Pourquoi la FGTB organise-t-elle une manifestation nationale à Bruxelles ce vendredi ?

Ce vendredi 24 septembre, la FGTB organise une manifestation nationale à Bruxelles. Le but est de réclamer une révision de la loi de 1996 qui fixe la marge salariale. 

Les négociations entre partenaires sociaux pour la conclusion d’un accord interprofessionnel 2021-2022 ont bloqué sur la norme salariale. Syndicats et patrons ne sont pas parvenus à s’entendre sur cette norme évaluée à 0,4% par le Conseil Central de l’Economie. Pour les syndicats, dont la FGTB, le calcul de cette norme constituait un carcan. Ils auraient voulu en sortir en obtenant des hausses de salaire plus importantes dans les secteurs épargnés par la crise du Covid. La loi de 1996 qui fixe la marge salariale a rendu cela impossible.

La FGTB fait de la révision de cette loi une condition sine qua non pour accepter de négocier le futur accord interprofessionel 2023-2024.

Contre une loi de 1996, revue en 2017 qui, selon la FGTB, ne laisse plus de marges de négociation

"La loi sur la marge salariale écrase nos salaires", c’est par ce slogan que la FGTB appelle ses affiliés à manifester dans la capitale. Mais d’où vient cette loi ? Intitulée "loi relative à la promotion de l’emploi et à la sauvegarde préventive de la compétitivité", elle a été instaurée en 1996, à l’ère du Gouvernement Dehaene II. L’idée était de faire coller l’évolution des salaires en Belgique à celle observée dans les pays voisins, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France, où se situaient les principaux concurrents des entreprises belges.

En 2017, le gouvernement Michel avait décidé d'adapter la loi de 1996 en y intégrant des corrections automatiques puisqu’un certain handicap salarial par rapport aux pays voisins avait été enregistré, malgré la loi de 1996.

Ce sont ces corrections automatiques qui aujourd’hui posent problème aux syndicats et à la FGTB en particulier, car l’automatisation du calcul de la marge salariale ne laisse plus vraiment de place à la négociation. "Il y a par ailleurs deux coefficients supplémentaires qui ont été ajoutés à la formule et qui diminuent encore au minimum d’un demi-pourcent le résultat final. On a déjà un résultat qui est très faible. Et puis on a une marge de sécurité qui nous est imposée et qui diminue encore le résultat de 0,5% C’est pour ça qu’on se retrouve toujours avec des marges faméliques", explique Thierry Bodson, le Président de la FGTB.

La FGTB réclame qu’on revienne au moins à la situation d’avant 2017

Interrogé par la RTBF, le Président de la FGTB, Thierry Bodson, rappelle que la position de la FGTB est qu’il faut modifier la loi et "au moins revenir à ce qu’elle était avant les modifications du gouvernement de Charles Michel" et même, "amener deux ou trois corrections supplémentaires". Pour la FGTB, la marge salariale devrait être "indicative".

Le problème, estime Thierry Bodson, c’est que la norme salariale est "contraignante". L’augmentation de 0,4% prévue dans le cadre de l’accord interprofessionnel 2021-2022 ne pourra pas être plus élevée. "Lorsqu’il y a un dépassement de la norme, il y a même des sanctions qui sont prévues. Donc aucun employeur ne va dépasser la norme. Quand bien même il en aurait l’intention, il ne peut pas le faire", explique Thierry Bodson.

Pour le Président de la FGTB, il est urgent d’adapter la loi actuelle sur la norme salariale. "On va connaître pour 2021-2022 une croissance cumulée de l’ordre 8 à 9% et si la loi de 1996 n’est pas modifiée, on va nous présenter une norme de 1 ou 2%. Cela, c’est un blocage des salaires et nous sommes incapables de retourner devant les travailleurs et de leur présenter un tel résultat".

La FGTB menace de ne pas négocier le prochain accord interprofessionnel 2023-2024

Et la FGTB prévient déjà, si la loi de 1996 n’est pas modifiée, "la FGTB ne négociera pas un accord interprofessionnel 2023-2024. On le dit dès à présent, on ne prend personne de court", avertit Thierry Bodson.

Il souligne qu’économiquement, cette loi "n’a pas de sens", car elle impose la même norme salariale dans tous les secteurs. "Dans notre économie et encore plus dans le cadre de la reprise post-Covid, la santé économique d’un secteur n’est pas celle de l’autre. Le secteur pharmaceutique va engranger très certainement des bons résultats, d’autres secteurs vont aller moins bien et on impose exactement la même norme à tous les secteurs. Cela n’a rigoureusement aucun sens", argumente Thierry Bodson.

Des perturbations attendues dans la capitale

La manifestation nationale organisée à l’appel de la FGTB à Bruxelles devrait avoir des répercussions sur la mobilité dans la capitale. Le rassemblement est prévu à 10h30 à la gare du Nord. De là, le cortège partira à 11 heures.

L’itinéraire suivi par les manifestants empruntera le boulevard Roi Albert II, le Boulevard du Jardin Botanique. Les manifestants bifurqueront au Boulevard Pacheco pour passer devant le siège de la Banque Nationale de Belgique. lls prendront ensuite la direction du boulevard de l’Empereur et du siège du PS, descendront la rue des Alexiens pour rejoindre le boulevard Maurice Lemonnier et prendre la direction de la Gare du Midi, où aura lieu la dislocation à 16 heures.

Outre les embarras de circulation que devrait engendrer la manifestation, des perturbations sont attendues du côté des transports en commun. "Des fortes perturbations au niveau de la circulation des trams, bus et métros sont attendues en raison de la participation d’une partie du personnel de la STIB", communique la STIB sur son site web, invitant les voyageurs à prendre toutes les précautions nécessaires et à s’organiser en conséquence dans la mesure du possible.

Accord interprofessionnel: JT 08/06/2021

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