Quand Paul Magnette fait campagne avec John Crombez à Ostende

C’est un fait de la campagne : PS et sp.a s’efforcent de renouer et d’afficher une complicité retrouvée. Ceci, alors que ces dernières années, sur fond d’affaires touchant avant tout les socialistes du sud (Publifin, Samusocial), les socialistes du nord battaient plutôt froid leur « parti frère » ; ainsi John Crombez, président du sp.a n’a plus assisté depuis 2015 à un Congrès du Parti socialiste. Le chef de groupe sp.a au Parlement flamand Joris Vandenbroucke avait ouvertement évoqué une « rupture », s’attaquant rudement au président du PS Elio Di Rupo ; une distance affichée aussi lors de certains votes sur des bancs pourtant voisins à la Chambre. Désormais, PS et sp.a se reparlent – on ne sait jamais ! -, sur fond de campagne plutôt morose, où le sp.a n’a pas l’air de pouvoir rêver à mieux qu’une 5ème place sur l’échiquier flamand (autour de 12-13%), et où le PS espère perdre moins que ce que certains lui prédisent… PS et sp.a se reparlent. A commencer par John Crombez et Paul Magnette, avec une série de compliments respectifs par médias et interviews interposés.

« Magnette Premier ministre »

Interrogé par un média flamand, à la question « Qui comme Premier ministre après le 26 mai ? », John Crombez, 43 ans, député flamand, candidat tête de liste à la Chambre pour la Flandre occidentale et président du sp.a depuis 2015, après avoir dit sa préférence pour un candidat issu de son parti – forcément ! – a livré un seul nom : « Paul Magnette ». Le même qu’il a donc choisi d’inviter chez lui ce mardi, à Ostende, sa ville, la « reine des plages » désormais passée à droite après les communales de 2018 (le libéral Bart Tommelein ayant terrassé Johan Vande Lanotte). Une visite annoncée par Crombez comme « un moment idéal pour discuter avec notre parti frère le PS de ce qui existe et débattre des recettes que nous pourrions adapter pour améliorer notre système ». Soit.

Mais on remarquera que l’invitation ostendaise a été lancée par Crombez non pas à son homologue direct et président de parti, et candidat à la Chambre (pour le Hainaut), Elio Di Rupo. Paul Magnette n’est pas (encore, diront certains) président du PS, mais son porte-parole de campagne, et il est candidat non pas Premier ministre officiellement, mais candidat député européen… Mais disons que Paul Magnette, de source sp.a, cadre mieux avec l’opération de renouvellement et de rajeunissement lancée pour cette campagne par John Crombez, choisissant pas mal d’inconnus, de jeunes, comme têtes de listes, et poussant certains cadres importants du parti vers la sortie : Monika De Coninck, Hans Bonte, Karin Temmerman, Peter Vanvelthoven… Dans ce climat de « jeunisme » revendiqué, Paul Magnette « passe mieux » pour un petit porte-à-porte auprès des électeurs ostendais.

PS et sp.a « Ensemble pour former une coalition aussi progressive que possible »

 

Paul Magnette et John Crombez dans les rues d’Ostende, discutant avec les habitants, ont donc dit clairement ce mardi – face aux micros et caméras présents – qu’ils voulaient monter « ensemble dans un gouvernement fédéral ». Pour Paul Magnette, « C’est mieux ensemble. Nous espérons après le 26 mai constituer la première famille politique. Si c’est ainsi nous discuterons avec les autres partis pour voir comment nous pouvons former la coalition la plus progressiste possible. Celui que la presse flamande a rebaptisé le « Kronprinz » du Boulevard de l’Empereur de rappeler que l’expérience d’un gouvernement avec le PS mais le sp.a n’avait pas été « une bonne expérience », allusion aux gouvernements Leterme et Van Rompuy 2007-2008. Même écho auprès de John Crombez, « Si nous avons pu faire changer les choses ces dernières années, c’était ensemble. Et si nous fêtons 75 ans de sécurité sociale, c’est le PS et le sp.a qui l’ont bâtie ensemble, construire les pensions et la sécurité sociale en Belgique, la défendre et en faire l’un des plus beaux modèles au monde ».

Paul Magnette qui a aussi rejeté l’idée de l’existence chez nous de « deux démocraties », idée chère à Bart De Wever, le patron de la N-VA : « Je dois constater qu’en me promenant ici à Ostende, les gens posent les mêmes questions qu’en Wallonie, ils ont les mêmes problèmes ; les gens veulent de meilleures pensions, de meilleurs salaires et une sécurité sociale plus forte ». John Crombez : « Les points les plus importants pour nous dans cette campagne, c’est notamment la pension minimale à 1500 euros ou des factures électriques plus light, c’est ce que nous voulons réaliser avec le meilleur partenaire possible, et c’est précisément ce que les gens nous demandent ici sur le seuil de leur maison »… 

Alors porte-à-porte efficace : verdict le 26 mai.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK