Qui est Tom Van Grieken, l'ambitieux président du Vlaams Belang ?

Qui est Tom Van Grieken, l'ambitieux président du Vlaams Belang?
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Qui est Tom Van Grieken, l'ambitieux président du Vlaams Belang? - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Il est la cible de toutes les attentions depuis quelques jours. Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, apparaît comme le grand gagnant de ce dimanche électoral, son parti remportant 15 sièges à la Chambre. Mais qui est vraiment ce jeune loup de la politique dont l’image très lisse mais non moins dynamique détonne avec les idées radicales ?

Âgé de 32 ans, Tom Van Grieken est né à Anvers d’un père gendarme et d’une mère buraliste. Titulaire d’un diplôme en management de la communication de la Haute école Plantijn d’Anvers, c’est en 2003 que cet ancien publiciste devient membre du Vlaams Blok, devenu depuis Vlaams Belang.

Plus jeune président de parti que la Belgique ait connu

Il démarre réellement sa carrière politique en 2007 en devenant conseiller communal de la ville de Mortsel ou il a habité. En 2012, il devient le président des jeunes du Vlaams Belang après avoir été actif dans des organisations étudiantes flamingantes comme le NSV, le Nationalistische Studentenvereniging, dont il avait également été président jusqu’en 2011.

Dès ses débuts, Tom Van Grieken, qui réside aujourd’hui à Schoten dans la province d’Anvers, est comparé au sulfureux Filip Dewinter. Ses déclarations et actions chocs, à l’image de cet épisode en juin 2012 ou il apporte des saucisses de porc à un barbecue halal organisé dans une école de Schoten, font rapidement parler de lui.

C’est en 2014 qu’il succède à Gerolf Annemans à la tête du VB. En récoltant 93% des voix alors qu’il était le seul candidat, il devient alors à 28 ans le plus jeune président de parti que la Belgique ait connu. A cette époque, le parti est se porte très mal dans les sondages mais en cinq ans, le jeune homme réussira à affranchir la désormais deuxième formation de Flandre.

"Il a le radicalisme dont nous avons besoin en tant que parti et en même temps le charme du gendre parfait", déclarait à son sujet Chris Janssens, membre du Vlaams Belang, à la VRT.

Changement d’image

Depuis qu’il est à la tête du parti d’extrême droite flamand, Tom Van Grieken tente de rompre avec le style plus "dur" de ses prédécesseurs à la tête du parti. C’est notamment grâce à la jeunesse et son alliance avec Dries Van Langenhove, le leader controversé du mouvement identitaire Schild & Vrienden, que le président du Vlaams Belang a décidé d’atténuer l’image radicale de son parti. En privilégiant plutôt le pragmatisme à la provocation, TVG a réussi à dédiaboliser le Belang.

C’est notamment en opérant un changement d’approche par rapport à ses cadres et en adoptant une grosse présence sur les réseaux sociaux (il est d’ailleurs l’homme politique le plus suivi de Flandre sur Facebook avec plus de 308.000 "fans" sur sa page), que Tom Van Grieken a tenté de se débarrasser de l’étiquette raciste accolée au VB pour convaincre les électeurs.

"Le Vlaams Belang n’a jamais été extrémiste, ni raciste. C’est ce que les médias racontent. Cela fait 15 ans que nous nous appelons Vlaams Belang. Si quelqu’un nous accuse de racisme, vous devez le prouver ou porter plainte. Je tourne le dos à cela. Je ne suis pas du tout d’accord. Il s’agit d’un nouveau Vlaams Belang, avec un programme démocratique qui ne ferme pas la porte et qui ne veut pas aller dans l’opposition ", expliquait-il à la RTBF.

Si le thème de l’islamisation n’a pas semblé aussi central que d’habitude dans ses discours de campagne plutôt portés vers le volet socio-économique, Tom Van Grieken n’en reste pas moins inflexible sur la politique d’immigration prônée par le Belang. Il a su avec succès, surfer sur la vague de populisme antisystème qui a frappé l’Europe, en témoigne le titre de son premier libre, "L’Avenir entre nos Mains – Révolte contre les élites".

Il déclarait dans une interview en 2018 : "L’homme de la rue, qui se sent nié et délaissé depuis des décennies par le système, trouve en nous son seul porte-parole". Capitaliser sur les frustrations sociales semble bel et bien être une stratégie payante pour le Belang.

Aujourd’hui, celui que Bart De Wever avait récemment qualifié de “bouffon”, semble en position de force. Alors qu’il s’en prenait autrefois à la N-VA l’accusant d’avoir compromis ses idées et d’être trop modérée, Tom Van Grieken a fait en sorte grâce à sa victoire électorale que les deux partis soient plus proches que jamais.

Quel rôle dans les prochains jours ?

Ce mercredi, le président du Vlaams Belang a ainsi quitté le Palais royal après avoir été reçu pendant une vingtaine de minutes par le Roi. C’était la première fois depuis 1936 que le dirigeant d’une formation d’extrême droite franchissait les grilles du Palais.

Alors que toutes les caméras étaient braquées sur lui, Tom Van Grieken s’est contenté d’affirmer que l’entretien avait été "tranquille et agréable" mais surtout que cela n’avait rien d’un moment historique. "C’est quelque chose de tout à fait normal d’être invité pour un parti qui a gagné les élections. Tout à fait normal d’être appelé".

Alors que le roi Philippe vient de désigner deux informateurs informateurs pour la constitution d’un gouvernement fédéral, la position de l’ambitieux Tom Van Grieken devrait être attentivement scrutée dans les prochains jours.

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