Attentat du Musée juif: pas de report, le procès se poursuivra bien début janvier

Deux éléments importants sont à retenir de l'audience qui s'est tenue ce jeudi au Palais de justice de Bruxelles. D'une part, la demande de report de la défense est rejetée. Les débats sur le fond débuteront bien le 10 janvier. D'autre part, Mehdi Nemmouche a fortement insisté pour que les membres de sa famille ne figurent pas sur la liste des témoins. Cette demande est rejetée également. Ceux-ci devront donc comparaître devant la Cour et les jurés.

Retrouvez ci-dessous le fil des événements minute par minute.

14H30 : la prochaine étape de ce procès se déroulera le lundi 7 janvier. Les jurés seront tirés au sort dès 9h du matin.

14H27 : la présidente annonce qu'il n'y a pas de report de session, mais elle précise : "Je ne vais pas surcharger les premiers jours d'audiences, mais il reste tout de même trois semaines pour préparer ce procès".

14H23 : la présidente demande également un devoir quant à la présence d'experts de la Syrie et des discours de propagande. Ces experts devront informer la cour de la manière la plus synthétique et la plus pédagogique possible. Ces experts pourront être soumis aux questions de la cour et des jurés.

14H21 : Mounir Atallah fait partie de la liste des témoins. C'est également le cas de Didier François, Pierre Torrès, Edouard Elias et Nicolas Henin, les quatre journalistes pris en otage en Syrie. Parmi les témoins de moralité, on retrouve également les membres de la famille de Mehdi Nemmouche.

14H15 : la présidente lit l'arrêt de la Cour d'Assises. Mehdi Nemmouche écoute l'arrêt les bras croisés sur sa poitrine. Nacer Bendrer regarde la présidente, les mains croisées dans le dos.

La liste des témoins et l'ordre dans lequel ils seront entendus est lue par la présidente.

14H14 : l'audience reprend. Les accusés entrent dans la salle d'audience.

13H55 : l'audience va reprendre dans quelques minutes. Toujours sous haute surveillance. Le palais de justice de Bruxelles est passé en niveau 3 sur 4 sur décision de l'OCAM à l'occasion de ce procès. Chaque accès du palais est sécurisé. De nombreux policiers sont présents à l'intérieur et à l'extérieur.

Ces mesures de sécurité se justifient par la présence à l'audience des deux accusés : Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer. Le premier s'est exprimé à deux reprises ce matin. À chaque fois sur un ton calme et posé. Nacer Bendrer, quant à lui, est plutôt taiseux.

11H25 : les débats sont clos, l'affaire est mise en délibéré. L'arrêt sera prononcé à 14H.

11H24 : La présidente demande à Nacer Bendrer s'il souhaite ajouter quelque chose. "Je n'ai rien à ajouter".

11H20 : la présidente demande à Mehdi Nemmouche s'il souhaite ajouter quelque chose. Il demande à ce que les 6 membres de sa famille ne figurent pas sur la liste des témoins. Il dit une nouvelle fois avoir lu avec attention les PV des auditions. Selon lui, il n'y a rien de pertinent dans ces auditions. Il ajoute que les membres de sa famille ont une santé très fragile. "Ça va être extrêmement difficile pour eux tant sur le plan physique que psychologique." La présidente reprend la parole pour expliquer pourquoi ces personnes pourraient être convoquées. "Ils sont là pour dire qui vous êtes" précise-t-elle. "Ce ne sont pas sur les faits qui vous sont reprochés."

11H15 : Me Sébastien Courtoy reprend la parole. "L'homme derrière moi, ce qu'il risque, c'est de crever en prison pendant un demi siècle". Me Laquay, autre conseil de Mehdi Nemmouche, demande à ce que chacun oublie un instant ses vacances pour le bien de ce procès.

