Présidentielles du MR: Denis Ducarme et Georges-Louis Bouchez répondent aux questions de Christine Defraigne

Présidentielles du MR : Georges-Louis Bouchez répond aux questions de Christine Defraigne
Présidentielles du MR : Georges-Louis Bouchez répond aux questions de Christine Defraigne - © Tous droits réservés

Le MR vit toujours sur fond de campagne pour se trouver son prochain président. Une campagne pour un second tour avec votes par correspondance dont les résultats seront connus le 29 novembre.

Le 12 novembre, premier tour, Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme avaient obtenu respectivement 6044 voix (44,59%) et 3405 voix (25,12%), les qualifiant pour la suite des opérations électorales. Christine Defraigne arrivait en troisième position avec 1899 voix (14,01%). Philippe Goffin et Clémentine Barzin fermaient la marche avec respectivement 1521 et 685 voix (11,22% et 5,05%). Deux candidats qui, depuis, ont appelé à voter pour Georges-Louis Bouchez. Et Christine Defraigne ?

Aucune consigne de vote à ses militants jusqu’ici. Disons qu’avant de trancher, elle a choisi d’adresser 16 questions (préparées, dit-elle, avec des amis "libéraux sociaux" qui se structurent et rédigent un manifeste) à Bouchez et Ducarme. Questions sur la reconnaissance d’un "courant progressiste au MR", les valeurs du parti (diversité, laïcité, égalité homme-femme), sur de grands sujets d’actualité (refinancement de la justice, de la police, des grandes villes, le cours de citoyenneté, le dialogue avec la N-VA ou entre partis francophones avant toute négociation avec les partis flamands, le rapprochement avec le cdH, la réforme de l’avortement…).

Réponses de Georges-Louis Bouchez

Nous avons reçu copie des réponses de Georges-Louis Bouchez (voir ci-dessous). Où l’on apprend à la première réponse que, oui, il est prêt à soutenir la création en interne d’un courant libéral progressiste, manière forcément de répondre à l’appel du pied de Christine Defraigne qui appelle à une telle création d’un courant qu’elle incarne depuis longtemps au sein du Mouvement. Et alors que l’on entend ici et là la volonté de certains de porter un tel courant en interne, avec une certaine liberté revendiquée de parole. Georges-Louis Bouchez : "J’ai la conviction que le libéralisme est intrinsèquement progressiste et je suis tout à fait ouvert à ce qu’un courant du même nom rappelle cette réalité. Néanmoins, il est important pour créer un courant au sein d’un parti comme le nôtre, de structurer cette démarche sur un référent qui peut être un penseur, des éléments de philosophie politique ou un courant historique de pensée […]. Je suis tout à fait ouvert à ce qu’un courant progressiste existe et vive au sein de notre mouvement et suis à ta disposition pour établir les modalités pratiques et concrètes de sa mise en place".

Pour le reste, on apprend aussi notamment qu’il est "favorable à la dépénalisation de l’avortement pour les femmes qui le demandent et à l’allongement du délai de 18 semaines" – quid du reste du texte en débat et du sort des médecins ? -, mais qu’il plaide toujours pour la liberté de conscience des élus MR sur des questions éthiques. Que sur la question des violences faites aux femmes, il plaide pour que "le MR porte une réforme des procédures judiciaires dans lesquelles les sanctions pour des faits de violences sexuelles seront une priorité des parquets et où les moyens d’enquêtes seront refinancés à hauteur de l’épidémie grave et traumatique qui touche les femmes de ce pays".

Sur la question d’un "dialogue entre la famille libérale et la N-VA ou un dialogue préalable entre les partis francophones", GLB "considère en effet qu’un dialogue francophone est indispensable" et répète qu’il est "souhaitable d’avoir un gouvernement qui réponde aux réalités démocratiques de notre pays", donc en plaçant – refrain connu – "PS et N-VA face à leurs responsabilités". "Je précise par ailleurs que je supporte totalement Paul Magnette dans sa démarche en entonnoir, en travaillant sur les programmes. Au terme de la mission de l’informateur, nous aurons une vue plus claire de ce qui est praticable et si au terme du processus, Paul Magnette arrive à nous démontrer par des arguments objectifs que les voies qu’il propose sont praticables, le Mouvement Réformateur et moi-­‐même seront présents. Nous sommes à cet égard équidistants quant à la participation ou non de la N-­‐VA au prochain gouvernement fédéral".

Réponses de Denis Ducarme

Le candidat Denis Ducarme a choisi, lui, de transmettre directement ses réponses à la principale intéressée Christine Defraigne, sans passer, lui, par la case Médias…

Mais en résumé : il est prêt forcément à la création d’un courant progressiste au sein du MR, "l’ayant d’ailleurs très clairement explicité dans les médias […]. Ce courant existe, il faut le respecter".

Sur la dépénalisation de l’avortement, le même rappelle avoir "toujours été très clair, sans ambiguïté, sur cette question : il est temps d’avancer tant vers la dépénalisation totale des femmes qui le demande et l’allongement à 18 semaines. Je souhaite d’ailleurs que notre Mouvement, tout en respectant la liberté éthique de ses membres, soit davantage en pointe sur les questions éthiques". Autre thème de société : "La lutte contre le phénomène de féminicides doit être une priorité nationale, à tous les niveaux de pouvoir, du local jusqu’au niveau fédéral en passant par les entités fédérées, qui ont un rôle important à jouer en termes de prévention".

Sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la N-VA, Denis Ducarme se refuse aussi à choisir clairement. "La N-VA a fait tomber le gouvernement pour des motifs électoralistes. Ce faisant, elle a créé l’instabilité alors que nous pouvions encore réaliser des réformes importantes pour notre pays, pour l’emploi, pour nos indépendants. Cela doit nous servir de leçon. Nous connaissons l’appétit de ce parti en matière institutionnelle. Parce que je suis sensible à l’importance de doter notre pays le plus rapidement possible d’un gouvernement de plein exercice, je ne suis pas opposé à la N-VA. Ce faisant, un gouvernement sans la N-VA m’irait très bien aussi […]. S’il s’avère que la stabilité du pays et des concrétisations qui nous sont chères sont possibles sans la N-VA, alors nous devons aussi pouvoir saisir cette opportunité". Enfin, comme déjà lu dans la presse ces jours derniers, et contrairement à Georges-Louis Bouchez, Denis Ducarme se refuse à parler rapprochement ou fusion avec le cdH sur un ton ferme et définitif : "Nous avons des valeurs différentes de celles du cdH, qui siège avec les conservateurs au Parlement européen. Notamment en matière éthique ! En outre, nous avons combattu les accommodements raisonnables qu’ils ont défendus sous la présidence de Joëlle Milquet, notamment à Bruxelles".

Christine Defraigne a reçu les deux courriers dans la matinée de ce mercredi et va à présent les comparer. Avant de trancher et de voir si au final elle apporte son soutien à l’un ou à l’autre.

Le Grand Oral de Christine Defraigne le 16/11/2019

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