Qu'est-ce que le mouvement fasciste Nation? Trois questions à Manu Abramowicz

Manu Abramowicz, animateur du site Résistances.be.
Manu Abramowicz, animateur du site Résistances.be. - © RTBF

Des membres du mouvement d'extrême-droite Nation ont tabassé, lundi, un sans abri, Place du Luxembourg. Qu'est-ce que ce groupe, manifestement violent, représente? Trois questions à Manu Abramowicz, animateur du site Résistances.be.

Créé en 1999, le mouvement Nation embrigade en son sein des anciens militants connus de mouvements violents d'extrême-droite: Hervé Van Laethem, militaire et ancien dirigeant d'un groupe néo-nazi, Michel Dumoulin, ancien collaborateur d'une fondatrice du FNB, Gregory Bourguignon, ancien dirigeant de plusieurs mouvement extrémistes comme AGIR ou une section du Front national.

Manu Abramovicz, rédacteur du site d'informations sur l'extrême-droite, précise pour nous ce que représente ce mouvement.

Qu'est-ce que le mouvement Nation?

"Le mouvement Nation est un mouvement d'extrême-droite qui se présente aux élections depuis 2003. Depuis 2012 quand le Front national en Belgique a été dissout, ils souhaite le remplacer sur l’échiquier politique.

Il est constitué essentiellement de jeunes nazi skins et de hooligans habitués à la violence quotidienne dans les stades de foot ou dans la rue".

Quelle est sa philosophie?

"Le mouvement Nation se présente comme un mouvement qui défend l’Europe envahie par l’islamisation ou les immigrés. C’est un mouvement ultra-violent , habitué à la violence. Depuis sa création, d’autres faits de violences ont eu lieu en Belgique. C’est un mouvement radical qui revendique des actions extrêmes pour trouver des solutions".

Est-ce que ces actions peuvent être inquiétantes? est-ce qu'il bénéficie d'impunité?

"A Résistances.be on s’inquiète du laisser-aller dont bénéficierait Nation. Depuis plus de deux ans, d’autres faits violents ont eu lieu, filmés sur internet, passés parfois à la télévision, devant les forces de l’ordre. Celles-ci ne sont que rarement intervenues pour empêcher ce type de violence, et en tous cas ont laissé faire ce type de militants lorsqu’ils s’attaquaient aux militants antifascistes.

Resistances.be suggère la mise en place d’une commission qui pourrait être une commission d’enquête sur les liens possibles qui existeraient entre de Nation et certains policiers, car le mouvement revendique des liens avec ces membres des forces de l’ordre.

Ce qui nous inquiète essentiellement, c'est que, lorsque des actes similaires ont lieu dans d'autres pays, comme en Fran,ce ou en Grèce, cela s'est terminé par la mort de militants antifascistes.  Faudra-t-il un mort pour que les autorités prennent à bras le corps ces actes de violence nazis à Bruxelles?"

RTBF

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