11H08 : Me Hirsh revient sur la demande de la défense à ce que les quatre journalistes pris en otage ne soient pas entendus. L'avocate du CCOJB s'oppose à cette demande de la défense de Mehdi Nemmouche. Il lui paraît primordial que le jury puisse entendre ces quatre journalistes. "Ils ont été détenus pendant des semaines, ils ont côtoyé Mehdi Nemmouche pendant des semaines, ils peuvent témoigner de ce qu'il a fait, dit et annoncé en Syrie, de sa personnalité, mais également d'autres geôliers qui se trouvaient en Syrie comme Najim Laachraoui, un des auteurs de l'attentat de Zaventem"

11H05 : un avocat de la partie civile souligne que Mehdi Nemmouche semble connaître parfaitement les pièces du dossier comme il l'a montré lorsqu'il a parlé de l'audition de sa grand-mère. L'avocat estime donc que la demande de report n'est pas justifiée. Il ajoute également que Mehdi Nemmouche a toujours refusé de collaborer à l'enquête. "Il est un peu gros de dire que la défense n'a pas eu suffisamment de temps pour se préparer alors qu'aucun signe de collaboration n'a été fait depuis 4 ans."

11H02 : la présidente de la Cour d'Assises permet aux parties civiles de s'exprimer après les différentes demandes de témoins. L'avocat de la famille Riva prend la parole. "Nous voyons que la défense veut faire passer les époux Riva pour des agents du Mossad. Ceux-ci étaient des comptables à la retraite qui faisaient un voyage pour leur anniversaire de mariage," précise-t-il. Il ne souhaite pas qu'une mauvaise image soit présentée au jury.

10H57 : le procureur fédéral : "On s'oppose formellement à la demande de report des avocats de la défense et plus particulièrement de l'avocat de Mehdi Nemmouche".

10H41 : le procureur fédéral reprend la parole pour répliquer quant aux différentes listes de témoins. Il affirme qu'il est important d'entendre les membres de la famille de Mehdi Nemmouche contrairement à ce qu'avançait Me Courtoy. Il pense également que c'est important d'entendre les 4 journalistes français retenus en otage en Syrie.

10H36 : c'est maintenant au tour de Gilles Vanderbeck, l'avocat de Nacer Bendrer, de faire connaitre sa liste de témoins. Il a repris ce dossier très récemment. Il demande à ce que des membres d'établissements pénitentiaires soient entendus. Sur le plan pratique, il explique qu'il a reçu un CD-Rom avec le dossier, mais ce CD-Rom est formaté pour un environnement Windows. Il ne travaille que sur Mac. Cela complique son travail.

10H34 : Me Laquay prend le relais. Il représente également Mehdi Nemmouche. "Le parquet a eu 7 mois et nous n’avons eu que deux mois et demi pour le faire, ce n'est pas juste". Il poursuit : "Qu'est-ce que c’est 15 jours dans un procès qui pourrait théoriquement mener à la perpétuité dans un quartier de haute sécurité ? Nous demandons que la justice soit irréprochable !"

10H28 : Me Courtoy demande un report de 15 jours du procès pour que les droits de la défense soient respectés. Nous ferons acter que nous reconnaissons l'équité de ce procès.

10H26 : Me Courtoy estime qu'on présente Mehdi Nemmouche comme un assassin vindicatif. "Mehdi Nemmouche est là pour que son innocence soit reconnue. On ne veut pas d'un simulacre de procès. Si tel est le cas, il se taira à jamais".

10H21 : Me Courtoy revient sur les analyses des images de surveillance qui ont été filmées la veille de l’attentat contre le musée juif. Des analyses ont été faites. Elles montrent des similitudes entre l’homme qui visite le Musée juif la veille de l’attentat et le tireur. Selon l’avocat, ces pièces ont été déposées en dernière minute. "Ce n'est pas sérieux de devoir étudier ces pièces en cinq jours d'autant que ces demandes d'enquête datent du mois de juin."

10H17 : Sébastien Courtoy termine avec deux demandes. D'une part, il demande à ce que le procureur fédéral ne soit pas aussi proche de lui. "Dès que je vais prendre note, le procureur fédéral sera au courant avant moi". La présidente coupe court et précise qu'on ne peut pas changer la configuration de la salle.

Sa seconde demande concerne les policiers qui entourent Mehdi Nemmouche. Ceux-ci portent des cagoules. Selon l'avocat, cela donne un mauvais signal au jury. "On va croire que c'est une bête féroce qui va aller les tuer dès qu'il sortira de prison". La présidente précise qu'elle rappellera aux membres du jury que la présomption d'innocence est toujours en vigueur.

