"Cela rappelle des périodes sombres": de fausses pubs dénoncent la politique migratoire

Vous l'avez peut-être remarqué, ce mardi matin, en sortant de chez vous : des centaines d'espaces publicitaires ont été détournés dans la nuit de lundi à mardi. Des publicités ont été remplacées par des messages chocs sur la politique migratoire en Belgique. L'action entend dénoncer la façon dont le gouvernement fédéral accueille les migrants.

Des activistes se sont mobilisés dans différentes villes du nord et du sud du pays à l'appel de la plate-forme de soutien aux sans-papiers. Ce mardi matin, ils ont aussi déposé des milliers de tracts dans les gares et les transports en commun. Quelles sont les motivations de ces militants ?

Comme à pu le vivre notre journaliste Baptiste Hupin, les activistes ont reçu leurs instructions la nuit de lundi dès 21h30. "C'est une action de recouvrement d'affiches publicitaires", explique une participante.

La publicité fait place à un message blanc sur fond noir

Une trentaine de groupes se sont répartis en quartiers et stations de métro de Bruxelles. La ville a été quadrillée, chacun partant avec son matériel : papier collant, clés, et surtout… les affiches. Sur le terrain, cela va vite : "Là il va ouvrir le panneau publicitaire, ensuite, on va l'accrocher, c'est vite fait, c'est facile." Et de fait : deux coups de clé experts et le panneau s'ouvre. La publicité fait place à un message blanc sur fond noir.

Les messages sont clairs : "Aujourd'hui des citoyens hébergent des migrants pour les protéger des rafles. Ça ne vous rappelle rien ?", dit un participant.

"Cela rappelle des périodes sombres"

La motivation de beaucoup de ces activistes puise ses racines dans la situation des migrants du parc Maximilien. Ce que confirme David, un enseignant âgé de 32 ans. "La façon dont se passe l'accueil ou le non accueil de réfugiés, selon moi est vraiment scandaleuse. Dire que ça rappelle des périodes sombres ne veut pas dire qu'on est dans ces périodes sombres auxquelles on pense. C'est un signal pour rappeler que nous sommes en train de nous en rapprocher. Il faut se méfier, il ne faut pas qu'on en arrive là".

Passible d’amendes

Ces détournements publicitaires sont passibles d'amendes, notamment parce qu'il s'agit de publications sans éditeur responsable, assorties de dégradation dans certains cas, mais pour ces militants, seul compte l'effet recherché.

Pour un participant, ce sont des "actions cash" qui ont de l’effet et dont le risque est minime. Cette action se déroule dans huit villes de Belgique.

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