Pourquoi les syndicats soutiennent la grève pour le climat: "Il y a deux urgences, sociale et climatique"

Pourquoi le syndicats soutiennent la grève pour le climat
Pourquoi le syndicats soutiennent la grève pour le climat - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les trois grands syndicats du pays se joignent à l'appel à la grève pour le climat de ce vendredi 15 mars. Des représentants de la CSC, de la FGTB et de la CGSLB seront présents au sein de la marche qui démarre à 13 heures 30 de la gare du Nord à Bruxelles.

La CSC et la FGTB couvriront les travailleurs qui décident de quitter le travail pour participer à la manifestation. La CGSLB encourage ses affiliés à s'y joindre. En revanche, le syndicat libéral ne versera pas d'indemnité de grève aux travailleurs qui viendront à la manifestation.

Différentes organisations syndicales européennes ont également fait part de leur soutien au mouvement. La Confédération européenne des syndicats déploie aujourd'hui une bannière proclamant :"Pas d'emploi sur une planète morte, les travailleurs soutiennent l'action pour le climat". 

Cette phrase est le leitmotiv de l'engagement syndical pour le climat. La CSC, la FGTB et la CGSLB défendent, en fait, le concept de la "transition juste". 

La transition juste

"Il y a deux façons d'opérer la transition", explique François Sana, représentant de la CSC au sein de la coalition climat. "On peut faire payer la transition aux travailleurs. Mais on peut aussi faire payer la transition en fonction des moyens dont on dispose en la faisant reposer sur ceux qui ont les épaules les plus solides, comme les grandes entreprises. C'est le concept de la transition juste."

Robert Vertenueil, président de la FGTB manifestera dans les rues de Bruxelles. "Nous disons depuis longtemps qu'il y a deux urgences: l'urgence sociale et l'urgence climatique. On ne résoudra pas l'un sans résoudre l'autre."

Robert Vertenueil admet que "les jeunes portent aujourd'hui ce message de manière plus fraîche, plus visible. Mais leur combat est au cœur de notre propre combat syndical".

Du côté de la CGSLB, Olivier Valentin, Secrétaire national, explique être en accord total avec les revendications des marches pour le climat. "Mais nous ne sommes pas coorganisateurs car nous ne souhaitons pas récupérer ce mouvement initié par les jeunes. Nous ne serons pas en tête de cortège."

Une autre conception de la grève

Si le soutien syndical est total, le terme de "grève pour le climat" ne revêt toutefois pas le sens classique admis dans les rangs syndicaux. Les syndicats considèrent la grève comme une arme de négociation, avec des revendications et une feuille de route claires. 

"On n'est pas dans le cadre d'une grève classique", reconnaît François Sana de la CSC. "Les syndicats n'ont pas le monopole de la contestation sociale."

Pour Olivier Valentin, de la CGSLB, "il y a une utilisation du mot grève qui ne correspond pas à ce que l'on entend généralement côté syndical. On n'est pas dans le cadre d'une négociation classique. C'est pourquoi la CGSLB n'a pas déposé de préavis de grève. Le concept de grève s'est élargi avec le temps. Ici c'est une façon d'attirer l'attention sur une série d'actions pour le climat."

Quatre centrales de la FGTB ont déposé un préavis de grève selon Robert Vertenueil, président de la FGTB. "Chaque centrale a choisi le mode d'action qui permettait le meilleur soutien au mouvement. Certaines centrales ont privilégié des actions de sensibilisation à la cause climatique en entreprise.

 

 

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