Pour le président du MR bruxellois, "Maggie De Block devra rendre des comptes"

"Elle devra rendre des comptes". Elle, c’est Maggie De Block, la ministre fédérale Open VLD de la Santé. Celui qui prononce cette déclaration, c’est David Leisterh, le président de la régionale bruxelloise du MR. Les propos ont été tenus cette semaine lors d’un live Facebook avec Tang Hicham, Hicham Marso de son vrai nom. Tang Hicham est un observateur du web originaire de Saint-Josse, qui organise chaque soir (ou presque) sur sa page des dialogues avec des politiques et acteurs associatifs issus des 19 communes. Thème central: le coronavirus. 

Mardi dernier, Tang Hicham (candidat sur la liste Bleus de Saint-Josse-MR aux élections en 2012) accueillait notamment virtuellement l’échevin PS de Molenbeek Jamel Azaoum et David Leisterh, président du MR bruxellois depuis février dernier. Depuis sa prise de fonction, ce proche du président Georges-Louis Bouchez aime adopter un discours plutôt franc. Lors du live, cela a été une nouvelle fois le cas, quand il a été questionné au sujet de la gestion de la crise du coronavirus par les autorités belges.

Les failles, les grosses erreurs

"Au niveau de la ministre de la Santé – on ne va pas citer de nom -, je crois qu’il y a eu pas mal de failles", lance Tang Hicham, bruxellois néerlandophone, interpellant David Leisterh, par téléphone. "Il y a eu de grosses erreurs qui ne devaient pas avoir lieu. On parle d’une crise énorme, et non pas d’une simple grippe comme cela avait été dit dans les journaux."

David Leisterh répond et développe (à écouter ci-dessus vers 1 h 25 minutes) : "Je n’ai pas envie d’être celui qui, maintenant, alors qu’elle (Maggie De Block) est en première ligne – elle doit constamment chercher des masques, chercher toute une série d’outillages pour les hôpitaux, trouver des solutions à gauche à droite. Je n’ai pas envie d’être celui qui tire sur un des capitaines" dans cette majorité fédérale composée du MR, de l’Open VLD et du CD&V.

Pourquoi ? "Parce que je ne pense pas que ça l’aiderait. Et que si cela ne l’aide pas elle, ça aide encore moins la cause qui veut qu’on lutte un maximum", contre le coronavirus.

David Leisterh tient ensuite à rappeler un élément d’ordre linguistique. "On parle de Maggie De Block ici, on va mettre un nom sur les personnes. Maggie De Block est à l’origine une Flamande. Donc, elle parle flamand. Et j’aimerais pouvoir parler flamand aussi bien qu’elle parle français. Et c’est vrai que parfois, quand elle s’exprime en français, on a parfois un peu tendance à y dénoter un peu de nonchalance, un tout petit peu de recul ou un manque de dynamisme… […] C’est parce qu’elle fait ce qu’elle peut en français. Son français n’est pas parfait." C’est, pour David Leisterh, un "élément qu’il faut avoir en tête".

Des communications qui sont mal passées

Cependant, "c’est certain", poursuit le président des libéraux bruxellois, "qu’il y a eu toute une série d’expressions qu’elle a eues, de communications qu’elle a eues qui sont mal passées". Cette semaine, pour rappel, une plainte a été déposée par l'Ordre des médecins contre la ministre

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David Leisterh, président du MR bruxellois. © M. R.

Le live se poursuit. Celui qui est également député bruxellois et président du CPAS de Watermael-Boitsfort continue. "L’impression que l’on a quand elle prend des positions n’est pas toujours la même en Flandre qu’en Wallonie ou à Bruxelles. Vous lisez les journaux flamands : c’est vrai que maintenant elle est fort critiquée mais longtemps, ça n’a pas été le cas, alors que c’était déjà le cas chez nous, il faut le reconnaître. C’est vrai que ça fait partie de toute une série de problèmes qui se sont posés et que l’on enquêtera dès la fin de cette crise. Et elle devra en effet rendre des comptes."

Commission d’enquête

Contacté ce dimanche par la RTBF, David Leisterh assume totalement les propos tenus sur Internet à l’endroit d’une ministre issu d’une formation partenaire du MR au Fédéral.

Pour lui, une commission d’enquête devra faire la lumière sur la crise du coronavirus. "Je m’inscris dans ce qu’a déjà dit Georges-Louis Bouchez en réalité : il y a aura une commission et il faudra que chacun s’explique et rende compte. Aussi, il en ira de même dans les entités fédérées. On a huit ministres de la santé, il faut que partout on comprenne ce qui s’est passé et ce qui peut être retenu, abandonné ou amélioré."

Les masques et le contexte international

Dans le live, David Leisterh revient également sur la saga des masques, avec des commandes recalées par les autorités belges après avoir été déclarées non conformes. "C’est bien Maggie De Block" qui est à l’origine des commandes. Mais, précise le Bruxellois, "il faut bien comprendre comment cela se passe dans le monde" avec des commandes de masques en Chine, pays où a démarré l’épidémie. "Le paradoxe", estime David Leisterh.

Et lorsque les masques sont commandés, "débarquent les Américains ! C’est comme cela que ça se passe". Des Américains qui "rachètent votre commande (de masques) quatre fois le prix" voire "rachètent l’usine" qui les fabrique. "Vous imaginez un peu la compétition actuellement au niveau international". Et il y a eu "des échecs, c’est vrai" de la part de la Belgique qui a pêché, sous-entend David Leisterh, par manque d’anticipation.

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