10H15 : Sébastien Courtoy poursuit sa liste de témoins. Il demande à ce qu'un membre du journal israélien Haaretz soit entendu. Selon lui, cela devrait permettre au jury de mieux connaitre les époux Riva.

10H14 : Mehdi Nemmouche s'exprime sur la santé de sa grand-mère. Il dit que celle-ci a été fortement éprouvée lors de son audition. Il demande à ce qu'elle ne soit pas entendue, mais qu'on se contente de lire son témoignage. Il ajoute que ce témoignage est vide et peu pertinent.

10H09 : Me Courtoy ne veut pas faire de ce procès, un procès de l'émotion. Mehdi Nemmouche nous a donné mandat pour ne plaider que sur les faits et non pas sur sa jeunesse difficile ou sur les émotions. Son avocat explique que Mehdi Nemmouche souhaite protéger les membres de sa famille qui sont soit âgés, soit qui ont une santé fragile.

10H06 : Me Courtoy demande à entendre les frères et soeurs d'Alexandre Strens. Ceux-ci ont été entendus par les enquêteurs, l'avocat de Mehdi Nemmouche estime donc normal que le jury entende également ces personnes.

10H : Sébastien Courtoy, l'avocat de Mehdi Nemmouche, prend la parole pour définir sa liste des témoins. Me Courtoy ne s'oppose à la présence d'aucun témoin, mais en échange, il demande à ce que l'ambassadeur d'Israël à Bruxelles et l'ambassadeur d'Israël à Berlin soient entendus. Selon l'avocat Courtoy, cette demande pourra éclairer le pedigree des époux Riva. Me Courtoy souhaite également entendre le directeur du Mossad, les services secrets israéliens.

09H59 : l'avocat d'Annie Adam, la maman d'Alexandre Strens, une des victimes, demande à ce que des membres de la famille d'Alexandre Strens ne soit pas entendu. Il s'agit d'une demande des avocats de Mehdi Nemmouche.

09H58 : Me Hirsch est l'avocate du CCOJB. Elle souhaite que les 4 journalistes otages en Syrie soient entendus. Mehdi Nemmouche serait leur geôlier, ces journalistes pourraient donc apporter un éclairage particulier. Elle souhaite aussi faire entendre le président du CCOJB ainsi qu'un professeur d'université.

09H51 : l'avocat de la famille Sabrier demande à ce que les enfants de la victime ne soient pas entendus en tant que témoins. Ces derniers n'étaient pas présents au moment des faits, leur avocat demande donc à ce qu'ils ne soient pas inclus dans la liste des témoins. Un des enfants habite à Singapour, l'autre en Suisse. Selon leur avocat, ces éléments viennent renforcer sa demande. La présidente précise que les frais d'avion doivent être avancés par la famille, mais seront remboursés par la justice. L'avocat précise que les enfants de Dominique Sabrier ne souhaitent pas que leurs visages apparaissent dans les médias.

9H48 : autre partie civile, la famille Riva : les avocats demandent à entendre quatre témoins. Parmi eux, il y a trois personnes qui ont vu les Riva quelques minutes avant leur assassinat. Les avocats demandent également à entendre le président du Consistoire israélite pour expliquer comment se déroule la vie au sein de la communauté juive de Belgique.

9H47 : Unia souhaite entendre le professeur de l'ULg Jérôme Janin pour statuer sur le caractère antisémite des faits.

9H44 : le procureur fédéral demande à ce que les quatre journalistes français pris en otage et qui auraient été en contact de Mehdi Nemmouche, soient entendus. Le procureur fédéral demande également à ce que des membres de la famille de Mehdi Nemmouche soient entendus ainsi que les parents de Nacer Bendrer.

9H40 : le procureur fédéral donne sa liste de témoins. Il y a des voisins du musée juif, mais aussi des membres des forces spéciales qui sont intervenus le jour de l'attentat. Il y a également des personnes qui ont côtoyé Mehdi Nemmouche. Le procureur fédéral demande également à entendre Atallah Mounir. Il a été longuement entendu au début de l'enquête, mais n'a pas été inculpé. Le procureur fédéral n'exclut pas l'idée d'entendre des membres d'établissements pénitentiaires fréquentés en France par Mehdi Nemmouche.

