Progression limitée du nombre de femmes dans les conseils communaux: difficile dans les "petits conseils"

Progression limitée du nombre de femmes dans les conseils communaux: difficile dans les "petits conseils"
Progression limitée du nombre de femmes dans les conseils communaux: difficile dans les "petits conseils" - © Tous droits réservés

Aujourd’hui, dans toutes les communes de Wallonie, les nouveaux conseils communaux entrent en fonction. Les bourgmestres et échevins y prêteront donc serment ce soir. Le décret sur la mixité impose désormais au moins un tiers de femmes ou d’hommes: cette loi et les quotas sur les listes ont-ils beaucoup fait progresser la présence des femmes dans la vie politique ? La réponse est oui, mais pas énormément.

Un peu plus de 38% de femmes dans les conseils communaux de Wallonie, c’est une petite progression. On est encore loin de la parité. Les chiffres sont similaires en Flandre; par contre à Bruxelles, près d’un élu sur deux est une femme. Des chiffres commentés par Petra Meier de l’université d’Anvers, une politologue spécialisée dans les questions de genre en politique: "On peut penser à des règles et on peut s’approcher de la parité, et Bruxelles le prouve. Mais plus un conseil est grand, plus il y a la place, plus facile c’est facile à y arriver. Quand vous prenez tous ces petits conseils, c’est super difficile". 

C’est encore plus difficile dans les exécutifs. Prenons l’exemple du Hainaut: seulement 11 femmes bourgmestres pour 69 communes. Bénédicte Poll (MR), réélue bourgmestre MR de Seneffe, pense que le nombre de femmes dans les exécutifs augmentera naturellement: "Je pense qu’il y a un effet retard par le fait qu’historiquement il y avait plus d’hommes qui s’impliquaient en politique. Maintenant que les quotas ont été mis, je pense que dans les situations de renouvellement, comme ça a été le cas chez nous en 2012, les proportions se rééquilibrent naturellement". 

Pour respecter le quota d’un tiers au moins dans les collèges, des hommes ont dû parfois céder leur poste d’échevin à des femmes qui avaient obtenu un nombre moins important de voix de préférence. Un cas inverse à Donceel, en province de Liège : là il y avait trop de femmes dans les premières places et c’est un élu qui en a bénéficié.

L'alternance, conjuguée à l'effet dévolutif de la case de tête, explique la progression bruxelloise

Le taux de femmes est donc le plus élevé en Région bruxelloise, où il frôle la parité (48,8%), bien loin devant la Wallonie (38,6%) et la Flandre (38,4%). Cela traduit une progression en un quart de siècle, puis les taux de 1994 étaient respectivement de 27,8%, 18,2% et 20,3%, selon les statistiques compilées par l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes.

Ce dernier souligne l'effet positif des réglementations adoptées entre 2012 et 2018 par les Régions wallonne et bruxelloise pour renforcer la représentation des femmes au sein des institutions politiques, avec un bémol toutefois en ce qui concerne la Wallonie.

Les deux Régions ont rendu obligatoire pour les partis politiques la composition de leurs listes en alternant candidats masculins et féminins (la "tirette"), alors qu'en Flandre, la parité hommes-femmes et l'alternance ne sont obligatoires qu'aux deux premières places.

Mais en Wallonie, la suppression récente de l'effet dévolutif des votes en case de tête "a réduit très nettement l'impact de l'ordre des candidats sur les listes électorales", affirme l'Institut.

A cause du choix des têtes de liste?  En Wallonie, malgré la parité, les femmes n'étaient en fait que 235 à être tête de liste, sur 1043 listes au total, contre 808 hommes donc. 

Elections communales: seulement 38,6% de femmes élues en Wallonie, à cause de leur place sur la liste?

En Wallonie Dans le sud du pays, 2007 femmes ont été élues, soit 38,6% des élus (contre 34,9% en 2012). Une légère progression, mais on est encore loin de la parité qu'approche Bruxelles. A cause de leur place sur la liste? Malgré la parité, les...

En Flandre, l'effet dévolutif du vote en case de tête a été réduit à un tiers lors des élections communales et provinciales.

"L'alternance hommes-femmes sur l'ensemble des listes, combinée à de grandes circonscriptions (où beaucoup de candidats sont élus sur les listes) et au maintien d'un effet dévolutif significatif, constitue une combinaison très favorable à l'élection des femmes", souligne l'Institut.

Enfin, l'Institut salue les décisions de la Wallonie et de Bruxelles d'obliger les collèges communaux à accueillir un minimum d'un tiers du sexe sous-représenté. Ce n'est pas le cas en Flandre, où ne vaut qu'une simple obligation de mixité.

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