Quel sort judiciaire pour Serge Kubla ?

Ce matin, la justice dira peut-être si – oui ou non – l’ex-député-bourgmestre de Waterloo, Serge Kubla, et consorts sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Une dizaine d’inculpés sont concernés par cette affaire qui porte sur des faux et usages de faux, corruption et blanchiment.

Deux têtes dépassent : celles d’Antonio Gozzi et Serge Kubla. Ils se sont connus quand les Forges de Clabecq étaient dans la tourmente. A l’époque, le premier, à la tête du groupe sidérurgique italo-suisse Duferco, était le repreneur providentiel et le second était le ministre wallon de l’Economie.

Partenaires

Par la suite, Serge Kubla ayant quitté sa charge ministérielle, ils resteront en contact et deviendront même partenaires d’affaires. C’est ainsi qu’en 2009, alors que Duferco espère mettre la main sur des gisements miniers en RDC, il recrute Serge Kubla comme lobbyiste-consultant.

Le deal espéré ne sera finalement jamais conclu mais Duferco y engloutira des millions. Et la justice suppose que les coûts de cette opération ratée sont notamment impactés par des manœuvres de corruption. Serge Kubla reconnaîtra d’ailleurs avoir remis à l’épouse d’un ex-premier ministre congolais de passage à Bruxelles, une enveloppe de 20.000€ qui fleure la concussion.

Blanchiment

Par ailleurs, l’ex-député-bourgmestre de Waterloo facture à Duferco des frais de consultance qui se chiffrent en centaines de milliers d’euros. L’argent transite par des sociétés exotiques installées dans des paradis fiscaux avant d’être retiré en liquide par l’ex-bourgmestre de Waterloo. Au point que les autorités anti-blanchiment luxembourgeoises dénoncent une situation qu’elles estiment suspecte à leurs homologues belges.

Correctionnelle ?

On connaît la suite : enquête, perquisitions, saisie conservatoire de la maison de Serge Kubla et bref passage par la case prison… Aujourd’hui, le dossier s’empile dans 140 cartons. La chambre du Conseil pourrait décider ce jeudi que les devoirs sont suffisants pour que le tribunal correctionnel se saisisse du paquet. Mais il se dit que la chose n’est pas sûre et que la décision pourrait être postposée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK