PP: évincé, Rudy Aernoudt demande des élections internes

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C'était une information RTBF ce lundi après-midi : la confiance est rompue entre Rudy Aernoudt et Mischaël Modrikamen. Le bureau politique s'est réuni ce lundi en fin d'après-midi et la décision a été prise : Rudy Aernoudt est exclu du parti.

Moins d'un an après la création du PP, le 26 novembre 2009, celui-ci se voit l'un de ses deux fondateurs être exclu du parti.

Ce n'était plus un parti, mais deux clans. Et ce soir, il ne devait en rester qu'un. Rudy Aernoudt a été évincé du Parti populaire après un vote clair : 14 membres, sur les 18 qui composent le bureau, ont voté pour l'éviction de Rudy Aernoudt.

La faute au débat sur les Roms ? L'affaire serait plus complexe. Cependant, le timing laisse perplexe : aujourd'hui, Rudy Aernoudt a fait savoir à l'agence Belga qu'il était scandalisé par les propos racistes de son collègue Laurent Louis. Selon lui, le député ne respectait pas la charte des valeurs du parti.

Selon l'aile Modrikamen, ce n'est pas cette prise de position de Rudy Aernoudt qui serait à l'origine de la rupture. La confiance serait brisée depuis plus longtemps et pour d'autres raisons. Le président du PP accuse son homologue flamand d'avoir tenté de l'évincer et d'avoir tenu des propos flirtant avec l'antisémitisme. Pour Mischaël Modrikamen, Rudy Aernoudt a "voulu être khalife à la place du khalife". De son côté, Rudy Aernoudt s'indigne de ses accusations qu'il considère comme un comble.

Le Parti Populaire n'avait qu'un seul député ; désormais il n'a plus qu'un seul président. Pour le moment.

Réaction du principal interessé

Rudy Aernoudt qui estime qu'un bureau de parti n'est pas compétent pour évincer, seul, un co-président de ses fonctions. Il demande des élections internes, que l'ensemble des membres du parti soit appelé à élire le ou les président(s) du parti. Il ne change toutefois pas de position, il estime toujours que les propos de Laurent Louis sur les roms flirtent avec le racisme.

La co-présidente de la section jeunes du Parti populaire Nathalie Noiret, par ailleurs suppléante à la Chambre de l'unique député du PP Laurent Louis, a dénoncé lundi soir la "prise en otage" du bureau du parti par les partisans de Mischaël Modrikamen et réclamé l'invalidation de l'éviction du co-président Rudy Aernoudt.
Des personnes convoquées à ce bureau ne font pas partie du bureau officiel, assure-t-elle.
En outre, la décision de passer d'un système de co-présidence à un système de présidence unique aurait dû être soumise au vote de l'ensemble des
membres du parti en ordre de cotisation, ce qui n'a pas été le cas, ajoute-t-elle.
Pour Nathalie Noiret, qui a condamné les propos de Laurent Louis à l'égard de la politique du président français Nicolas Sarkozy vis-à-vis des roms, à l'instar de ce qu'a fait lundi Rudy Aernoudt, "la véritable raison de l'éviction du co-président néerlandophone est le virage idéologique qu'entend effectuer le parti. La motivation réelle n'est plus de constituer un parti fédéral, mais bien un parti exclusivement francophone dont le but serait de défendre les francophones de Bruxelles en les dotant d'une constitution propre. Or la Belgique fédérale rénovée constitue précisément la raison d'être du parti", commente Nathalie Noiret.

Johanne Montay, HM et Belga

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