Proposition d'une loi sur le féminicide: Défi et PS sur la même longueur d'onde

Sophie Rohonyi et François De Smet, députés fédéraux Défi ont déposé à la Chambre deux textes de proposition de loi sur les féminicides en Belgique. Ce terme n’a pas d’existence juridique. Ils souhaitent inscrire ce crime dans le Code pénal. Une idée similaire a été proposée par le groupe PS qui attire eux aussi l’attention sur les droits des femmes.

"Tout meurtre de filles ou de femmes, au simple motif qu’elles sont des femmes". C’est en s’appuyant sur cette définition du féminicide écrite par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que les députés fédéraux de Défi ont fondé leurs arguments. "On désire considérer comme meurtre, ou comme assassinat, le fait d’avoir tué une femme parce qu’elle est une femme ", nous confie Sophie Rohonyi, députée fédérale (Défi). "C’est vraiment ce qui arrive en bout de chaîne de violences faites aux femmes. Ça commence par des insultes, du harcèlement, puis ça découle vers des coups et on en arrive à des féminicides.  Nous voulons vraiment éradiquer toutes ces chaînes, travailler en termes de prévention, de protection des victimes, mais aussi en termes de répression des auteurs".

Les socialistes souhaitent, eux, l’ajout de ce crime dans le Code pénal, un refinancement de la Justice et une amélioration de l’arsenal judiciaire. Le groupe PS veut rendre ce combat pour les droits des femmes une priorité dans leur travail. "Le PS veut inscrire le féminicide dans le Code pénal au même titre que l’infanticide ou le parricide. C’est une question d’égalité. Et au-delà de la symbolique ça va nous permettre de prendre des mesures pour protéger les femmes", explique la députée fédérale, Laurence Zanchetta (PS). "On doit arrêter de parler de dispute qui tourne mal, de crime passionnel. Aucune femme ne mérite de mourir ou d’être blessée sous les coups de son conjoint parce qu’elle est une femme" ajoute-t-elle.

Plusieurs solutions selon eux

L’ensemble des Députées et Députés bruxellois souhaite que les policiers suivent une formation d’aide aux victimes, dans le but de mieux les accueillir et d’avoir une meilleure écoute. Le Groupe PS au Parlement bruxellois ajoute que cette formation serait également nécessaire pour le personnel hospitalier. Toujours selon les socialistes, il faut généraliser l’EVRAS (Education à la vie relationnelle, affective et relationnelle) afin de sensibiliser les individus dès le plus jeune âge.

Une proposition… qui fait débat

Selon le ministre de la Justice, Koen Geens (CD & V) il n’y a pas de plus-value dans cette proposition de loi, vu qu’il existe déjà des circonstances aggravantes en raison du sexe ou de la vulnérabilité de la personne. "Je pense qu’il a tout à fait tort" commente Sophie Rohonyi. "Le ministre Geens pense qu’on va établir une différence de traitement sur base du sexe de la victime. Or, à l’heure d’aujourd’hui, les législations qui ont fait en sorte que le crime de féminicide soit une infraction pénale ne se sont pas vues accusées d’inconstitutionnalités, ça a parfaitement tenu la route. De même qu’au niveau de la Cour européenne des Droits de l’Homme. Donc je pense que juridiquement notre proposition a tout son sens" défend la députée.

 

Cette année en Belgique, 21 femmes ont été tuées par leur partenaire ou un inconnu. 70% des plaintes sont classées sans suite aux yeux de la Justice.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK