Quatre milliards d'euros: mais où le gouvernement wallon va-t-il trouver cet argent ?

L’arc-en-ciel wallon s’engage à beaucoup de promesses, avec notamment un plan d’investissement d’envergure : 4 milliards d’euros. Un plan ambitieux qui portera sur 5 ans, qui favorisera la recherche et l’innovation et qui portera sur des matières comme les infrastructures, l’isolation, la mobilité.


>> A lire aussi: Abrogation du décret inscriptions, gel de la taxe "prosumer"… Voici le contenu des accords de gouvernement


Un plan qui coûte mais qui aura des retombées, selon la coalition. C’est en tout cas l’objectif, sur le plan économique, sur le plan de l’emploi et en matière d’environnement.

Autre précision importante, les pôles de compétitivité qui avait été mis en place dans le cadre du plan Marshall il y a une dizaine d’années pour relancer et dynamiser l’économie wallonne sont aussi préservés.

Il n’y aura aucune nouvelle taxe en Région wallonne

Willy Borsus, négociateur libéral et ministre président sortant, était présent sur les ondes de La Premiere mardi matin. "Ce sont vraiment des mesures qu’on souhaitait soutenir dans l’accord de gouvernement parce qu’il y va du pouvoir d’achat des gens, d’une part, mais aussi de mesures très concrètes qui permettent d’accéder à la propriété. Nous pensons qu’en plus d’avoir décidé du stop fiscal, il n’y aura aucune nouvelle taxe en Région wallonne. Je pense que le fait de faire ces éléments de geste très concrètement à destination des gens est indispensable dans une DPR."


>> A lire aussi: Accord pour le gouvernement wallon : "une triple ambition sociale, économique et écologique"


Il donne l’exemple suivant : 100 euros de moins par an pour les propriétaires sur leur précompte immobilier dès 2023. "La mesure a été quantifiée dans notre trajectoire budgétaire, elle représente un peu plus de 80 millions d’euros nets, mais il est évident qu’on doit faire ce type de mesures d’allègement fiscal. Ça fait partie, vous le savez, de notre ADN, mais on est aussi très content de retrouver cette mesure, comme d’autres d’ailleurs, dans la déclaration de politique régionale."

Pas de nouvelles taxes, le retour à l’équilibre budgétaire en 2024. Mais où le gouvernement wallon va-t-il trouver tout cet argent ?

Nous avons besoin en Wallonie d’investir à la fois dans la transition énergétique, mais aussi dans l’industrie et dans l’innovation

L’ADN du MR, c’est la rigueur budgétaire, un élément que le parti a martelé durant la campagne. Pourtant, on reporte le retour à l’équilibre pour le budget wallon dans cinq ans, à la fin de législature. Va-t-on laisser l’endettement filer en Wallonie ?


>> CQFD: Gouvernement arc-en-ciel, un nouveau départ pour la Wallonie?


"Non, pas du tout. Il y a deux ou trois paramètres à vraiment avoir à l’esprit. Premier élément, vous le savez, en ce qui concerne la croissance, il y a un ralentissement qui est observé partout en Europe. Le contexte n’est donc effectivement plus le même que celui que nous connaissions il y a quelques mois. Deuxième élément : il est très important de constater que nous avons effectivement une trajectoire à la fois de retour à l’équilibre, mais surtout d’investissements importants. Nous avons besoin en Wallonie d’investir à la fois dans la transition énergétique, mais aussi dans l’industrie et dans l’innovation."

Faire des économies

Quatre milliards annoncés, c’est pourtant de l’endettement, même si c’est pour l’avenir. "Pour partie", insiste-t-il. "Pourquoi pour partie ? Parce qu’une partie des investissements peuvent être sortis de la trajectoire budgétaire parce qu’ils représentent des investissements qui génèrent ensuite des revenus pour la région ou parce que l’Europe pourrait accepter — j’emploie bien sûr le conditionnel — de considérer que comme ces investissements sont stratégiques, l’Europe accepte qu’ils soient en dehors de l’endettement régional. Mais il faut rester sérieux, nous revenons à l’équilibre parce qu’à partir de 2025, la solidarité va aller décroissante en termes financiers. On aura donc moins d’argent et il y a donc une urgence à agir dès maintenant."

Mais comment peut-on dire " pas de nouvelles taxes " sans annoncer des nouvelles recettes ? Selon Willy Borsus, "ce sont évidemment les économies, les économies dans le fonctionnement, le fait de réaliser un certain nombre d’actifs, de rationaliser les structures, de faire des choix de priorités politiques… Je m’inscris vraiment en faux quant au fait qu’il faudrait, dès qu’on prend des mesures positives pour les gens, les compenser par des impôts nouveaux. Ce n’est pas du tout notre philosophie."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK