Pour Rudi Vervoort, la N-VA profite des émeutes à Bruxelles pour faire campagne

Rudi Vervoort, invité de Matin Première, estime qu'on essaie de stigmatiser Bruxelles.
Rudi Vervoort, invité de Matin Première, estime qu'on essaie de stigmatiser Bruxelles. - © RTBF

Le ministre-président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort, était l'invité de Matin Première ce vendredi pour réagir aux critiques suite aux échauffourées qui ont émaillé le centre de Bruxelles samedi et mercredi soir

L'homme, qui est aussi bourgmestre empêché de la commune d'Evere, estime que l'on stigmatise un peu trop facilement Bruxelles : "Qu'il n'y ait pas de place pour les casseurs, je partage bien évidemment ce constat", dit-il. "Maintenant, moi ce qui m'étonne, c'est toujours l'agenda et le timing. Il y a eu un certain nombre d’événements à Anvers ces dernières semaines, importants aussi, des émeutes à Anvers avec plusieurs policiers blessés. On n'a rien entendu !"

Et d'ajouter : "Il se passe quelque chose à Bruxelles, certes condamnable, et du coup, subitement, on remet tout en question, on dit que cela ne va pas, la Flandre doit reprendre la main sur Bruxelles, 'ils ne s'en sortent pas'. Alors que, en réalité, quand on fera le débriefing des événements, on se rendra compte que c'est passé au travers des écrans radars tout simplement parce que cela n'a pas été anticipé, cela n'a pas été vu. Ca, c'est des choses qui arrivent, c'est la faute à une certaine forme de fatalité. Le tout c'est que l'on soit en capacité de répondre au moment même, et ça, ça a été le cas".

Deux poids deux mesures

La réaction du SLFP (le syndicat libre de la police) affirmant que "la politique de 'ce sont nos électeurs de ces 20 dernières années' a clairement failli", "ça c'est n'importe quoi !", affirme Rudi Vervoort.

"Ce sont précisément ces casseurs-là qui nuisent à l'image, qui stigmatisent", précise le ministre-président bruxellois. "Franchement, on est avec une population qui vit des difficultés qui ne demande qu'une chose, c'est vivre en paix, paisiblement et qui se retrouve stigmatisée en permanence. On a connu ça avec les attentats. Maintenant, on connaît ça de manière régulière. Quand ce sont les hooligans qui débarquent à Bruxelles pour contrer les commémorations à la Bourse, là, pas de soucis, ils peuvent casser tous les boulevards du centre, là, cela ne pose pas problème !".

Et quand on lui fait remarquer qu'à l'époque, il y a aussi eu des réactions, il rétorque : "Oui, mais pas à la hauteur de celles que l'on connaît aujourd'hui, qui remettent en question notre modèle de vie".

Pour le socialiste, il y a deux poids deux mesures et une certaine "volonté de ne pas améliorer le cadre policier" à Bruxelles alors qu'il faut "réinvestir" dans la justice et dans la police ("il manque 500 policiers à Bruxelles").

La N-VA en campagne

Pour Rudi Vervoort, au lieu de stigmatiser il faudrait peut-être se "poser la question d'une meilleure coordination"

Mais il y a en Flandre, selon lui, une volonté de maintenir cette image négative. C'est ce que fait le ministre de l'Intérieur Jan jambon quand il affirme que ce qui s'est passé à Bruxelles "ce sont les symptômes d'un cancer qui, si nous ne l'arrêtons pas maintenant, continuera à ronger notre société et provoquera des dégâts irrémédiables"

"Ce qui vient de se passer ici, ces deux séquences-là, c'est le lancement de la campagne électorale qui a démarré dans le chef de la N-VA. Ca, il serait peut-être temps que certains en prennent conscience !", déclare le ministre-président de la Région bruxelloise.

Les propos de Jan Jambon sont "conformes à un électorat qu'il veut séduire, y compris à Bruxelles avec des slogans. C'est comme Theo Francken (le secrétaire d'Etat N-VA à l'Asile et aux Migrations, ndlr), cela participe d'une même stratégie"

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