PS: Bart De Wever "est devenu très prévisible"

Bart De Wever: "Je n'essaierai plus jamais de faire un gouvernement avec le PS"
Bart De Wever: "Je n'essaierai plus jamais de faire un gouvernement avec le PS" - © Belga

Le président de la N-VA Bart De Wever étrille samedi, dans une interview accordée à L'Echo, le Parti socialiste avec lequel il jure de ne plus jamais négocier. "Moi, j'ai toujours dit, et je le répète aujourd'hui, avec le Parti socialiste, ça ne marchera jamais. Jamais", dit-il. Le Parti socialiste a réagi, estimant que Bart De Wever était devenu trop prévisible.

Bart De Wever revient notamment sur la déclaration du président du PS, Elio Di Rupo, qui a indiqué que si le Parti socialiste revenait au pouvoir, il ramènerait l'âge de la pension à 65 ans. "Tout ce que les socialistes français ont mis en oeuvre en France et qui les mène aujourd'hui à la catastrophe, les socialistes belges veulent maintenant l'importer en Belgique. C'est le programme du PS belge: tout ce qui a été prouvé stupide en France, pourquoi ne pas l'appliquer en Belgique. Contre-productif et stupide", assène-t-il.

Espérant que les socialistes "ne trouveront jamais de soutien pour ça", Bart De Wever avertit déjà qu'il ne fera aucun gouvernement avec le PS en 2019. "Ne vous faites aucune illusion là-dessus. J'ai essayé une fois en 2010, je n'essayerai plus jamais. Et le fait que Di Rupo tienne des propos pareils, aussi irresponsables, ça me renforce dans ma conviction que ça n'ira jamais. Ils n'osent pas dire la vérité aux gens."

Le président de la N-VA évoque également, dans l'interview, le tax-shift, et en particulier la demande des syndicats et de l'opposition de faire contribuer davantage les personnes les plus fortunées. "Ce gouvernement a déjà ciblé ce groupe avec des mesures comme la taxe Caïman, la taxe sur les diamantaires et la contribution spéciale du secteur financier. Trois mesures proposées par la N-VA", rappelle-t-il.

"Et maintenant on en arrive à l'heure de vérité pour ceux qui disent vouloir faire contribuer davantage les riches. Car la vraie question est: comment? (...) Je vous le dis: il n'y a pas de réponse à cette question. Et je vais même plus loin: chaque proposition qui fera contribuer le 1% des personnes les plus riches, la N-VA la soutiendra. Sans réserve et avec enthousiasme. Simplement, je ne les ai jamais vues, ces propositions, car elles n'existent pas.

Le PS réagit

Le Parti socialiste estime aujourd'hui que "Bart De Wever est devenu très prévisible" après les propos du président de la N-VA. "On assiste à un scénario récurrent: chaque fois que la N-VA est mise en difficulté, Monsieur De Wever essaie de détourner l'attention en pointant un ennemi extérieur", indique le PS dans un communiqué.

Concernant la pension, le PS rappelle que la volonté de garder l'âge légal à 65 ans figurait, "mot pour mot" dans le programme de la N-VA. "Le recul de l'âge légal de la pension à 67 ans est une mesure idéologique qui ne tient pas compte des difficultés auxquelles les travailleurs âgés sont confrontés", estime le parti d'Elio Di Rupo.

"Une politique des pensions plus juste est possible, par exemple en incitant positivement les gens à travailler plus longtemps. Le PS propose pour ce faire un crédit d'impôt (supplément de salaire) de 120 euros par mois pour ceux qui continuent à travailler alors qu'ils pourraient prendre une pension anticipée." Le Parti socialiste réfute aussi l'analyse de Bart De Wever sur l'impôt des fortunes.

"La Cour des comptes a montré que l'impôt sur la fortune proposé par le PS rapporterait jusqu'à 2,3 milliards d'euros." "Quoique Monsieur De Wever en dise, la politique d'austérité dépassée menée par son parti et par le gouvernement fédéral dans son ensemble n'est pas une fatalité. Il existe vraiment des alternatives plus justes", conclut le PS.

Belga

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