Prescrire des médicaments à l'unité en maison de repos: projet finalisé

Les pharmacies fourniront les quantités exactes de médicaments nécessaires pour un traitement en maison de repos.
Les pharmacies fourniront les quantités exactes de médicaments nécessaires pour un traitement en maison de repos. - © FRED TANNEAU - BELGAIMAGE

Le projet avait été initié par le gouvernement précédent et la nouvelle ministre de la Santé Maggie De Block vient de le finaliser. À partir du 1er avril 2015, les médicaments seront prescrits à l'unité dans les maisons de repos. Une mesure d'économie pour les caisses de la sécurité sociale et pour le patient.

La consommation de médicaments en maison de repos est importante. Les médecins prescrivent un traitement. Les patients achètent personnellement une boîte. Elle est fournie par la pharmacie à la maison de repos qui devra s'assurer que le patient respecte la posologie. Mais, très souvent, les résidents n'arrivent pas au bout de la boîte.

"Le traitement ne nécessite pas toujours que l'on prenne une boîte entière, explique Veerle Standaard, directrice opérationnelle d'une maison de repos de Schaerbeek. Le traitement peut aussi se révéler inadapté, le patient peut développer une allergie. Et on se retrouve alors avec des boîtes entamées."

Or les médicaments appartiennent au patient puisqu'ils lui ont été personnellement prescrits. Impossible donc de mutualiser les remèdes ou de les donner à un autre patient s'il en reste. "C'est du gaspillage, au frais du patient et de l'INAMI."

Moins d'erreurs, moins de coûts, mais plus de travail

Pour remédier à ce gaspillage, les médecins devront prescrire une quantité précise de médicaments. Et les pharmaciens devront fournir, par semaine, des paquets contenant les doses requises. "C'est une avancée pour les résidents. Il y aura moins d'erreurs dans l'administration du traitement. Les coûts seront moins importants. Mais pour les pharmaciens, il y aura plus de travail", tempère tout de même Veerle Standaard.

Les pharmaciens que nous avons rencontrés n'ont pas encore été informés des modalités exactes de ces prescriptions à l'unité. Des séances d'information seront organisées pour les différents acteurs concernés dans le courant du mois de mars.

Le SPF santé publique explique déjà que la charge de travail supplémentaire des pharmaciens sera compensée. La sécurité sociale leur payera des honoraires de 3 euros par semaine et par patient. Malgré cette nouvelle rémunération, l'INAMI table sur une économie potentielle de 10 millions d'euros par an.     

Baptiste Hupin

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