Qualité de l'air : la Belgique doit en faire plus pour limiter ses émissions d'ammoniac, selon la CE

Qualité de l’air : la Belgique doit en faire plus pour limiter ses émissions d’ammoniac, selon la CE
Qualité de l’air : la Belgique doit en faire plus pour limiter ses émissions d’ammoniac, selon la CE - © Images By Tang Ming Tung - Getty Images

La Belgique n’atteindra pas son engagement de réduction des émissions d’ammoniac (NH3) d’ici à 2030 si elle ne prend pas des mesures supplémentaires pour limiter le dégagement de ce polluant atmosphérique principalement émis par l’agriculture (engrais, déjections). C’est un des constats qui ressort d’une première évaluation de la Commission européenne des programmes nationaux de lutte contre la pollution atmosphérique transmis par chaque État membre.

Dans son programme, la Belgique détaille ce qu’elle compte faire pour améliorer sa qualité de l’air en réduisant les émissions de cinq polluants importants : les oxydes d’azote (NOx), les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3) et les particules fines (PM2,5).

Des plans remis par chaque pays

Des engagements pour 2020 avaient été pris, qui seront vérifiés en 2022, ainsi que des objectifs de réduction à l’horizon 2030 et sur la période intermédiaire. Chaque pays a dû, dans son programme, estimer comment les émissions de polluants évolueront dans les prochaines années, avec ou sans des interventions complémentaires à ce qui a déjà adopté.

La Belgique avait remis son plan national en avril 2019, dans les temps. Elle obtient globalement un bulletin positif dans le premier "rapport de mise en œuvre" de la Commission, basé sur une évaluation effectuée par des consultants.

Des mesures additionnelles nécessaires et une plus grande lisibilité

Cependant, dans un scénario où l’on ne fait que poursuivre les politiques déjà en place, la Belgique ne parviendra pas à limiter suffisamment ses émissions d’ammoniac à l’horizon 2030. Elle y parviendrait en concrétisant certaines mesures additionnelles, qui visent en grande partie l’agriculture, grande émettrice d’ammoniac.

L’évaluation pointe par ailleurs un manque de lisibilité lié à la division de chaque objectif entre les trois Régions du pays, ainsi que l’existence de trois trains de mesures séparés. Elle note aussi un manque d’explication de certaines projections présentées ainsi que de l’impact supposé de mesures mises en place ou envisagées. Des incertitudes demeurent par exemple sur l’ampleur de l’impact réel de l’instauration de zones de basses émissions en Wallonie ou du développement de la "multimodalité" pour le transport de biens, peut-on lire dans le rapport.

Les objectifs de réductions d’émissions à 2030 par rapport à 2005 sont, pour la Belgique, de -59% pour les oxydes d’azote, -66% pour le dioxyde de soufre, -39% pour les particules fines, -35% pour les composés organiques volatils non méthaniques et -13% pour l’ammoniac, soit un plafond de 65,4 kilotonnes par an.

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