9H32 : la liste des témoins est examinée. C'est le but de cette audience technique. Les débats sur le fond commenceront réellement le 10 janvier.

9H20 : La présidente poursuit avec la liste des parties civiles. Il y a l’association française des victimes de terrorisme. Il y a également UNIA, le centre interfédéral pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations.
Le CCOJB, le Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique, est également partie civile. C'est aussi le cas de l'ASBL du Musée juif.

9h15 : Nacer Bendrer entre en premier dans la salle d’audience. Suivi par Mehdi Nemmouche. La présidente demande aux deux accusés s’ils acceptent d’être filmés. Les deux refusent. Nacer Bendrer porte un pull de sport gris. Mehdi Nemmouche est lui habillé tout de noir. Aucun des deux ne porte de barbe.

La présidente demande à chaque accusé de se présenter. Prénom, nom, âge, adresse ainsi que noms de leurs avocats.

9H13 : L’audience débute.

8H22 : les deux accusés sont arrivés au palais de justice en voiture blindée et banalisée.

Une première audience a lieu ce jeudi à partir de 09h00 dans le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique, devant la cour d’assises de Bruxelles. Toutes les parties seront présentes pour établir la liste des témoins. Les deux accusés, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, sont arrivés en voiture blindée et banalisée vers 08h30.

En début de séance, les deux accusés ont précisé à la présidente qu'ils refusaient d'être filmés.

Assassinats à caractère terroriste

Dès le 10 janvier prochain, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer seront jugés pour quatre assassinats à caractère terroriste, commis le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, rue des Minimes à Bruxelles.

Toutes les parties sont rassemblées devant la cour d'assises de Bruxelles, pour proposer les témoins qu'elles souhaitent faire entendre pendant le procès. La cour, présidée par Laurence Massart, établira alors la liste finale des témoins ainsi que le programme complet des débats, jour par jour.

Les deux accusés sont assistés de leurs avocats : Me Sébastien Courtoy, Me Henri Laquay et Me Virginie Taelman défendent Mehdi Nemmouche. Me Gilles Vanderbeck et Me Julien Blot défendent, eux, Nacer Bendrer.

Du côté de la partie civile, le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) sera représenté par Me Michèle Hirsch et l'Association Française des Victimes du Terrorisme par Me Guillaume Lys. "Je suis là pour les 4 victimes. Je viens les représenter avec mon avocat", a déclaré Philippe Blondin, le directeur du Musée juif au moment des faits, en arrivant devant le Palais de Justice.

Pour Me Michèle Hirsch, "C’est un procès historique. C’est le premier attentat, avant Charlie Hebdo, avant l’hypercasher, avant le 13 novembre et le 22 mars. C’est très important pour nous". 

Le Centre interfédéral pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme et les discriminations (Unia) est également représenté, tout comme les familles des quatre victimes.

Tirage au sort des jurés le 7 janvier

Les parties se retrouveront ensuite à nouveau devant la cour d'assises le 7 janvier prochain à 09h00 pour le tirage au sort des jurés. Deux cents citoyens sont appelés et vingt-quatre d'entre eux seront choisis (12 jurés effectifs et 12 jurés suppléants).

Puis, le 10 janvier prochain à 9h00 débuteront les débats mêmes, prévus pour six à huit semaines.

Jeudi, d'importantes mesures de sécurité seront déjà mises en place pour la tenue de ce procès au palais de justice de Bruxelles. Toute personne souhaitant accéder à la salle de la cour d'assises pour cette audience publique devra se soumettre à un premier contrôle de sécurité au bas de l'escalier extérieur menant à cette salle. Elle devra ensuite passer un second contrôle (détecteur de métaux) à l'entrée même de la salle. Par ailleurs, aucun appareil électronique (GSM, ordinateur, etc.) n'y sera autorisé.

Également, plusieurs rues autour du palais de justice seront fermées à la circulation. Le parking situé devant le bâtiment sera lui aussi fermé.

Dans ce procès, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français de respectivement 33 et 30 ans, sont accusés d'être auteurs ou co-auteurs de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles.

Elle avait coûté la vie à quatre personnes : Emmanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier, une bénévole du musée et Alexandre Strens, un employé du musée.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK