Les prépensionnés doivent rester sur le marché du travail jusqu'à 65 ans

A Liège, la FGTB a fait ses comptes : rien que parmi ses affiliés, la mesure touche 623 personnes, la majorité sont des travailleurs d’ArcelorMittal.
A Liège, la FGTB a fait ses comptes : rien que parmi ses affiliés, la mesure touche 623 personnes, la majorité sont des travailleurs d’ArcelorMittal. - © BRUNO FAHY - BELGA

Les nouvelles mesures du gouvernement Michel sur les prépensions provoquent inquiétude et incompréhension au sein des 3 syndicats, CSC, FGTB et CGSLB. Depuis le 1er janvier, en effet, les travailleurs prépensionnés, doivent, comme tous les demandeurs d’emploi, être disponibles sur le marché du travail, et ce jusqu'à 65 ans.

La mesure concerne donc les travailleurs victimes de plans de restructuration ou de fermetures d'entreprises et qui sont prépensionnés, ce que l'on appelle aujourd'hui le régime avec complément d'entreprise (RCC).

Rester disponibles sur le marché du travail jusqu'à 65 ans implique des obligations : s'inscrire comme demandeur d'emploi, rechercher activement du travail, avec contrôle de l'ONEM, l'obligation d'accepter un travail jusqu'à 60 kms de son domicile. Obligation aussi de s’inscrire dans une cellule pour l’emploi et pas question non plus de séjourner plus de quatre semaines par an à l'étranger. "Une ineptie et une mesure stigmatisante", dénonce la CSC; "Du harcèlement" affirme la FGTB.

Mais ce qui inquiète aussi, c'est la rétroactivité de la mesure.

Résultat: les travailleurs prépensionnés ces dernières années d'ArcelorMittal, de Ford Genk ou de Caterpilar par exemple et qui n'ont pas atteint 60 ans fin 2014, sont eux aussi concernés.

A Liège, la FGTB a fait ses comptes : rien que parmi ses affiliés, la mesure touche 623 personnes, la majorité sont des travailleurs d’ArcelorMittal.

La colère gronde, l'inquiétude aussi. Les syndicats considèrent que pour ces travailleurs, il y a rupture de contrat. Et de citer les travailleurs de Ford Genk par exemple qui avaient choisi la prépension, en renonçant à une partie de leur indemnité de départ, mais avec la garantie de ne plus être considérés comme demandeur d'emploi. Aujourd'hui ils se sentent trompés.

Le dossier est sur la table des interlocuteurs sociaux. Patrons et syndicats ont pris l’engagement d’en discuter, le gouvernement n’a pas fermé la porte. En attendant le résultat de ces négociations, c'est le flou pour tous ces prépensionnés. "C'est la pagaille", avance même un responsable syndical.

MP Jeunehomme

 

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