Quels seront les enjeux et les marges de manœuvre de la Première ministre Sophie Wilmès?

Sophie Wilmès devient, ce dimanche, Première ministre du gouvernement fédéral. Elle remplace Charles Michel à ce poste, dans les mêmes circonstances, enjeux et attributions que lui. C’est-à-dire, un gouvernement en affaires courantes et minoritaire qui devra gérer le Brexit, le budget… et les affaires courantes, en cours et urgentes.

Gouvernement en affaires courantes

Depuis les élections du 26 mai, le gouvernement fédéral est démissionnaire en attendant d’être remplacé par un nouveau gouvernement de plein exercice. Comme le veut la pratique des affaires courantes, le gouvernement ne peut s’occuper que de trois types d’affaires :

  • Les affaires courantes, banales, usuelles, qui permettent à l’Etat de fonctionner de manière continue (assurer le paiement des salaires des fonctionnaires, des services publics, de la politique étrangère, etc.) ;
  • Les affaires en cours, entamées sous un gouvernement de plein exercice et qui doivent être finalisées;
  • Les affaires urgentes qui demandent une décision face à un événement soudain et/ou inattendu d’une grande importance. On peut ici penser à la gestion du Brexit, par exemple.

Autrement dit, Sophie Wilmès et son gouvernement ne peuvent initier de nouvelles réformes. Et en ce qui concerne les chantiers non-terminés du gouvernement Michel de plein exercice (comme le jobsdeal ou la réforme des pensions), ils ne peuvent être assurés par l’équipe Wilmès, étant entendu qu’il s’agit de nouvelles lois à faire passer dans le processus législatif. Les marges de manœuvres sont donc particulièrement réduites.

Voilà pour ce qu'il ne pourra pas faire. Mais il y a des dossiers où il devra quand même intervenir. Ainsi, ce gouvernement en affaires courantes s’attaquera prochainement au Brexit. Par exemple, dès mardi, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (et donc Sophie Wilmès pour la Belgique) devront s’accorder sur une date de report du Brexit. On est ici dans les matières urgentes pour lesquelles la Belgique est tenue de se positionner ou de prendre une décision.

D’un point de vue belgo-belge, le gouvernement doit s’assurer d’un budget pour assurer les paiements des mois de novembre et décembre. On est ici dans le système du budget provisoire dû aux affaires courantes. Il s’agit d’un budget copié-collé de 2018 divisé en douze et attribué à chaque mois de l’année appelés "douzièmes provisoires". Cette discussion se fait entre le gouvernement et le parlement.

Minoritaire au Parlement

Mais le fait que le gouvernement soit en affaires courantes n’est pas le seul caillou dans la chaussure du gouvernement de Sophie Wilmès. Suite au départ de la N-VA de la coalition et des dernières élections, les 3 partis du gouvernement ne comptent plus que 38 sièges sur 150. Il est donc ultra-minoritaire et doit en permanence rallier des partis d’opposition à sa cause pour faire voter une décision. Ainsi, pour reprendre l’exemple du budget, au moins 76 députés doivent voter cette proposition de budget. On a vu la semaine précédente qu’une coalition de remplacement (PTB, Ecolo-Groen, PS, sp.a et Vlaams Belang) avait formé une majorité de rechange sur le budget. Sophie Wilmès devra donc se créer une nouvelle relation avec le Parlement.

 

 

 

Extraits de notre JT 19h30:

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