Privatisation de Belfius: "Le gouvernement ne tire aucune leçon de la crise bancaire"

Le gouvernement ne tire aucune leçon de la crise bancaire
Le gouvernement ne tire aucune leçon de la crise bancaire - © Belga

 "S'il devait valider l'option choisie jeudi soir par le conseil d'administration de Belfius en faveur d'une privatisation partielle en Bourse, le gouvernement fédéral montrerait qu'il n'a tiré aucune leçon de la crise bancaire", a réagi vendredi le député Ecolo Georges Gilkinet.

"Il est important de préserver les banques d'une politique à court terme et de la pression des marchés boursiers", a estimé le député écologiste. Il importe également selon lui de "conserver une marge d'autonomie purement belge" alors que les grandes banques présentes dans le pays sont toutes accaparées par des capitaux étrangers.

"Une banque à 100% publique a démontré que d'autres modèles bancaires sont possibles au service des collectivités, de l'économie réelle, des PME tout en offrant un dividende aux autorités publiques", a fait observer M. Gilkinet. Le député regrette dès lors que le gouvernement s'inscrive dans "la poursuite du démantèlement voulu par la N-VA et avalisé par le MR". 

"Un modèle public a sa raison d'être" pour le CDH 

De son côté, le député cdH Benoît Dispa a également affiché son "inquiétude" de voir Belfius évoluer par étapes sur la voie d'une "banque classique privée".

Maintenir un modèle public "a sa raison d'être à ce stade", a réagi le député centriste, estimant qu'y "porter atteinte ne pourrait se faire que moyennant des garanties que n'apporte pas jusqu'ici le gouvernement".

Alors que le gouvernement, qui a plusieurs options dans ses cartons, doit encore se prononcer, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt a été interrogé cette semaine au parlement. "Nous sommes dans l'attente d'un éclaircissement du gouvernement fédéral. Le ministre des Finances s'est montré très prudent. Il n'a pas apporté de garanties à nos interrogations sur l'ancrage local, la préservation de l'emploi et peut-être plus fondamentalement la préservation du pluralisme dans le secteur bancaire", a souligné Benoît Dispa.

Le député cdH dit ne pas faire de l'enjeu public un combat idéologique mais "quand on connaît les problèmes qu'il y a eu avec l'exposition aux risques financiers et les problèmes de gouvernance, conserver un pôle public a du sens". On ne peut y renoncer pour une simple question "budgétaire", a-t-il conclu.

Proposition de résolution pour que Belfius reste 100% publique

Les députés PS Ahmed Laaouej et Stéphane Crusnière ont eux carrément déposé une proposition de résolution afin que Belfius reste une banque belge à 100% publique. "L'opération de privatisation ne vise qu'un rendement budgétaire. 'Remettre' en Bourse une banque qui aujourd'hui peut-être un instrument de relance pour les pouvoirs publics révèle l'absence de stratégie de ce gouvernement", ont dénoncé les députés.

Ceux-ci soulignent en outre que le gouvernement a la "mémoire courte", rappelant que la recherche des dividendes élevés était un des "péchés mortels" des grandes banques systémiques cotées en Bourse. Détenir une banque publique permet aux pouvoirs publics de soutenir l'intérêt général, font observer les élus socialistes. "Le métier de base d'une banque c'est d'irriguer l'économie réelle, de soutenir les PME, les grands projets sociétaux comme la transition énergétique, les collectivités locales, les ménages. C'est vraiment un instrument précieux et aujourd'hui Belfius peut et remplit ce rôle", ont-ils concl

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