La Fédération Wallonie-Bruxelles veut booster l'accompagnement des détenus

La Fédération Wallonie-Bruxelles veut mieux préparer la réinsertion des détenus
La Fédération Wallonie-Bruxelles veut mieux préparer la réinsertion des détenus - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Une sacrée brochette de Ministres. Ils (et elles) étaient nombreux cette après-midi autour de Rachid Madrane (PS), le Ministre des Maisons de Justice à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Au centre des discussions : l'accompagnement des détenus dans les prisons wallonnes et bruxelloises, "essentiel pour une approche humaine de la justice", ont-ils tous rappelé.

Quand on parle d'accompagnement, entendez par là le droit à l'éducation, à la formation, à la santé, aux activités sportives et culturelles au sein des prisons. Problème : il y a pratiquement un Ministre par domaine. Alors pour faire avancer les choses, ils doivent se parler. C'est chose faite. La Conférence interministérielle s'est réunie ce lundi pour la première fois depuis 2010. "Nous avons décidé d'être plus cohérents et de mettre les moyens en commun", précise Rachid Madrane.

Les mesures concrètes

Concrètement, les différents ministres ont présenté quelques mesures pour améliorer rapidement l'accompagnement des détenus à l'intérieur des prisons. Parmi celles-ci :

  • Renforcer financièrement les associations en éducation permanente et alphabétisation qui travaillent dans les prisons
  • Permettre à des moniteurs sportifs de l'ADEPS d'y encadrer des activités ou de prêter du matériel sportif
  • En Wallonie, tripler le nombre d'heures de formation pour les détenus en prison
  • Développer des projets pilotes sur la formation à distance

Le secteur est inquiet

Les associations actives en prison n'ont pas encore réagi à ces mesures précises. Mais certaines lancent un cri d'alarme depuis longtemps sur le manque de moyens en Belgique pour l'accompagnement des détenus et nous disent attendre "plus que des mesurettes, un vrai changement de cap." En 2015, la CAAP (Concertation des associations actives en prison) publiait un rapport détaillé sur les services existants. Ils seraient largement insuffisants au vu de la population carcérale. Un exemple parmi d'autres: toutes les prisons bénéficient d'un service d'aide psycho-sociale mais sans beaucoup de moyens. Dans la prison de Jamioulx, seul un demi équivalent temps-plein y travaillerait pour 339 détenus.

Du changement : mais avec quels moyens ?

Ici, la Fédération Wallonie-Bruxelles n'annonce pas de révolution. Les différents ministères ne bénéficient pas d'argent supplémentaire mais puiseront dans leurs enveloppes budgétaires. "On débloque tout de même un million d'euros, en plus de ce que nous faisons déjà, en matière d'emploi et de formation dans les prisons wallonnes", précise la ministre Eliane Tillieux (PS).

Et Rachid Madrane donne l'estocade : "Cela nous permet aussi de montrer au fédéral qu'il ne s'agit pas de se décharger sur les entités fédérées. Nous n'allons pas compenser les carences du fédéral. Mais à côté de ce que doit faire le fédéral, on vient avec une aide en plus au profit des détenus."

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