Principe de réalité

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Le gouvernement fédéral s'apprête à nouveau à accepter un accord signé entre patrons et syndicats, quitte parfois à revenir sur des principes coulés dans le bronze de l'accord gouvernemental.

De par son accord de gouvernement d’octobre, la nouvelle coalition se voulait en rupture avec les précédentes ; c’était la fin des consensus ratatouille, des alliances contre nature. On allait enfin ( !) aborder des problèmes qui n’avaient jamais pu être mis sur la table, sous-entendu parce que les socialistes l’empêchaient.

Idéologie…

Derrière tout cela se trouvait bien entendu la N-VA, toute heureuse d’imposer son agenda. Chez les libéraux, on ressentait une forme de soulagement mâtiné de revanche d’enfin " oser " une politique de droite.

Ce fut donc dans la déclaration gouvernementale pêle-mêle la pension à 67 ans, le saut d’index, la révision des prépensions, le travail obligatoire pour les chômeurs, le service minimum dans la fonction publique, la réduction des dépenses publiques, la lutte contre la fraude sociale, l’immigration, etc.

Comme souvent dans ce genre d’accord, on fixait des grands principes. La mise en œuvre pratique étant fixée à plus tard. Un vent nouveau soufflait rue de la Loi. Un vent du Nord, diront les mauvaises langues.

 

… et dogmatisme

Le MR avait même fini par aller plus loin que son propre programme électoral, notamment sur l’âge de la pension, les fins de carrière ou le saut d’index.

Rapidement, la contestation sociale allait être vive, le CD&V se sentir tiraillé et le gouvernement devoir lâcher un peu de lest. Ce fut ainsi, juste avant Noël, après de semaines de tensions sociales inédites depuis 30 ans, un tout premier (petit) accord patrons-syndicats sur les fins de carrière. Pour Charles Michel, cette timide éclaircie qui pouvait en présager une plus large, valait bien que l’on " torde " un peu l’accord gouvernemental. Le dogmatisme commençait à se faire rattraper par la réalité ; la nouvelle coalition pouvait difficilement contredire ces patrons qui lui sont si chers… Et un patron ça ne fait pas forcément d’idéologie à tout crin…

D’autres dossiers du même tonneau allaient suivre : sur les chômeurs aidant un parent malade d’abord, à présent sur les prépensions ou sur la non-indexation des loyers. Le gouvernement fédéral prévoyait de réduire les moyens des services publics mais il a bien dû constater que ce serait compliqué de rester inflexible par rapport aux besoins de la police, de l’armée ou de la Justice.

Tout cela rend la N-VA nerveuse qui voit l’accord gouvernemental se déliter et surtout certains de ses grands principes confrontés à la réalité.

Le saut d’index a fini par être imposé, malgré le scepticisme de nombreux économistes et les réticences de certains patrons mais c’était devenu un symbole pour cette coalition et ce saut d’index n’interviendra au mieux ( ?) qu’en 2016. Une éternité en politique.

On attend à présent que le gouvernement fédéral présente ses projets pour la mise au travail obligatoire des chômeurs ou le service minimum à la SNCB. Là aussi, le dogme risque de se fracasser sur la réalité.

 

Philippe Walkowiak

 

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