand de cette coalition.

Un parti qui n’a pas été facile du tout de faire monter dans les négociations. Les tensions restent vives à l’intérieur du CD&V comme la dernière sortie de Pieter de Crem l’a encore montrée. Bon nombre des bourgmestres chrétiens-démocrates flamands ne cachent pas que leur préférence est encore et toujours une alliance avec la N-VA.

Ces arguments pourraient peut-être jouer en faveur de Koen Geens. Mais apparement, son parti ne serait pas, ne serait plus demandeur de la fonction mais plutôt de portefeuilles ministériels de poids.

Enfin, Sophie Wilmès est aussi évoquée. La première femme Première ministre en Belgique. Elle est arrivée un peu par hasard suite au départ de Charles Michel pour l’Europe, pensant sans doute qu’elle n’occuperait la fonction que quelques semaines. Sophie Wilmès est désormais en place depuis novembre 2019, faute de nouveau gouvernement et surtout, elle a dû gérer la pandémie de Covid 19 avec toutes ses conséquences sur le plan sanitaire et économique. Et pour beaucoup, elle a bien assumé la fonction surtout au vu du contexte.

Un duo

C’est également envisageable comme piste. Ce pourrait être, entend-on, un duo De Croo-Magnette. Comme ce fut Michel-Peeters en 2014. Mais voilà, dans cette hypothèse-là, il y en a un de trop pour être Premier ministre. En 2014, vu le poids très léger des Francophones dans la Suédoise et vu que le CD&V voulait surtout le poste de commissaire européen pour Marianne Thyssen, c’est Charles Michel qui est devenu Premier ministre.

Ce qui est certain, c’est la seule certitude du moment, c’est que le choix du formateur entraînera tout ce week-end des donnant-donnant, des marchandages, des recherches d’équilibre entre partis, entre familles politiques et entre Francophones et Flamands. Les paris sont ouverts.

 

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