Flandre: pourquoi la députée Sihame El Kaouakibi (Open VLD) est-elle au cœur d'une tempête médiatique ?

La députée flamande et entrepreneuse Sihame El Kaouakibi fait la une des journaux télévisés en Flandre. La raison ? Elle est à la tête de l’académie Let’s Go Urban sur laquelle des soupçons d’irrégularités financières planent après la démission de trois administrateurs. Un audit externe est en cours et la ville d’Anvers lance une enquête.

Let’s Go Urban Academy est un projet qui propose aux jeunes Anversois en difficulté des activités parascolaires comme la danse, le sport ou le multimédia. Ces dernières années, la ville d’Anvers a largement soutenu l’asbl Let’s Go Urban : 150.000 euros en 2014, 2015, 2016 et 254.000 euros en 2017 et 2018.

En plus de cette somme, l’asbl a aussi reçu 1.400.000 euros de subventions pour la rénovation d’un bâtiment dans le quartier de Kiel, dans le sud d’Anvers.

Démissions suivies d’un audit

Trois administrateurs de l’asbl viennent de présenter leur démission car il leur a été impossible de remplir leur rôle de supervision. Dans leur lettre de démission, ils parlent de rupture de confiance avec les autres administrateurs. "Toute collaboration future est dès lors devenue impossible", rapporte la VRT.

Les anciens administrateurs de Let’s Go Urban pointent un manque de transparence. Ils estiment qu’ils ne savent pas à quoi sert une partie des subsides. Il ressort par ailleurs d’un audit effectué l’année passée une "zone grise de 340.000 euros".

La ville d’Anvers a ouvert une enquête sur l’utilisation des subsides accordés à l’académie : elle veut savoir si les quelque centaines de milliers d’euros de subventions ont été utilisés correctement.

Après les trois démissions, le juge du tribunal de commerce d’Anvers a par ailleurs nommé un administrateur provisoire. Il surveillera les opérations quotidiennes pendant les trois prochains mois et assurera en même temps le suivi d’une enquête sur les flux d’argent.

Sapage de réputation

De son côté, Sihame El Kaouakibi est surprise par la nomination d’un administrateur provisoire. Elle parle d’un "sapage de réputation par certains opposants qui tentent de la déstabiliser depuis un certain temps".

La jeune entrepreneuse affirme dans un communiqué envoyé à la VRT qu’elle a elle-même demandé un audit, "afin de démontrer son honnêteté". Selon elle, la démarche actuelle montre que ses opposants n’agissent pas dans l’intérêt de Let’s Go Urban. "Or, je ne peux pas accepter cela", conclut-elle.

Impact politique ?

Let’s Go Urban a connu un grand succès ces dernières années : l'académie a proposé des programmes de formation pour environ 1000 jeunes chaque semaine. Les engagements de Sihame El Kaouakibi pour soutenir les jeunes des difficultés et pour obtenir une plus grande diversité sur le lieu de travail sont salués par beaucoup en Flandre.

Novice en politique, elle n’hésite pas à s’opposer aux directives de l’Open Vld, qui se trouve dans la majorité flamande. En juin 2020, elle avait notamment appelé, contre l’avis de son parti, à soutenir l’une des propositions de l’opposition visant à introduire des tests contre les discriminations.


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Même si la présomption d’innocence prévaut, cette affaire risque d’entacher la réputation de cette jeune entrepreneuse arrivée en politique lors des dernières élections régionales.

Son parti, l’Open Vld, réagit avec prudence pour l’instant. Il estime qu’il faut tenir compte de la présomption d’innocence et il ne prendra des mesures que lorsque les éventuels faits reprochés seront avérés.

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