Pour Pierre-Alain De Smedt (FEB), "le gouvernement fait bien son job"

La grève des bagagistes de Swissport qui se termine à Zaventem allait-elle trop loin, avec Melchior Wathelet qui a menacé de réquisitionner une partie du matériel et d’interdire le tarmac aux grévistes ? Est-ce le rôle de l’État de briser une grève, a demandé Bertrand Henne à son invité. Pour Pierre-Alain De Smedt, "il était essentiel d’éviter que le chaos s’installe et que la grève porte préjudice à l’image du pays. Il fallait aussi que les négociations démarrent rapidement, ce qui s’est fait. Dès mercredi soir on était quasiment à un accord."

La question d’un service minimum se repose. Pierre-Alain De Smedt s’est déclaré en faveur de cette mesure, car selon lui, si "on peut comprendre des actions ponctuelles, d’une durée limitée, il faut éviter que les usagers se retrouvent dans une détresse totale. Quand le chaos s’installe il faut des moyens pour qu’un préjudice soit subi par les usagers, c’est pourquoi nous recommandons qu’une discussion sereine se mette en place sur un service minimum." Or ce qui s’est passé hier avec l’intervention de gouvernement montre qu’il y a déjà des moyens qui existent pour éviter que cela aille trop loin dans certains cas. Est-ce qu’il faut vraiment légiférer ?, se demande Bertrand Henne. Le président de la FEB se contentera ici de répéter son souci d’éviter les dérives.

Nouvelles mesures d'encadrement des salaires en vue

Le débat a porté ensuite sur un texte préparé par le gouvernement et encadrant les hausses de salaire, avec à la clé des réductions de charges patronales si la discipline salariale est respecté et des amendes si les salaires augmentent trop vite. Sur ce point, l’invité estime : "Le gouvernement est en ligne avec ce qui a été convenu avec nous et les partenaires sociaux. La Belgique connaît un handicap de compétitivité et il faut prendre des mesures qui permettent un rattrapage d’ici 2018 avec les pays voisins, nos principaux partenaires commerciaux. On voudrait aller plus vite mais ce ne sera pas possible. Le gouvernement a organisé un blocage des salaires hors index, auquel il n’a pas touché, et on voit qu’il pense à présent à des mesures supplémentaires, du type bonus-malus. Mais les situations peuvent être différentes. Il faudra être vigilant car il ne faudrait pas qu’une entreprise qui a fait des concessions salariales sous la menace d’une grève soit frappée en plus d’une amende… "

Un retour à l'équilibre sans précipitation

Le bureau du Plan a chiffré à 13 milliards d’euros les efforts à faire pour un retour à l’équilibre en 2015-16. Or certains économistes, notamment issus des banques, mettent en garde sur le fait que cela risque de tuer le peu de croissance que l’on décèle. Pour Pierre-Alain De Smedt, "au niveau du pays comme de l’Europe, il faut une grande vigilance sur le rythme auquel faire les choses. Il y a des faits incontournables : un endettement de plus de 100%, un niveau de déficit trop élevé : il faudra sortir de cette situation. Quant au rythme, il appartiendra à chaque pays de le décider, tout en respectant les contraintes européennes. Mais il faudra peut-être un peu de souplesse dans l’application…"

Pierre-Alain De Smedt fait partie de la commission qui étudie l’harmonisation des statuts ouvrier/employé. Le gouvernement a la main dans cette affaire actuellement et certains estiment que ce dossier n’avance guère. L’invité de Matin première réagit : "On a beaucoup dit que la concertation sociale en Belgique ne fonctionnait pas bien. Je voudrais quand même rappeler que nous avons fait des accords sur le bien-être (pensions, indemnités sociales…), sur la revalorisation du salaire minimum, en particulier pour les jeunes, sur la rédaction des charges, sur la modernisation du droit du travail – la flexibilité. Ce sont des accords difficiles mais équilibrés, bref la crise n’a pas tué la concertation en Belgique. L’accord sur l’harmonisation des statuts employé/ouvrier, qu’on surnomme le BHV social, est en discussion depuis 20 ans. C’est un problème très complexe où les points de vue sont distants. Mon opinion est que le gouvernement y travaille de façon efficace. Dans un contexte très difficile et avec des contraintes européennes."

Patrick Bartholomé

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