André Gilles se défend (sans convaincre) devant la commission Publifin: revivez les moments forts

André Gilles se défend (sans convaincre) devant la commission Publifin: suivez le direct
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André Gilles se défend (sans convaincre) devant la commission Publifin: suivez le direct - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La commission d'enquête Publifin du parlement de Wallonie mène ces jeudi et vendredi les auditions très attendues de trois des principales figures du dossier. A commencer par celle d'André Gilles, président de Publifin, et de Cédric Halin, l'échevin cdH des finances d'Olne qui avait révélé le pot-aux-roses des rémunérations pharaoniques accordées aux mandataires publics. Stéphane Moreau, administrateur délégué de Nethys sera entendu vendredi.

Du retard dès ce jeudi matin, avec un "document important, (reçu) hier" (mercredi) par la Commission, annonce sa présidente Olga Zrihen qui désire s'en entretenir avec les autres membres de la commission à huis clos. Deux heures de huis clos ont suivi, pendant lesquelle les membres de la Commission se penchent sur un témoignage accablant. Vers 12h30 Olga Zrihen a donné plus d'explications à la presse.

La communication du Parlement évoque des actes posés récemment par Stéphane Moreau et André Gilles qui auraient tenté d'influencer la justice et la commission dans leur travail d'enquête, en créant et en faisant disparaître certains documents le 22 février dernier, au moment où ils étaient portés malades.

Avant ce rebondissement, André Gilles était bien arrivé au parlement wallon, accueilli par 150 travailleurs de Publifin et Nethys qui sont en grève, pour manifester leurs craintes sur l'avenir de leurs entreprises. 

L'audition d'André Gilles a débuté à 14H, soit avec 4 heures de retard sur l'horaire prévu.

Le président de Publifin et de Nethys  a fait profil bas devant les commissaires qui lui reprochent, tous de ne pas répondre aux questions. Il présent

plusieurs fois des regrets aux députés, mais échoue à les convaincre sur sa non-responsabilité dans les dysfonctionnements des comités de secteur, où étaient pratiquées des rémunérations importantes sans obligation de prester.

Plaider sans convaincre

Tentant de clarifier plusieurs explications qu'il avait déjà fournies devant la commission spéciale, il ne semblait toutefois pas en mesure de convaincre les députés. Il a ainsi parlé d'"erreur de vocabulaire" pour justifier la confusion qui persiste selon lui sur le statut des comités de secteur. Ces organes sont bien consultatifs, a-t-il insisté, ce qui entraîne que le CA pouvait les créer et décider des rémunérations. Il se fonde sur un article des statuts de l'intercommunale (article 29), mais le cdH Dimitri Fourny lui en oppose un autre (article 35) qui aurait nécessité une approbation des rémunérations par l'assemblée générale, et donc les communes. Cette confusion "crée un dû à l'égard des communes d'un montant de 2,5 millions d'euros", selon le député. C'est ce genre de confusion légale qui fait dire aux observateurs que le groupe Publifin a développé un système obscur pour permettre de rémunérer grassement des mandataires publics sans contrepartie valable.

Les articles 29 et 35 auraient dû être supprimées, reconnaît André Gilles mais estime qu’à la lumière de ce que nous savons aujourd’hui, je ne l’aurais pas fait, mais le passé, c’est le passé.

365 000 euros

En fin de soirée, il apparaît que les montants cités dans la presse étaient exacts. André Gilles, président de Publifin et Nethys ainsi que du collège provincial de Liège, et administrateur dans plusieurs sociétés privées de la galaxie Publifin gagnait, en cumulant ses mandats, 365 600 euros bruts par an. Un montant qu'il a toutefois refusé de citer, malgré la demande du député Olivier Maroy (MR).

Il a par ailleurs détaillé celles issues de ses mandats privés. "Publipart: 54 000, Socofe 45 499, Ogeo Fund 10 000 (jetons de présence variables d'une année à l'autre), EDF Luminus 48 000". 

 

 

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