PS et cdH veulent gouverner à deux en Wallonie et avec le FDF à Bruxelles

PS et cdH devraient gouverner ensemble en Wallonie et à Bruxelles
PS et cdH devraient gouverner ensemble en Wallonie et à Bruxelles - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le PS et le cdH ont un accord pour gouverner ensemble en Wallonie et à Bruxelles. Dans la région capitale, le FDF gouvernera avec les socialistes et les humanistes. Autrement dit, le MR sera une nouvelle fois renvoyé dans l'opposition dans les deux régions.

Ce sera donc une bipartite en Wallonie où socialistes et humanistes gouverneront une nouvelle fois ensemble, après la majorité "Olivier" (PS-cdH-Ecolo) de la législature sortante, mais cette fois sans les écologistes, laminés lors du scrutin du 25 mai. Cette alliance offre à l'attelage gouvernemental qui reste à former une majorité de 43 sur 75 au Parlement wallon

A Bruxelles, PS et cdH s'allieront également, tout en intégrant le FDF afin d'asseoir leur majorité dans la région capitale (42 sièges sur les 72 du collège francophone). Du côté néerlandophone bruxellois, on s'orientait vers une tripartite traditionnelle Open Vld, CD&V, sp.a.

Mais coup de théâtre en soirée, Guy Vanhengel le chef de file bruxellois de l'Open Vld qui avait annoncé l'ouverture de négociation avec le CD&V et le sp.a, s'est rétracté deux heures plus tard. En effet, les présidents de l'Open Vld et du CD&V ont fait savoir qu'ils refusaient l'invitation à négocier des partis francophones incriminant la présence du FDF à propos duquel ils "éprouvent de sérieuses difficultés".

Le MR rongera donc son frein cinq années de plus sur les bancs de l'opposition dans les deux régions. Il y partagera les strapontins avec Ecolo qui sort logiquement des majorités bruxelloises et wallonnes après sa cuisante défaite électorale.

Lors d'une conférence de presse conjointe depuis le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elio Di Rupo, Paul Magnette, Laurette Onkelinx (PS) ainsi que Benoît Lutgen et Olivier Maingain (respectivement présidents du cdH et du FDF) ont expliqué les raisons de ces convergences et insisté pour dire que cela n'avait pas d'implications pour les négociations au fédéral, "qui a sa propre logique" a rappelé le Premier ministre en affaires courantes.

Il reste "plusieurs semaines" de travail

"Nous commençons le travail de formation avec le cdH pour la Wallonie, et avec le FDF et le cdH pour Bruxelles", a confirmé d'emblée Elio Di Rupo.

"La première des priorités est la création d'emplois et d'activités économiques. Le PS, le cdH et le FDF veulent accentuer le redéploiement économique de la Wallonie et de Bruxelles et renforcer la cohésion sociale, afin d'assurer le bien-être de tous les Wallons et de tous les Bruxellois", précise un communiqué conjoint des futures partenaires.

Si les partenaires et les grandes orientations sont connus, reste à définir des programmes de gouvernement et à se répartir les maroquins.

Après avoir remercié tous les partis et les partenaires sociaux avec lesquels les formateurs régionaux ont eu des contacts, Elio Di Rupo a donc précisé que le travail qui était entrepris "est un travail qui va se conclure en plusieurs semaines". "Nous avons de l’ambition et une immense détermination pour faire évoluer nos deux régions", a encore précisé le président empêché du PS. Ce dernier a ajouté que les travaux de formation pour la Wallonie débuteraient dès ce samedi (à 10h à l'Elysette, ndlr).

Le président socialiste faisant fonction, Paul Magnette, a rappelé, lui, que son parti "avait indiqué durant la campagne que la priorité était, si l'électeur le permettait, de former les majorités les plus progressistes possibles. Les résultats le permettent puisque le PS est premier en Wallonie et nous avons pu choisir les partenaires avec les convergences les plus fortes sur le fond".

Benoît Lutgen, président des centristes, a laissé entendre que l'allié socialiste était le plus à même de réaliser le fameux plan en "4E" du cdH à savoir: "Enseignement, Environnement, Emploi, Entreprise".

Le Bastognard a affirmé que ces objectifs devaient être poursuivis en collaboration avec "l'ensemble du monde patronal, des travailleurs et de l'associatif" car "c’est ensemble qu’on pourra relever le défi de l’emploi".

Une tripartite qui "avait donné l'élan à la région bruxelloise naissante"

Pour ce qui concerne Bruxelles, Laurette Onkelinx a estimé avoir tenu "compte du signal de l’électeur", à la fois en se séparant d'Ecolo et en intégrant le FDF, tout en conservant son alliance avec le cdH qui s'est "stabilisé à Bruxelles". La vice-Première en affaires courantes en a profité pour mettre en exergue les acquis de la collaboration entre humanistes et socialistes dans la capitale. "Dès que nous connaîtrons le choix des partenaires néerlandophones, nous pourrons continuer... euh... non, commencer à travailler d’arrache pied à la formation". Or comme on l'a dit lesdits partenaires néerlandophones, Open Vld et CD&V en tout cas, ne veulent pas du FDF dans le gouvernement...

Olivier Maingain a, quant à lui, rappelé que cette tripartite était celle qui "avait donné l'élan à la région bruxelloise naissante". En 1989 en effet, le premier gouvernement de la région bruxelloise, le gouvernement "Picqué I", était une coalition PS-FDF-PSC (pour Parti social-chrétien, l'ancêtre du cdH) du côté francophone.

Face aux défis de la région, "il nous semble important d’assumer le travail d’une négociation gouvernementale avec des partenaires que nous connaissons bien, nous avons donc souhaité renouveler cet engagement", a expliqué le président du FDF.

"A Bruxelles, le PS, le FDF et le cdH entendent mettre la priorité sur l'emploi, la formation, le logement et un développement économique et urbain harmonieux", précisait encore un communiqué commun envoyé en soirée au nom des trois partis.

Et le fédéral dans tout ça?

Tous les intervenants l'ont martelé: ces négociations ne conditionnent en rien les discussions au niveau fédéral. Paul Magnette l'a même précisé en néerlandais: "les jeux restent ouverts (au fédéral). Monsieur De Wever (informateur fédéral, NDLR) travaille à son niveau, à son propre rythme et nous respectons cela".

"Ce sont des choses séparées, des choses différentes sont décidées au niveau des régions et au fédéral. Par ailleurs, l'informateur fait son travail, or (cet accord) n’engage en rien son travail. C’est très clair", a insisté Benoît Lutgen. Concernant les négociations au fédéral, il a ajouté ne souhaiter qu'une chose: "qu'on aille le plus vite possible".

Un coup de pression sur la Flandre?

Selon Belga, ette annonce pourrait donner un coup de fouet à la formation d'un gouvernement flamand. Bart De Wever a été chargé d'une mission fédérale mais, en tant que président du premier parti au nord du pays, il a également procédé à un tour de consultation en vue d'une majorité en Flandre. Le Voka, fédération patronale proche de la N-VA, a d'ores et déjà demandé aux partis flamands d'accélérer le rythme afin de constituer un exécutif pour le jour de la Fête flamande, le 11 juillet.

Julien Vlassenbroek

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