Près de la moitié de l'emploi wallon menacé par la robotisation

La somme des emplois "menacés" correspond à quelque 564 000 postes.
La somme des emplois "menacés" correspond à quelque 564 000 postes. - © Belga

Les robots ont envahi notre quotidien. Tous les secteurs d'activités sont touchés par la numérisation. Une digitalisation et une robotisation de l'économie qui aura un impact sur l'emploi de demain. Selon une étude de l'Iweps (l'institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique), près de la moitié de l'emploi existant dans le sud du pays "serait menacé" d'ici "une à deux décennies".

Au total, 564 000 emplois seraient menacés à l'horizon de 10 à 20 ans explique Jean Claude Guyot, directeur scientifique de l'Iweps mais seul 11% de l'emploi risque réellement de disparaître.

Selon l'institut, les postes d'employés administratifs sont les plus menacés par la robotisation (116 500 emplois). Suivent les travailleurs des services directs aux particuliers, les commerçants et les vendeurs (105 000 emplois); les métiers qualifiés de l'industrie et de l'artisanat, d'une part, et les professions élémentaires, d'autre part, qui comptabiliseraient chacune environ 80 000 emplois menacés par la digitalisation. Les managers wallons ne représenteraient quant à eux que 2% de l'emploi potentiellement affecté par la robotisation dans la région alors que 2/3 des emplois occupés par des femmes se trouveraient au contraire parmi les professions les plus exposées.

Ces chiffres ne sont qu'une évaluation brute, précise le directeur scientifique de l'Iweps, ils sont donc à nuancer notamment parce qu'ils ne tiennent pas en compte les créations d'emplois. Par ailleurs, la mutation de notre économie sera profonde. Pour preuve, on estime que 60% des emplois d'ici à 2030 n'existent pas encore, explique André Blavier, expert à l'agence du Numérique (AdN).

Toutefois, il est essentiel de se préparer à cette mutation économique car elle impose une transformation au niveau de notre enseignement ajoute l'expert de l'agence du Numérique. Actuellement, les profils "informatique" qui sortent des études se comptent par dizaine, il en faudrait des centaines. Si on préconise l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge, cela vaut aussi pour l'informatique.

Bref, pour faire face à la révolution numérique, il sera essentiel de renforcer les compétences par l'enseignement et la formation mais également de soutenir à la fois l'offre et la demande de services et produits digitaux.

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