Pour rouvrir, restaurants et salles de sport devront mesurer le taux de Co2, mais ils ne savent toujours pas comment

A partir du 9 juin, les activités pourront reprendre dans des lieux fermés tels que les restaurants ou les salles de sport et de fitness. Pour rouvrir, ces établissements devront avoir une ventilation correcte. Ils devront aussi mesurer la concentration de Co2 à l’intérieur. Cette mesure devra être visible. A trois semaines de la réouverture, les inconnues restent nombreuses.

Une règle annoncée lors du dernier Comité de concertation

A l’issue du dernier Comité de concertation qui a autorisé, sous conditions, la réouverture de plusieurs secteurs d’activité dont l’Horeca et les salles de fitness et de sport à partir du 8 juin, le Premier ministre, Alexander De Croo avait précisé qu’il y aurait, à l’intérieur des établissements Horeca, "une obligation d’avoir un système de mesure visible" pour connaître la teneur en CO2 de l’air et vérifier si l’établissement respecte les normes en vigueur. "Il y aura des contrôles", avait averti Alexander De Croo.

Selon ce qu’avait expliqué le Premier ministre, dans une première phase, il devrait s’agir de contrôles bienveillants, pour "coacher" les responsables des établissements Horeca. Ensuite, il y aurait la possibilité, si les règles ne sont pas respectées de sanctionner, avec fermeture de l’établissement à la clef.

C’est le flou pour savoir ce que devront faire les établissements pour être en ordre

A un peu plus de trois semaines du 8 juin, la date annoncée pour la réouverture des cafés, restaurants, salles de sport et de fitness, c’est encore le flou qui règne lorsqu’il s’agit de savoir ce que les établissements de ces secteurs devront mettre en œuvre pour respecter les règles fixées.

A part la communication faite par le Premier ministre après le Comité de concertation du 11 mai, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent.

Quel type d’appareil les responsables des établissements devront-ils acquérir ? Où devront être installés les appareils de mesure du Co2 ? Du côté du gouvernement, on confirme qu’un arrêté est en cours de finalisation. Il devrait être prêt à la fin de cette semaine et serait publié au Moniteur belge pour la fin du mois de mai. Cela laisserait une dizaine de jours aux exploitants de bars, cafés, restaurants, salles de sport et de fitness pour s’équiper et se mettre en conformité avant la réouverture.

Contactés, les SPF Santé, Economie et Emploi n’ont pas plus de précisions à apporter à ce stade.

Pour le taux de Co2 maximal à l’intérieur d’un établissement, c’est la norme de 900 ppm qui est avancée. On peut faire le parallèle avec les salons de coiffure. A ceux-ci, il avait été conseillé de travailler portes et fenêtres ouvertes, sauf s’ils s’équipaient d’un détecteur de Co2. S la concentration en Co2 dépassait les 800 ppm, il fallait ouvrir portes et fenêtres pour renouveler l’air. Dans le cas des bars, restaurants et autres établissements intérieurs qui rouvriront le 8 mai, que les portes et fenêtres soient fermées ou pas, le détecteur de Co2 sera obligatoire.

Dans l’Horeca, on est prêt à investir mais on attend les directives

Sur le terrain, les exploitants des établissements qui auront à se mettre en conformité avec cette obligation de mesurer le taux de Co2 attendent. Comme l’explique Hubert de Bellefroid, restaurateur et administrateur de la Belgian Restaurants Association, on est "dans le flou total, on reçoit les informations au compte-goutte, on ne sait pas à quels saints se vouer".

Alors qu'ils ne savent toujours pas de quel matériel ils devront s’équiper, certains restaurateurs s'agacent.  "C’est encore un investissement qui ne va servir à rien. On l’a vu chez les coiffeurs. Pourquoi ce qui n’a pas marché chez les coiffeurs va être imposé à l’Horeca ? On est déjà dans des situations hyper compliquées", réagit à chaud un restaurateur montois interrogé par la RTBF. "Je ne sais plus investir. Je n’ai plus d’argent. Il faut arrêter de demander à l’Horeca d’acheter des plexis puis de ne plus les mettre. On a fait l’an passé un investissement en panneaux, on a fait un investissement dans le sens où, on a dû retirer des tables. Donc, c’est terminé, je ne ferai plus d’investissements", poursuit, dépité, ce restaurateur.

Une autre question essentielle se pose : ces établissements pourront-ils être prêts à temps pour le 8 juin ? Les équipements à installer seront-ils suffisamment de stock ? Et combien cela coûtera-t-il ? La crainte est réelle de ne pas être en ordre pour la date officielle de réouverture.

Une possibilité plus coûteuse : les installations de désinfection de l’air

Outre la mesure du CO2 et le renouvellement de l’air par simple ouverture des portes et fenêtres, il est aussi possible de se tourner vers des installations de filtrage et de désinfection de l’air.

Si le coût d’un appareil de mesure du taux de Co2 dépasse rarement les 300 euros, d’autres équipements sont plus coûteux. "Les premières informations que j’ai reçues de certains producteurs, c’est qu’il sera difficile de produire dans un laps de temps si court, mais on en arrive à une moyenne pour des appareils qui devront être agréés à environ 1500 euros par appareil", explique Hubert de Bellefroid dont l’établissement composé de plusieurs salles nécessiterait l’installation de plusieurs appareils.

Précisions qu’à ce stade, depuis le dernier Comité de concertation, il n’y a pas d’obligation pour les exploitants de cafés, bars, restaurants et salles de fitness d’installer de tels appareils de désinfection ou purification de l’air. Mais du côté des autorités, certains l’ont recommandé, comme ce week-end, dans les colonnes de Sud Presse, le commissaire Corona, Pedro Facon qui expliquait vouloir encourager ces technologies.

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, vient de signer un arrêté ministériel qui fixe les règles de mise sur le marché des systèmes de purification de l’air dans les lieux publics, hors usages médicaux. Le texte entrera en vigueur à la fin du mois.

Concrètement, l’arrêté interdit les systèmes qui présentent un risque pour la santé – comme les lampes UVC à rayonnement direct et les produits qui génèrent de l’ozone, qui ionisent l’air ou qui utilisent du plasma froid – et définit les normes qui doivent être respectées.

Des informations qui arrivent à point pour les responsables d’établissements qui envisageraient d’investir dans des installations de purification et d’assainissement de l’air.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK