Débat à la Chambre : le gouvernement Wilmès joue les prolongations jusqu'au 1er octobre, pour la dernière fois ?

Prolongation du gouvernement Wilmès : suivez la séance plénière de la Chambre en direct à 14h15
Prolongation du gouvernement Wilmès : suivez la séance plénière de la Chambre en direct à 14h15 - © ERIC LALMAND - BELGA

Ce jeudi 17 septembre, la séance plénière de la Chambre des représentants aurait dû être le théâtre d’un vote de confiance. Il n’en sera rien, même si la Première ministre, Sophie Wilmès s’était engagée à demander la confiance du Parlement dans les six mois suivant sa prise de fonction. Il était juste prévu que la Première ministre prolonge son mandat d’une quinzaine de jours pour laisser encore un peu de temps aux négociateurs de la probable future coalition gouvernementale "Vivaldi" d’aboutir dans leurs travaux. Les négociations pour la formation de cette coalition fédérale ont été retardées lorsque l’un des préformateurs, Egbert Lachaert, a été testé positif au coronavirus.

Des questions sur l’absence de vote de confiance au gouvernement

Une situation qui a d’office poussé la N-VA à chercher à modifier l’ordre du jour. Pour la N-VA, qui depuis mars ne soutient pas le gouvernement et ne participe pas à l’élaboration de la probable future coalition gouvernementale, le fait que la Première ministre ne redemande pas la confiance du parlement n’est pas acceptable. "Le 17 mars, Mme Wilmès a déclaré qu’au plus tard dans 6 mois, elle redemanderait la confiance. Aujourd’hui, nous sommes au dernier moment pour le faire. Le gouvernement devrait redemander la confiance. Nous sommes en droit d’attendre que le gouvernement fasse cette déclaration gouvernementale ", a déclaré Peter De Roover, député N-VA, demandant au président de la Chambre, Patrick Dewael de faire appliquer le règlement.

Il est très important de continuer à travailler à la gestion de la pandémie

La Première ministre a répondu en rappelant qu’en mars, elle s’était engagée à ce que le travail de l’actuel gouvernement s’inscrive dans le cadre de la gestion de la crise. Les autres politiques sont menées sous le contrôle du parlement comme s’il s’agissait d’affaires courantes. Sophie Wilmès a aussi expliqué qu’il était nécessaire que son gouvernement continue à travailler comme tel pendant les prochaines semaines : " Comme vous le savez, il y a un Conseil national de sécurité important prévu la semaine prochaine. Il est très important de continuer à travailler à la gestion de la pandémie ", a-t-elle déclaré.

Plusieurs députés ont encore interpellé la première ministre sur cette situation. Pour le Vlaams Belang et sa députée Barbara Pas qui a ouvert le feu, la Première ministre a deux possibilités, soit demander la confiance pour son gouvernement jusqu’à la formation d’une nouvelle coalition, soit démissionner et provoquer de nouvelles élections.

Pour le cdH, Catherine Fonck, s’est inquiétée que 7 partis, ceux qui négocient la coalition Vivaldi, remettent en selle un gouvernement minoritaire pour quelques semaines. Le cdH regrette que le parlement n’ait pas eu la primeur de cette information. Pour ces raisons, le cdH ne s’opposera pas à une prolongation du mandat du gouvernement actuel mais s’abstiendra de voter pour.  Au PTB, Raoul Hedebouw a expliqué combien " les gens en ont marre d’avoir des politiques qui vivent sur leur planète ". Il a comparé les 7 partis qui négocient la coalition Vivaldi à une " bulle des 7, dont on ne sait pas ce qui se passe dedans ".

Pour Défi, François De Smet s’est dit inquiet de la situation : " Je suis inquiet parce qu’aujourd’hui nous n’y voyons pas clair. Il n’y a pas de projet, pas de capitaine et ce ne sera pas facile à trouver en 15 jours ", a-t-il déclaré, faisant référence au délai que les négociateurs de la coalition Vivaldi s’accorderaient pour aboutir en prolongeant l’équipage de Sophie Wilmès 15 jours.

Un gouvernement fédéral le 1er octobre

Du côté du MR, parti de la Première Ministre, Benoît Piedboeuf a affirmé son soutien au gouvernement actuel et souhaité qu’il continue son travail. " Nous pensons qu’il est nécessaire que ce gouvernement continue son travail pendant une période limitée ", le temps que la coalition Vivaldi aboutisse. En contrepartie, le MR met une forme de pression en demandant " que le premier octobre, on inscrive à l’ordre du jour la déclaration gouvernementale ".

