Pourquoi les moustiques sont moins nombreux cette année?

Un bourdonnement près de nos oreilles... Et c'est trop tard, la sensation de démangeaison est parfois déjà là. L'été est synonyme de vacances, de cocktails sur la plage, mais aussi de piqûres de moustiques.

Cette année, avec les fortes chaleurs, on pourrait penser que les moustiques sont plus nombreux. En réalité, c'est tout le contraire. On observe une nette diminution de leur présence dans notre pays. Pourquoi?

Un problème de reproduction

Il existe deux périodes différentes dans la vie des moustiques : la première correspond à la période aquatique qui est celle des développements des larves et des nymphes. La seconde, plus aérienne, pendant laquelle l'adulte vole et s'accouple. Deux facteurs sont donc indispensables pour que le moustique se plaise et prolifère : une eau stagnante et une température minimum. Les oeufs ont eux besoin d'une température minimum de 20° C pour éclore.

Cet été, nous ne sommes pas les seuls à ressentir les fortes chaleurs. Même les moustiques en souffrent, ce qui explique leur nette diminution : " A cause de la sécheresse, il y a moins d'eau et donc moins de ponte puisque la larve se développe dans de petites quantités d'eau (pots de fleurs, sceaux, réserves d'eau,...). Il y a donc moins de moustiques sauf pour ceux qui habitent à proximité d'une zone humide ou d'une réserve non couverte. Bien souvent, ce sont nos comportements qui attirent les moustiques car une eau non couverte est un paradis pour les insectes", nous explique Thierry Hance, professeur de biologie à l'Université Catholique de Louvain.

Source d'allergie

C'est grâce à sa trompe fine (le stylet) que le moustique est capable de nous piquer. En aspirant notre sang, il nous injecte un anticoagulant et nous transfère par la même occasion, de nombreuses bactéries. Mais chez certaines personnes, une piqûre de moustique peut avoir de lourdes conséquences : "La vraie allergie au moustique est rare même si elle existe dans la population. Elle peut même parfois amener à des réactions très sévères, qui peuvent, dans certains cas engager le pronostic vital. En cas de piqûres allergiques, il est recommandé de prendre un antihistaminique et selon l'étendue des dégâts, de l'appliquer de manière locale ou en injection. Il existe des peaux qui sont plus fragiles que d'autres et des facteurs de risques chez les enfants et les personnes immunodéficientes. Ces groupes risquent des réactions plus sévères à la piqure de moustique", nous raconte Olivier Michel, allergologue au CHU Brugmann.

De petits moyens simples peuvent cependant aider à ne pas se faire piquer comme éviter d'ouvrir les fenêtres en soirée, ou porter des vêtements longs à proximité de zones d'eau.

Apparition de nouvelles espèces

Il semblerait que le moustique le plus fréquent en Belgique, le Culex pipiens, ait de la concurrence puisque de nouvelles espèces sont observées à nos frontières : "Il y a le moustique tigre, souvent présent dans les régions de Montpellier, Nice, Cannes et de la Côte d'Azur, qui remonte de plus en plus. On l'observe notamment aujourd'hui dans le bassin parisien. Ensuite, le moustique japonais originaire d'Allemagne ou de Suisse et responsable du virus du Nil occidental  , qui lui aussi été aperçu", ajoute Thierry Hance, professeur de biologie à l'Université Catholique de Louvain.

Ces arrivées sont causées non seulement par le réchauffement climatique mais également à cause du commerce de pneus importés, dans lesquels des oeufs de moustiques sont parfois retrouvés.

Pourquoi les moustiques piquent-ils ?

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