Des allocations de chômage qui diminuent plus vite, c'est pour bientôt

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Des offres d'emploi - © Belga

Certaines allocations de chômage diminueront, par phases, en moyenne de 25% à partir de novembre. Il existe un consensus en ce sens, que la ministre de l'Emploi Monica De Coninck (sp.a) va traduire dans un arrêté royal. Mais tout le monde n'est pas concerné. Pour Ecolo, le gouvernement va pousser les chômeurs vers la pauvreté. Le front commun syndical juge également le principe "inacceptable".

Ces mesures sont détaillées dans La Dernière Heure, Het Nieuwsblad et De Standaard jeudi.

Il s'agit de la mise en œuvre du principe de la "dégressivité accrue", âprement négociée lors de la formation du gouvernement.

Les modalités sont complexes mais le but de cette règle est d'inciter les chômeurs à trouver plus rapidement un emploi.

Ces mesures ne touchent en fait qu'un peu moins de la moitié des chômeurs, soit environ 130 000 des 300 000 personnes qui perçoivent une allocation. Deux groupes ne seront pas concernés: les plus de 55 ans et ceux qui peuvent afficher au moins 20 années de travail antérieurement à l'entrée en vigueur de la réforme.

L'idée de la réforme est la suivante : plus longtemps une personne a travaillé, plus longtemps elle gardera ses allocations intactes. A contrario, les personnes comptant peu de périodes de travail seront plus vite "sanctionnées".

Deux tempéraments à la règle toutefois : d'abord l'allocation de base sera portée à 65 % (au lieu de 60% actuellement), ensuite Monica De Coninck avance que les règles pour pouvoir prétendre au chômage seront assouplies dans le sens d'une meilleure prise en considération des intérims, des courtes périodes de travail ou du travail partiel.

Enfin, on ne descendra pas sous l'allocation-plancher actuelle.

Concrètement, les chefs de ménage verront une diminution de 12%, les isolés une baisse de 17,5%. Les cohabitants seront les plus touchés : leurs allocations diminueront de 41,5%, à 484 euros par mois. La diminution se fera par phases.

Ecolo réagit

Pour Ecolo, dans l'opposition au fédéral, "cette mesure, qui s'ajoute à d'autres politiques de sanction et d'exclusion décidées par la tripartite traditionnelle et qui entrera en vigueur le 1er novembre prochain (soit tout juste après les élections communales), ne résoudra rien à l'enjeu de l'emploi et contribuera, tout au contraire, à pousser les intéressés vers la pauvreté et à les éloigner du marché du travail", expliquent Zoé Genot, Georges Gilkinet et Cécile Thibaut dans un communiqué.

"Le seul effet évident de cette mesure sera de permettre au gouvernement Di Rupo d'effectuer des économies sur le dos des plus fragilisés, en contradiction flagrante avec le passage de sa déclaration gouvernementale affirmant que 'la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale est une priorité du gouvernement'".

Plus de pauvreté, dit le front commun syndical

Les trois syndicats réaffirment leur opposition à toute dégressivité des allocations de chômage. Ils rappellent que "grâce à la concertation sociale et aux négociations menées au sein du Comité de gestion de l'ONEM, il a été possible d'adoucir certains aspects des mesures initiales."

Mais, soulignent les organisations syndicales, "suite à cette dégressivité des allocations de chômage, de plus en plus de personnes se retrouveront dans la pauvreté. Au bout d'un certain laps de temps, ces allocations seront inférieures à la norme de pauvreté européenne (de 31% pour les chefs de ménage et de  12 % pour les isolés) alors que la Belgique s'est engagée vis-à-vis de l'Europe à réduire, d'ici 2020, de 380.000 le nombre de personnes menacées de pauvreté". Et les syndicats de conclure : "C'est inacceptable !"

T.N. avec Belga

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