Ecolo-Groen, un autre groupe politique qui négocie la coalition Vivaldi confirme l’échéance du 1er octobre. Le chef de groupe Ecolo-Groen, Georges Gilkinet a confirmé que les partis de cette future coalition demandaient au gouvernement actuel de prolonger et de travailler " jusqu’au 1er octobre, date à laquelle pourra être présenté et débattu devant cette assemblée un accord de gouvernement en bonne et due forme ".

Pour le PS et le député Ahmed Laouej, le 1er octobre est un " cap fixé " par les partis qui négocient la coalition Vivaldi. Il y a, a-t-il dit, " une ambition d’aboutir rapidement ".  Et d'ajouter : " Il faut donc poursuivre le soutien au gouvernement en exercice pour une durée très limitée ".

La Première ministre a réagi à ces interpellations. Aux partis qui critiquent la reconduction du gouvernement actuel pour 15 jours, elle a rappelé qu’une majorité s’était dégagée pour demander cette prolongation. " J’entends aujourd’hui que nous avons une majorité parlementaire qui demande que le travail spécifique soit prolongé jusqu’au 1er octobre afin de garantir une certaine et nécessaire stabilité. Compte tenu de cette volonté, l’ensemble du gouvernement continuera à travailler loyalement avec exigence et conviction, dans ce cadre et dans la continuité de la confiance accordée le 19 mars ", a ajouté la Première ministre.

Dans le vote qui a suivi cette discussion, une majorité, constituée des 7 partis qui négocient la future coalition Vivaldi, s’est dégagée pour accepter la prolongation du gouvernement de Sophie Wilmès, jusqu’au 1er octobre, 84 voix pour 53 contre et 4 abstentions. Une majorité s’est aussi dégagée pour inscrire à l’agenda de la Chambre une déclaration gouvernementale en date du 1er octobre. Cela signifie donc que les députés attendent la constitution d’un nouveau gouvernement pour cette date.

Des questions aussi sur la gestion de la crise sanitaire

Plusieurs députés ont aussi interpellé le gouvernement à propos de la gestion de la crise sanitaire. L’augmentation des cas de contamination inquiète. La députée cdH Catherine Fonck rappelle que les centres de testing sont débordés, qu’il manque de matériel, que les médecins généralistes sont aussi surchargés de travail. La députée estime que des mesures auraient dû être prises plus tôt par le gouvernement pour anticiper cette résurgence du Covid-19 à laquelle on s’attendait. " C’est déjà le chaos ", a estimé Laurence Hennuy, députée du groupe Ecolo-Groen exhortant la Première ministre à écouter les médecins et le personnel de première ligne.

Sophie Wilmès a répondu en expliquant qu’il ne fallait pas paniquer mais qu’il fallait que chacun comprenne que la situation est préoccupante. L’Europe est confrontée à une recrudescence de l’épidémie. Nous devons tous continuer à faire des efforts, a-t-elle expliqué, deux jours après qu’elle a diffusé un message vidéo allant dans ce sens. Ce message, adressé aux citoyens, n’était " pas pour les blâmer mais pour rappeler les règles de base ", a déclaré la Première Ministre. Celle-ci a confirmé qu’un Conseil National de Sécurité se tiendra la semaine prochaine avec à la clé de nouvelles mesures sur base des travaux des experts du Celeval. "La difficulté va être de trouver ce juste équilibre entre la volonté d’assouplir les règles et les simplifier et continuer à contenir l’épidémie ", a expliqué Sophie Wilmès. Certaines activités pourraient ainsi être à nouveau autorisées.


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Quant au fait que la première ligne, les médecins généralistes, par exemple, soient débordés, la Première ministre a déclaré qu’il devait y avoir moyen d’alléger leur travail pour leur permettre de se concentrer sur l’essentiel. Plusieurs députés ont en effet souligné le fait que les médecins généralistes étaient à bout. Alléger le travail administratif devrait être une priorité ont estimé ces députés.


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La ministre de la Santé, Maggie De Block a réagi à l’inquiétude des hôpitaux face à l’augmentation des cas de contamination. " Des plans existent et ont été activés pour décharger les hôpitaux et faire face à cette résurgence ", a expliqué Mme De Block qui, elle aussi appelle les citoyens à prendre leurs responsabilités : "Nous pouvons les aider", faisant référence aux acteurs du monde médical, "en respectant les mesures ", a-t-elle ajouté.

 

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