PTB-PS, la guerre des gauches, un scénario écrit d'avance selon la presse: la FGTB le déplore, l'Echo s'en félicite

Deux semaines après les élections, est-il encore possible de voir naître des alliances PS-PTB dans les communes? Cela semble difficile à envisager vu les récents propos qui ont suivi l'échec des négociations à Molenbeek et Charleroi. 

"Ils ne veulent pas risquer de prendre des responsabilités, lançait Paul Magnette sur Jeudi en Prime. Je crois qu'ils ont vraiment trompé les électeurs qui ont voté pour eux en espérant qu'il y ait du changement, ils se sont moqués d'eux".

"Mais il rigole? Que du contraire. On est justement fidèles à nos électeurs, qui nous ont dit qu'ils voulaient une rupture à gauche, du logement social, du transport gratuit, des mesures radicales parce qu'on en a marre de faire comme on a toujours fait. Et on n'a ps senti chez Paul Magnette la volonté de cette rupture-là" rétorque Raoul Hedebouw au micro de la RTBF

Pour le PTB, Paul Magnette a mené des négociations pour la galerie, pour faire de la com’. Pour preuve, selon le parti marxiste, cette campagne sur les réseaux sociaux, lancée par le PS aussitôt après l'échec: "C'est fou, ils ont négocié à 16h30, vous sortez à 17h20, et à 17h21, tous les visuels sont prêts, c'est bien la preuve que du côté du PS, on ne croyait pas une seconde que ces négociations avaient une quelconque chance"

 

Pas d'intérêt à s'unir

Pour SudPresse, c'est un échec qui était cousu de fil rouge. Le grand soir de la gauche attendra, dit Christian Carpentier.

Pourquoi donc attendre si une majorité PS-PTB avec éventuellement Ecolo est possible dans de nombreuses communes ? Parce que les deux premiers n'ont pas d'intérêt à s'unir pour le moment, explique L'Echo. Le PS veut montrer que le vote PTB est inutile et ne veut pas être la cible des autres partis qui le pointeraient du doigt comme celui qui s'est allié avec l'extrême gauche.

De son côté, le PTB ne veut pas lisser son discours avant les élections de mai 2019 et ne veut pas, selon Christian Carpentier, avouer que certaines de ses promesses sont infinançables. L'Echo interviewe par ailleurs Catherine Moureaux, l'une de celles qui a tendu la main au PTB. J'y ai cru, lance-t-elle. Le PTB n'a aucune excuse. Pour la tête de liste du PS à Molenbeek, le PTB, c'est du cinéma.   

Le FGTB fait la moue

Dans Le Soir, Béatrice Delvaux note que le MR n'est plus le seul à se faire dézinguer en interne. Le PS prend des claques et c'est la FGTB qui les administre, lance l'éditorialiste du Soir.

Robert Vertenueil, en interview dans le Soir, estime que le PS ne doit pas se cacher derrière son statut de premier parti. Il a également pris une tôle. Pire, note Béatrice Delvaux, les tensions à gauche profitent au MR. Alors qu'on pensait que les partis de gauche feraient tout pour mettre le MR sur la touche, certains vont peut-être devoir rappeler les libéraux vu leur incapacité à s'entendre entre gauche.

Interrogé par SudPresse, les Goblet père et fils s'indignent des alliances que le PS continue à nouer avec le MR. Nos gens ne comprennent pas qu'on plonge dans les bras du MR alors qu'on pourrait s'en passer, dit Geoffrey Goblet.

Il faut se tourner vers le PTB et Ecolo, demande encore le fils de l'ancien président national de la FGTB.

Le sentiment est différent chez Alain Narinx, l'éditorialiste de l'Echo, qui se réjouit plutôt de l'absence du PTB. Pour lui, le PTB est un danger pour l'économie belge qui détruirait notre prospérité avec un projet économique impayable.  

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