Procès M. El Aroud: la défense plaide l'acquittement

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Le procès de 9 prévenus poursuivis pour appartenance à un groupe à visées terroristes a repris à neuf heures lundi sous haute protection policière. L'avocate de Malika El Aroud a plaidé l'acquittement pour sa cliente.

La Cour devant le Palais de Justice est inaccessible aux véhicules et fermée par des barrières de barbelés. Des policiers d'unité spéciale patrouillent dans le Palais. Toutes les personnes entrantes doivent décliner leur identité. Un hélicoptère de la police fédérale survole les environs.

Des informations provenant du parquet fédéral et indiquant une possible tentative d'évasion et/ou de libération des prévenus qui comparaissent actuellement devant le tribunal correctionnel de Bruxelles sont parvenues au Centre de Crise, a annoncé ce dernier.

Le procès des membres présumés d'une cellule du réseau Al-Qaïda, accusés d'avoir organisé le recrutement de volontaires pour le jihad et d'avoir préparé des attentats, s'est ouvert le 8 mars dernier. Sept prévenus comparaissent, dont Malika El Aroud et Hicham Beyayo.

La défense plaide l'acquittement

Le procès s'est poursuivi ce lundi normalement avec les plaidoiries de la défense. L'avocate de Malika El Aroud a plaidé l'acquittement pour sa cliente jugée pour appartenance à un groupe terroriste.

"Malika réprouve et condamne, humainement, philosophiquement et religieusement le terrorisme", a avancé Me Fernande Motte de Raedt.

Ses opinions passionnées trouvent leur fondement dans le Coran, selon l'avocate. "Elle ne trahit pas, elle ne se cache pas, elle crie son indignation et a le courage de ses points de vue."

Malika El Aroud se base sur le Coran aussi pour soutenir le jihad défensif. "Il s'agit d'une guerre menée contre ceux qui attaquent les musulmans", précise l'avocate.

"Malika voit le jihad défensif comme une obligation divine. Cela devient sa pensée, ce qu'elle croit être le bien, elle incite donc les autres à faire ce qu'elle croit être bien."

Me Motte de Raedt reconnaît que Malika El Aroud agit avec "plus d'émotion que de raison, peut-être". Elle s'est "exprimée de manière maladroite", mais "n'essaie pas de diminuer sa responsabilité pour en tirer un avantage", souligne encore l'avocate. "On ne modère pas ses propos."

L'avocate rejette aussi l'appellation d'"icône du jihad", utilisée par le procureur fédéral pour qualifier Malika El Aroud.

Mesures prévues pendant toute la semaine

Les informations transmises au Centre de Crise, qui dépend du SPF Intérieur, font état de l'utilisation possible de violences, voire d'armes. En conséquence, les mesures de sécurité, déjà visibles depuis le début du procès, seront encore renforcées dans et aux abords du Palais de Justice de Bruxelles.

Cette décision est intervenue à la suite d'une évaluation de la menace réalisée par l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace (OCAM). Il apparaît en effet "qu'il y a des éléments de gravité et de probabilité importants", selon le communiqué.

"L'objectif est de garantir le déroulement normal de tous les procès et de la vie judiciaire, ainsi que de garantir la sécurité de tout le monde. Les mesures sont prévues pendant toute la semaine jusqu'à la fin des audiences. Vu le caractère judiciaire des informations, aucune autre communication ne sera réalisée à ce sujet", conclut le Centre de Crise.


Belga

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