Publifin: vers une commission d'enquête composée de députés non-liégeois

La commission du parlement wallon sur l'affaire Publifin
La commission du parlement wallon sur l'affaire Publifin - © DIRK WAEM - BELGA

Le président du Parti socialiste Elio Di Rupo a déclaré sur Twitter ce lundi que son parti demandait une commission d'enquête afin de "faire toute la transparence sur l'affaire Publifin".

"Il faut de la sérénité" déclare Elio Di Rupo. "La composition de la commission doit garantir la totale indépendance de chacun de ses membres et éviter tout soupçon de conflit d'intérêt. Tout parlementaire lié de près ou de loin, directement ou indirectement, à titre personnel ou par sa commune, ne peut y participer" poursuit le président du PS.

Pour le ministre-président socialiste Paul Magnette, "il faut remettre les choses à plat puisque certains ne veulent pas donner toutes les informations et qu'on a aussi l'impression que certains membres de la commission sont juges et parties. Il faut une vraie commission d'enquête, dont devraient se retirer spontanément ceux qui, de près ou de loin, sont liés à cette affaire".

A l'issue de son bureau politique de ce lundi, le cdH (l'autre composante de la majorité wallonne) a déclaré : "Nul ne peut se soustraire à la vérité. Une commission d'enquête y contraindra chacun".

Une telle commission d'enquête est réclamée avec insistance par l'opposition MR et Ecolo.

Revirement de la majorité PS-cdH

Il y a une semaine, PS et cdH estimaient qu'une commission spéciale, avec moins de pouvoirs d'enquête, était largement suffisante. C'est un joli changement de cap face à la pression populaire autour du scandale Publifin, face à la pression médiatique et face aux demandes de l'opposition. La première audition vendredi d'André Gilles avait donné une impression mitigée avec, de l'aveu général,  parfois certains côtés arrogants.

Il faut donner une garantie supplémentaire d'objectivité, déclare Dimitri Fourny, chef de groupe cdH au parlement wallon : "L'ensemble des commissaires devront être hors conflit d'intérêts. Ils ne doivent pas avoir pris part aux décisions, de quelque manière que ce soit. Donc il m'apparaît effectivement sain qu'en termes décisionnels, pour éviter le conflit d'intérêts, que les députés de la région liégeoise ne puissent pas intervenir dans cette commission".

La suite des travaux

Le bureau élargi du parlement wallon s'est réuni ce lundi midi afin d'envisager concrètement la suite des travaux de la commission Publifin. Une nouvelle procédure sera initiée, avec des conditions précises (comme celle d'écarter tout député liégeois des discussions). Les travaux de la commission spéciale sont clôturés.

La cour d'appel devra être contactée pour la désignation d'un magistrat.

Autre spécificité de la commission d'enquête, seuls les membres effectifs peuvent y prendre la parole. Les groupes non reconnus comme Ecolo ou le PTB (sous le seuil des cinq députés) pourraient ne pas pouvoir y poser leurs questions si le nombre de députés effectifs de la commission spéciale (12) est préservé. Le Bureau envisage donc de relever ce chiffre.

Pierre-Yves Jeholet et Christophe Collignon ne seront pas dans la nouvelle commission

Le chef de groupe MR au parlement wallon, Pierre-Yves Jeholet, ne participera pas à la commission d'enquête que l'assemblée régionale instaurera sur l'affaire Publifin, a-t-il annoncé.

"Il faut de la sérénité pour les débats, et si l'on croit que la présence de Liégeois ou de représentants des Liégeois pose problème, je n'en ferai pas partie", a indiqué Pierre-Yves Jeholet, député-bourgmestre de Herve (province de Liège). Il ajoute se réjouir de la décision du PS et du cdH et confirme la "détermination" de son parti à aller au bout des choses.

Pierre-Yves Jeholet était, avec le chef de groupe PS Christophe Collignon, député-bourgmestre de Huy, le seul membre de la commission spéciale Publifin élu en province de Liège. Conformément à la décision des deux partis de la coalition gouvernementale wallonne, il ne siégera pas non plus dans la commission d'enquête.

En plus du fait que leurs communes ont été associées aux décisions stratégiques du groupe, MM. Jeholet et Collignon ont fait l'objet ces derniers jours d'articles de presse pointant du doigt la proximité de membres de leurs familles respectives avec le fonctionnement ou la direction de Publifin/Nethys.

Le Hutois a expliqué, dans les couloirs du parlement wallon, pourquoi le PS avait accepté la commission d'enquête. Le doute s'est installé à l'issue de l'audition d'André Gilles sur la volonté du groupe Publifin de fournir les informations et documents demandés. Ce doute s'est propagé dans la population, et "il ne fallait pas laisser le sentiment que les politiques s'arrangent entre eux" ni que le PS bloquait, a commenté Christophe Collignon.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK