Quand l'ultra-droite française se fournit en armes... à la bourse de Ciney

Quand l'ultra-droite française se fournit en armes en Belgique
Quand l'ultra-droite française se fournit en armes en Belgique - © Virginie Lefour - BELGA

Depuis juin 2017, trois réseaux d’ultra-droite ont été démantelés en France. Vingt-trois personnes sont mises en examen dont neuf sont en détention provisoire. Soupçonnés de vouloir s’en prendre à des musulmans ou à Emmanuel Macron, ces militants apparaissent de plus en plus déterminés, bien que parfois amateurs.

D’après une enquête de nos collègues de France Inter, ces militants de la droite radicale se sont fournis en armes à la Bourse "Militaria" à Ciney.

Début novembre 2018, un groupuscule d’extrême droite est démantelé dans le nord de la France. 4 personnes sont inculpées et 2 incarcérées. En 2017 déjà, les services secrets ont démantelé des réseaux inspirés de l’OAS (l’organisation de l’armée secrète, pendant la guerre d’Algérie).

Dans la ligne de mire de ces milices : l’Islam et les politiques

Les autorités françaises estiment le nombre de ces militants à un millier. Mais leur base s’est élargie depuis les attentats islamistes. Leurs sympathisants sont de plus en plus nombreux, et les cibles sont claires : l’immigration "non maitrisée", et l’Islam en général. Des milices privées se forment dans la clandestinité, et se préparent à une sorte de guerre intérieure entre la "population de souche" et la minorité maghrébine. Pour ces groupuscules, les Musulmans sont une sorte de 5e colonne qui menace la France de l’intérieur.

Selon les services secrets français, ces militants projetaient de tuer 200 imams radicalisés, mais aussi des hommes politiques. En ligne de mire, Jean Luc Mélenchon, et même le président Emmanuel Macron.

Des armes achetées en Belgique

Ces miliciens d’extrême droite auraient réussi à fabriquer des explosifs artisanaux. Et deux personnes ont acheté des armes à Ciney, lors de la plus grande bourse aux armes d’Europe.  "Ciney Miilitaria" se déroule deux fois par ans. Son directeur, François Laloux s’étonne d’apprendre que des armes aient été achetées sur les stands de sa foire. "Les armes ne représentent que 5% à peine des produits exposés, et elles sont toutes démilitarisés. Depuis que la loi européenne s’est durcie, il est impossible de trouver des armes en état de tir sur une foire. Beaucoup de collectionneurs déçus désertent d’ailleurs notre bourse." 

Des vétérans radicalises

Les membres de ces milices d’extrême droite essaient de recruter d’anciens militaires. Les meilleures cibles sont les vétérans revenus des théâtres de l’Afghanistan ou de la Bosnie, deux pays musulmans. Ces militaires reviennent avec la haine de l’Islam et un savoir-faire en terme de maniement des armes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK