Prisons: pourquoi les syndicats appellent-ils à la grève?

Pourquoi les syndicats ont-ils appelé à la grève dans les prisons ce mardi? Les travailleurs s’opposent au projet du gouvernement fédéral d’instaurer un service minimum en cas de grève dans les établissements pénitentiaires.

Les syndicats dénoncent d’abord l’argumentaire du gouvernement qui est de dire qu’il répond aux critiques européennes, notamment d’atteintes aux droits des détenus en période de grève : privation de douches ou de visites, par exemple, avec ce service minimum. Pour Michel Jacob, le secrétaire fédéral de la CGSP Prison, le vrai problème n’est pas là, mais dans le sous-financement chronique et le sous-effectif dans les prisons : "Le service minimum ne réglera rien dans notre établissement pénitentiaire. Est-ce qu’un détenu, en dehors des grèves, sera mieux traité ou aura autant, si pas plus, de droits ? Je ne crois pas tant qu’il n’y aura pas plus de moyens dans les prisons et tant qu’il n’y aura pas plus de moyens dans les bâtiments, parce que pour le moment ils sont très vétustes en majorité".

Bras de fer

Les syndicats dénoncent une atteinte au droit de grève avec la menace très claire du gouvernement de réquisition. C'est ce qu'explique Claudine Coupienne de la CSC Service Public : "Nous avions déjà depuis 2010 un protocole qui prévoit très précisément les modalités de dépôt de préavis et de réunions préalables avant de partir en grève. Et là, alors que nous avons respecté ces différents paramètres, on durcit le ton simplement parce que dans la déclaration gouvernementale, un service garanti devait être trouvé dans les prisons".

Un nouveau bras de fer risque donc bien de s’engager, comme en 2016, entre le ministre de la Justice et le personnel pénitentiaire. CSC et CGSP y sont prêts, selon Michel Jacobs : "Est-ce qu’il y a marge de discussion ? C’est à lui qu’il faut le demander, pas à moi".

Le projet du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a été adopté en première lecture par le conseil des ministres vendredi.

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