Près de 80% des élèves de secondaire n'ont pas fréquenté l'école depuis le confinement

Près de 80% des élèves de secondaire n'ont pas fréquenté l'école depuis le confinement.
2 images
Près de 80% des élèves de secondaire n'ont pas fréquenté l'école depuis le confinement. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Selon une étude, 78,5% des élèves de secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas retournés à l’école depuis le 16 mars 2020, date à laquelle un confinement strict a été décrété en Belgique.

Cette proportion importante démontre à quel point cette rentrée de septembre constituera un changement majeur pour tous ces élèves restés à la maison pendant six mois. L’étude porte sur le sentiment des élèves face au confinement. Elle doit permettre aux écoles de mieux appréhender cette étape en montrant l’état d’esprit de ces adolescents à quelques jours de la rentrée des classes.

Cette étude a été réalisée par l’UCLouvain et l’ULG à l’initiative de la ministre de l’Education et de l’Administration générale de l’Enseignement. Plus de 6000 élèves du secondaire ont répondu à ce questionnaire. Un chiffre élevé qui "est une démonstration éloquente du besoin ou de l’envie de s’exprimer des élèves qui ont vécu cette période inédite de confinement", selon les auteurs de cette étude.

Au moment de remplir le questionnaire, au mois de juin 2020, 21,5% des répondants fréquentaient l’école au moins une fois par semaine. "Les autres (78,5%) ne sont pas retournés à l’école, soit par choix (18%) soit parce que les cours n’étaient pas organisés pour leurs années d’études (60,4%)", peut-on lire dans les résultats de cette étude.

Les élèves moins favorisés sont moins retournés à l’école

Les résultats de cette étude semblent confirmer l’affirmation selon laquelle le confinement a renforcé les inégalités dans l’enseignement.

Si on observe qui sont les élèves restés à domicile par choix, les auteurs de l’étude constatent effectivement que "les élèves défavorisés (peu ou pas de livres à la maison et pas de chambre personnelle) et ceux qui sont en difficulté scolaire (ayant redoublé au moins une fois) sont eux aussi proportionnellement moins retournés à l’école".

Les élèves de l’enseignement général ont également été plus nombreux à faire le choix de retourner à l’école (76%) que ceux qui fréquentent l’enseignement professionnel (54,5%).

Par ailleurs, la crainte d’une contamination sur les bancs de l’école est plus élevée parmi les élèves issus de milieux moins favorisés.

Réinstaurer l’obligation scolaire pour réduire les inégalités

Pour les auteurs de l’étude, les différences constatées entre ceux qui ont choisi de reprendre le chemin de l’école et ceux qui ont fait le choix de ne pas y retourner vont toutes dans le même sens.

"Elles montrent que ce sont les élèves les plus en difficulté ou les plus vulnérables qui ont pris l’option de rester chez eux, souvent semble-t-il par crainte de la contagion, alors que ce sont précisément ces élèves pour lesquels l’absence de fréquentation peut se révéler la plus dommageable."

Dans leurs conclusions les chercheurs insistent donc sur la nécessité du retour à l’école pour tous en ce mois de septembre. "Ces données confirment l’importance de réinstaurer l’obligation scolaire sous peine d’augmenter les inégalités entre élèves."

Motivation et bien-être : des situations très disparates

Les déclarations des répondants quant à la motivation et au bien-être montrent aussi une très grande disparité des situations, tant parmi les élèves qui sont retournés à l’école que parmi ceux qui sont restés à la maison : " une parenthèse propice à l’épanouissement pour certains, une terrible période de solitude ou de drames pour d’autres".

Les auteurs rappellent donc aux enseignants qu’il est important de tenir compte de ces différences importantes à l’heure de reprendre les cours.

Cette étude démontre aussi que le confinement n’a pas été vécu comme un traumatisme pour de nombreux jeunes, comme on aurait pu le craindre.

Elle pointe, en revanche, l’importance de proposer un suivi particulier à certains élèves. "Il importe que les différents acteurs de l’école soient attentifs et à l’écoute pour repérer et orienter ces élèves en fragilité vers les services adéquats."

 

Contact crucial avec l’enseignant

La fréquence et la nature des contacts entretenus par l’école peuvent influencer la motivation et le bien-être des élèves selon l’analyse des témoignages recueillis.

Ce contact a généralement été maintenu par la transmission de travail à domicile. Ici encore, les différences entre élèves dans la fréquence de ces contacts sont importantes. "Certains élèves déclarent avoir été en contact régulièrement avec leurs enseignants, mais d’autres jamais ou presque jamais…"

Un peu moins de 70% des répondants déclarent avoir reçu du travail régulièrement de la part de leur enseignant. Les élèves qui disent avoir entretenu des contacts avec leurs enseignants via des cours à distance, des messages écrits ou vidéos ne représentent que 54% des répondants.

Or, selon les auteurs de l’étude ce contact régulier et personnel peut avoir une forte incidence sur l’implication des élèves dans leur travail. Les auteurs recommandent donc d’en tenir compte dans l’organisation future de cours à distance.

"Echanger oralement avec l’enseignant apparaît comme important pour les élèves, que ce soit pour favoriser leur compréhension ou soutenir leur motivation."

Mais ce contact régulier avec les élèves doit aussi être assorti d’un soutien aux enseignants. "La mise en œuvre de ces recommandations implique toutefois que les enseignants soient eux aussi informés, formés et soutenus afin d’adapter leurs pratiques."

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK