Des militants achètent un hôtel de maître pour le PTB

Le nouveau siège du PTB anversois acquis par une coopérative de sympathisants du PTB
Le nouveau siège du PTB anversois acquis par une coopérative de sympathisants du PTB - © Tous droits réservés

Le PTB anversois s'apprête à déménager. Il va troquer son modeste siège actuel de la rue Van Artevelde contre un QG flambant neuf situé à deux rues de là dans le quartier de la gare d'Anvers. Une belle maison de 800 mètres carrés, en cours de rénovation. "Le PTB est le quatrième parti à Anvers, il nous fallait un siège plus grand", explique Peter Mertens, président du Parti des Travailleurs de Belgique en faisant visiter les lieux. C'est d'ici que le PTB mènera la bataille électorale qui s'annonce féroce dans la métropole flamande en 2018.

Comment le PTB s'est-il payé un tel lieu dont le budget d'achat total avoisine 1 200 000 euros ? Le président du parti n'en fait pas mystère : "Cette maison a été achetée par une coopérative, de Toekomstbouwers, les bâtisseurs de l'avenir. Nous louerons les lieux à la coopérative pour un loyer de 7000 euros par mois".

Le nouveau siège du PTB a donc été financé par des sympathisants du mouvement. Une dizaine de fondateurs de la coopérative ont réuni 300 000 euros. Certains de ces coopérateurs ont versé jusqu'à 50 000 euros au projet. Le reste de la somme a été récoltée auprès de 450 autres coopérateurs qui ont souscrit des parts pour des montants compris entre 1000 et 5000 euros.

"Nous en sommes fiers, glisse le président de la coopérative, Wouter Van Damme. Cela nous permet d'acheter un bâtiment pareil pour lequel nous n'avons pas dû emprunter d'argent aux banques, ce qui est important pour notre parti." Les coopérateurs ne sont pas nécessairement des membres du PTB, affirme Wouter Van Damme. Mais il s'agit d'un investissement idéologique, pas d'un placement financier. Cette coopérative n'a pas pour objectif de rétribuer le capital investi, selon les principes fondateurs du PTB. 

La générosité des militants, carburant du PTB

L'achat de ce nouveau siège anversois n'est qu'un exemple de la capacité du PTB à mobiliser des fonds auprès de ses militants. La générosité des membres et des mandataires du PTB est effectivement sa principale source de revenus. Les comptes du parti révèlent que les recettes du PTB s'élèvent à 2 374 113 euros en 2015. Ce montant comprend 609 631 euros de dotation publique que le PTB perçoit annuellement grâce à sa présence au parlement fédéral.

Le reste de ses recettes provient presque entièrement des poches des membres du parti, de ses sympathisants et de ses mandataires. Cette générosité se matérialise essentiellement au travers des cotisations versées annuellement pour obtenir la carte du PTB.

Le PTB, champion des cotisations

L'analyse des comptes du PTB démontre que les membres ont versé pour 1 068 829 euros de cotisations en 2015. Ce montant dépasse de loin les cotisations réunies par les autres partis politiques du pays, alors que le PTB ne compte que 10 000 membres. En moyenne, chaque membre du PTB a donc versé plus de 100 euros à son parti en 2015. A titre de comparaison, le PS a réuni un peu plus de 600 000 euros de cotisations en 2015 auprès de ses 90 000 membres.

Rétribution des salaires des mandataires

Autre source importante de revenus pour le PTB : la part de salaire rétribuée par les mandataires du parti. Les conseillers communaux PTB reversent tous leurs jetons de présence à leur parti. Les 8 députés du parti (2 députés fédéraux, 2 députés wallons et 4 députés bruxellois) alimentent directement les caisses du parti avec une part importante de leur salaire. Ils ne conservent que 1700 à 2000 euros par mois sur un salaire qui tourne autour de 4500 euros au départ. Ces jetons de présence et ces parts de salaires de mandataires ont rapporté 441 098 euros au PTB en 2015.

On veut changer le monde et ça demande quelques sacrifices.

Cette générosité est vitale pour le parti. Elle l'était encore plus lorsque le PTB ne touchait pas de dotation publique, avant 2014. Mais ces fonds qui alimentent son trésor de guerre, le PTB en fait aussi un argument politique. "Avec cette coopérative pour acquérir notre nouveau siège, on s'inscrit dans une longue tradition du mouvement ouvrier en Belgique", avance par exemple Peter Mertens, le président du PTB.

Pour Raoul Hedebouw, député fédéral et porte-parole du PTB, ces dons constituent un signe de vitalité de son parti. "On a besoin de ces dons pour rester indépendants. Beaucoup de militants donnent des cotisations importantes pour cela. On veut changer le monde et ça demande quelques sacrifices."

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