Qui achète les terres wallonnes?

Les champs en région limoneuse se vendent en moyenne 36.000€/ha alors qu'à l'extrême sud de la Wallonie, les terres agricoles se négocient autour de 10.000€/ha
Les champs en région limoneuse se vendent en moyenne 36.000€/ha alors qu'à l'extrême sud de la Wallonie, les terres agricoles se négocient autour de 10.000€/ha - © GUILLAUME SOUVANT - AFP

Comment prendre les bonnes décisions de politique agricole quand on ne connaît même pas l’état exact des prix des terrains, les surfaces agricoles vendues, l’utilisation des sols et qui les achète?

C’est pour combler ces lacunes que la Wallonie a lancé l’an dernier un observatoire du foncier agricole. Les premières données viennent d’être divulguées.

Qui achète?

A la lueur des premiers constats, il apparaît déjà que les acheteurs restent en majorité (89%) des personnes physiques. Les autres acquéreurs sont des sociétés qui doivent généralement payer leur achat 9% plus chers.

55% des terres ont été achetées par des fermiers… et donc 45% vont dans d’autres mains. Sans doute, analyse le ministre Collin, parce que les terres sont devenues des placements-refuges.

L’évolution à 4 ou 5 ans dégagera encore d’autres tendances. Mais un chiffre interpelle d’ores et déjà: seul 1% des terres a changé de mains l’an dernier. Soit tout de même près de 5.500ha.

Différences inter-régionales

Entre l’Ardenne, le Condroz et l’ensemble des 8 autres sous-régions wallonnes, les prix des terres évoluent du simple au quadruple.
L’impact du bail à ferme qui permet à un agriculteur de rester quasi indéfiniment sur un terrain n’influe pas non plus sur les prix de vente de la même façon partout. La dépréciation des parcelles est en moyenne de 23%. Mais elle touche surtout la région herbagère où les prix de vente peuvent alors chuter de 47%.

Sur le long terme

Ces observations seront surtout intéressantes si elles dégagent des tendances à long terme.

Elles seront en tout cas précieuses pour mener une politique foncière efficace à l’heure où les surfaces agricoles sont en diminution et où le prix des terrains est constamment poussé par la spéculation.

L’initiative de René Collin est donc bienvenue. Nos voisins flamands, italiens, allemands… qui ne disposent pas de cet outil y trouveront peut-être matière à inspiration.

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