Privatiser la sécurité à la STIB: une solution temporaire, pour Charles Picqué

Charles Picqué
Charles Picqué - © RTBF

Le ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué ne veut pas que la sécurité à la STIB soit assurée par le privé, sauf si c'est une solution temporaire. Pour lui, il faut prendre le temps d'aboutir à un accord institutionnel durable.

Le gouvernement fédéral ne s’est pas mis d’accord ce mardi sur les suites à donner à l’accord interprofessionnel. Pour Charles Picqué, il y a encore des marges de manœuvre possibles. Mais il ne faudrait pas ajouter à la confusion institutionnelle actuelle le chaos social et l’incertitude économique, estime-t-il, et le gouvernement en affaires courantes a une obligation de résultat, selon lui.

La sécurité privatisée à la STIB ? Temporairement, oui

A Bruxelles, la STIB envisage de recourir à des firmes privées pour assurer la sécurité dans les transports en commun. Le ministre-président de la Région bruxelloise Charles Picqué "ne croit pas que ce soit la meilleure idée. La meilleure idée, c’est de bien travailler avec les forces de police, de bien travailler à la formation d’agents de sécurité à l’intérieur de la STIB avec un statut d’agent public. Mais il faut aussi être très pragmatique : s’il y a des urgences, cela peut être une solution temporaire.

Mais dans un tas de problèmes on doit absolument inclure maintenant le volet ‘lutte contre l’insécurité’, que ce soit en milieu scolaire, dans les transports publics, dans l’espace public. On est confronté à une évolution de la société qui exige que la sécurité soit une priorité, ne fut-ce que pour donner confiance au citoyen et pour assurer aussi des réponses démocratiques au malaise sociétal. Il est évident que le maintien de l’ordre et tout ce qui y est apparenté sont des missions qui doivent rester dans les mains du pouvoir public et d’agents qui sont habilités à agir".

Il faut un accord institutionnel durable

Peut-on négocier séparément le communautaire et le socio-économique ? Pour Charles Picqué, "le gouvernement doit agir à la fois sur le plan socio-économique et en même temps régler les problèmes institutionnels. Ce n’est pas simple parce que parfois les problèmes socio-économiques renvoient à des problèmes institutionnels : les réponses à certaines préoccupations socio-économiques ne sont pas les mêmes au nord et au sud du pays.

La solution la plus simple est de faire du socio-économique parce qu’on est face à une urgence que personne ne conteste, et puis on va peut-être vers un premier paquet de mesures institutionnelles. Et puis on se donne comme objectif de travailler toute une série de chapitres, qui sont caractérisés par quelques grands principes sur lesquels on s’est mis d’accord".

Charles Picqué demande qu'on ne s'inquiète pas de la durée exceptionnelle des négociations : "Nous sommes maintenant, après 50 ans d’observation des problèmes institutionnels, devant un bouleversement institutionnel énorme. C’est une transformation telle que ça prend du temps. Si on sortait avec un accord bâclé, déséquilibré, on aurait de la part de l’une ou l’autre partie le désir de reprendre une revanche parce qu’elle s’estime spoliée par la négociation. Et ce serait beaucoup plus grave. Il faut maintenant quelque chose de durable".

Pas de calculs d'alliance

Ecolo et Groen! ont participé aux discussions institutionnelles dans la formule à sept depuis l'après 13 juin. Avec l'ouverture aux libéraux et la mission de Didier Reynders, un changement de méthode est envisagé et certains s'interrogent sur la place des Verts. La participation d'Ecolo à un gouvernement  n'est "pas une question à aborder maintenant", explique Charles Picqué. D'après lui, il n'y a à l'heure actuelle "pas de calculs visant des alliances particulières". "Il faut d'abord dégager ce qui peut être une série de solutions ; on verra alors qui appuiera ces pistes", conclut-il.

A. L. avec B. Henne

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