PTB et PP au parlement wallon, un an après

Aux antipodes sur l'échiquier politique, mais installés côte à côte sur les bancs de l'opposition au parlement wallon. De gauche à droite: Frédéric Gillot et Ruddy Warnier (PTB), et André-Pierre Puget (PP)
Aux antipodes sur l'échiquier politique, mais installés côte à côte sur les bancs de l'opposition au parlement wallon. De gauche à droite: Frédéric Gillot et Ruddy Warnier (PTB), et André-Pierre Puget (PP) - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Aux antipodes sur l’échiquier politique, le Parti du travail de Belgique et le Parti populaire se projettent dans l'avenir. Ils veulent transformer l’essai de 2014 et s'installer durablement dans le paysage politique. Pour atteindre cet objectif en Wallonie, les deux formations ont opté pour des stratégies différentes.

Un an après l’installation du parlement wallon, l’heure est au 1e bilan. Celui des élus du PTB et du PP est moyen, voire faible. Un peu plus de 70 interventions diverses pour André-Pierre Puget (unique député du PP), via des questions, des participations aux débats, 4 propositions de résolution et même 2 propositions de décret. A deux, Frédéric Gillot et Ruddy Warnier (PTB) ont été moins actifs: une cinquantaine d’interventions, et jusqu’ici aucune initiative décrétale.

Il faut nuancer ces chiffres bruts. Ces trois nouveaux élus se trouvaient face à un double écueil: novice dans un parti novice, et tout à apprendre à ce niveau de pouvoir.

Et il faut aussi souligner que d’autres députés, pourtant plus expérimentés et bénéficiant de la longue histoire parlementaire de leur parti, présentent un bulletin nettement plus médiocre.

Cette première année a donc été celle de la découverte d’un nouveau monde pour ces 3 députés. "Je suis toujours en phase d’apprentissage et je ne dispose pas encore de toutes les clés", reconnait André-Pierre Puget. "On ne maitrise pas encore tout, parce que c’est assez procédurier, contraignant, et que ça prend du temps de comprendre les règles du jeu", ajoute Frédéric Gillot.

Des partis opposés, des tactiques différentes

Installé très à droite sur l'échiquier politique, le Parti populaire a reçu un accueil froid de la part des autres formations lors de son entrée au parlement régional. André-Pierre Puget a donc voulu rassurer ses pairs et gagner leur estime. "Je participe aux travaux parlementaires, je travaille, et je crois que mes collègues me respectent. Ils ont compris que le PP est là pour être constructif, et pas uniquement pour dénoncer", explique cet indépendant toujours en costume qui a mis son ancienne activité professionnelle entre parenthèses.

A la fin du mois de mai, une de ses propositions de résolution (pour la défense des chrétiens d’Orient) a débouché sur la constitution d'un groupe de travail. Certains y auraient vu une mise au placard. Lui y a perçu le goût de la victoire. "Les autres formations vont participer à ce groupe de travail, et c’est réellement une très grande nouvelle. C’est une reconnaissance personnelle, mais aussi pour mon parti car cela signifie qu’il est bien considéré comme un parti fréquentable. Les autres partis ne s’associeraient pas à un parti non-démocratique".

De toute évidence, au cours de l’année écoulée à Namur, le Parti populaire a d’abord cherché à asseoir sa légitimité à l’intérieur des murs du parlement. A l’inverse du PTB, tourné vers l’extérieur. "Franchement, obtenir l’estime des autres députés, ça ne m’a jamais effleuré l’esprit. Ce qui m’importe, c’est la reconnaissance de la population, des travailleurs", explique Frédéric Gillot.

Pour l'ancien métallo reconnaissable à son éternelle veste en toile kaki, la "gauche de la gauche" est toujours en phase de développement. Pour s'imposer, le PTB sait se faire remarquer au sein d'un parlement, comme le démontrent Raoul Hedebouw et Marco Van Hees à la Chambre, mais aussi en dehors. Entre une séance de commission au Saint-Gilles et une manifestation, Frédéric Gillot n'hésitera jamais. "Nous sommes actifs dans le mouvement de résistance sociale et on prend notre part dans la construction de ce rapport de force dans les rues, dans les entreprises, dans les sections locales". Bientôt une proposition de décret ? "Ça viendra, peut-être. Mais c’est vrai, ce n’est pas notre priorité actuelle".

Le PTB et le PP, deux petits partis que tout ou presque oppose, même les stratégies de croissance adoptées pour tenter de prospérer en Wallonie.

@RudyHermans

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK