Qui était autour de la table du Comité de concertation "coronavirus" de ce vendredi ? Notre infographie

Un nouveau Comité de concertation s'est réuni ce vendredi, pour adopter de nouvelles mesures visant à ralentir la propagation du virus dans notre pays. La situation sanitaire se dégrade et des dispositions fortes sont à craindre. Qui a participé à ce Comité de concertation ? Qui était autour de la table ? Et, petit rappel, à quoi sert en théorie ce Comité de concertation ?

A quoi sert le Comité de concertation ?

A la base, ce comité n’a pas été créé pour traiter de matières sanitaires. A l’origine, le Comité de concertation a pour rôle de tenter de prévenir ou de régler "les conflits d’intérêts et certains des conflits de compétence survenant entre différentes composantes de l’État fédéral belge", comme le rappelle le Crisp, le Centre de recherche et d’information socio-politiques.

Parmi les dossiers déjà abordés par le passé par ce comité, citons le dossier du bruit des avions, le dossier du décumul à Bruxelles, les efforts budgétaires sans oublier, il y a dix ans, la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. En tout cas, le comité se réunit dès qu’un conflit oppose l’Etat fédéral à une des trois Régions ou une des communautés du pays, soit deux entités fédérées entre elles.

Qui a participé au Comité de concertation ?

Le Crisp nous détaille la composition. "Le Comité de concertation est composé de 12 représentants des différents gouvernements du pays (le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux et communautaires), dans le respect d’une double parité : parité linguistique (6 membres francophones et 6 membres néerlandophones) et parité entre membres désignés par l’Autorité fédérale et membres désignés par les entités fédérées (6 membres au total de part et d’autre)", précise le Centre.

On l’a dit : 12 membres. Mais il s’agit de théorie. Dans les faits, le ministre-président de la Communauté germanophone est en permanence invité aux réunions, même si la loi de 1980 instituant ce comité n’a pas prévu sa participation, sauf en cas de conflit impliquant sa communauté.

Donc, si on résume, on retrouve, en des circonstances classiques, autour du Premier ministre (présidant la séance) : cinq autres membres du gouvernement fédéral (deux ministres francophones et 3 ministres néerlandophones ou l’inverse), le ministre-président du gouvernement wallon, deux membres du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (le ministre-président et un ministre de l’autre régime linguistique), le ministre-président du gouvernement de la Communauté française, le ministre-président du gouvernement flamand accompagné d’un deuxième ministre flamand et le ministre-président germanophone.

A cette assemblée peuvent se rajouter des experts thématiques, comme c’est le cas actuellement avec la crise du coronavirus.

Qui était autour de la table ce vendredi ?

17 participants ce vendredi et un plan de table défini de la manière suivante, à commencer par les représentants fédéraux :

  • Alexander De Croo (Open VLD), Premier ministre et président du Comité de concertation
  • Pierre-Yves Dermagne (PS), Vice-Premier ministre et ministre de l’Economie et du Travail
  • Sophie Wilmès (MR), Vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères et des Affaires européennes
  • Georges Gilkinet (Ecolo), Vice-Premier ministre et ministre de la Mobilité
  • Vincent Van Peteghem (CD&V), Vice-Premier ministre et ministre des Finances
  • Frank Vandenbroucke (sp.a), Vice-Premier ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique
  • Vincent Van Quickenborne (Open VLD), Vice-Premier ministre et ministre de la Justice
  • Annelies Verlinden (CD&V), ministre de l’Intérieur
  • David Clarinval (MR), ministre des Classes moyennes

Pour les Régions et Communautés :

  • Jan Jambon (N-VA), ministre-président flamand
  • Hilde Crevits (CD&V), Vice-ministre-présidente flamande et ministre de l’Economie
  • Elio Di Rupo (PS), ministre-président wallon
  • Rudi Vervoort (PS), ministre-président bruxellois
  • Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise de la Mobilité
  • Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles
  • Oliver Paasch (ProDG), ministre-président de la Communauté germanophone

Autre :

Des participants assistent à la réunion à distance: c'est le cas de la ministre Elke Van den Brandt, testée positive au coronavirus il y a peu.

Sophie Wilmès également en quarantaine

Vendredi, à la mi-journée, on a également appris que Sophie Wilmès, ne participera "pas physiquement au Comité de concertation". Elle ajoute dans un tweet que "suite à des symptômes suspects, j’ai décidé de m’isoler et de contacter mon médecin pour passer un test comme le veut la procédure".

Pourquoi n’y a-t-il plus de Conseil national de sécurité ?

Le Conseil National de Sécurité, descendant des anciens Comité ministériel du renseignement et de la sécurité et Collège du renseignement et de la sécurité, a été créé en janvier 2015, à la suite du démantèlement de la filière djihadiste de Verviers et des attentats de Paris (Charlie Hebdo et Hyper Cacher). Son rôle, comme le dit l’arrêté royal du 28 janvier 2015 "définir la politique générale du renseignement et de la sécurité, en assurer la coordination, et déterminer les priorités des services de renseignement et de la sécurité".

Ce CNS, qui regroupe de représentants politiques fédéraux et qui est présidé par le Premier ministre (Charles Michel, suivi de Sophie Wilmès et désormais Alexander De Croo), s’est réuni à de nombreuses reprises, notamment après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et ceux de Bruxelles, le 22 mars 2016.

La crise du coronavirus qui a éclaté au début de l’année a élargi le nombre de participants aux représentants des Régions et Communautés. Et depuis mars, le CNS ne s’est réuni que pour aborder cette thématique. Mais voilà, chaque tenue d’un CNS revêt un caractère particulièrement anxiogène pour la population, pendue aux lèvres du Premier ministre au moment des annonces.

Décision a donc été prise de basculer en Comité de concertation. Pour une autre raison également. Si l’on retrouve fondamentalement les mêmes personnes autour de la table, le CNS reste un organe plus ou moins informel, émanant du fédéral et d’abord tourné vers la sécurité.

Le Comité de concertation (surnommé Comeco) est régi, on l’a rappelé, par une loi de 1980. Cela permet de coller à la nature du fonctionnement des institutions belges et à son fédéralisme, sans hiérarchie au sommet. Lors des Comités de concertation, c’est le consensus qui prime dans le cadre d’une éventuelle prise de décision.

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