Pour le patron des patrons, la manifestation de vendredi est "un pas trop loin"

Les négociateurs réunis autour d’Elio Di Rupo ont donc bouclés leurs discussions. Un gouvernement devrait être mis en place la semaine prochaine. Mesures les plus polémiques : celles concernant le budget. Pour le patron des patrons belges, tout le monde est dans le même panier. "C’est un accord équilibré dans le sens où le gouvernement a dû prendre des mesures vraiment pénibles pour tout le monde".

Rudi Thomaes dit ne pas comprendre la manifestation prévue vendredi. "On n’a pas touché au pouvoir d’achat des travailleurs. On n’a pas touché au revenu des pensionnés, des prépensionnés". Pour lui, la mobilisation prévue est irresponsable. Les entreprises sont elles aussi touchées par les décisions du futur gouvernement. Mais elles privilégient la voie du dialogue, contrairement aux syndicats. "Je crains que ce soit un mouvement très suivi. "Il serait irresponsable de paralyser de grandes parties de notre économie. Il y a un problème d’image pour la Belgique. (…) Dire au patron ‘je ne viens pas travailler, il n’y aura pas de production dans votre usine', c’est un pas trop loin".

A la veille de la mobilisation des travailleurs, le PTB publie son top 1000 des entreprises les plus riches de Belgique qui n'ont payé, en moyenne, que 5,3% d’impôts en 2010. Pour Rudi Thomaes, l’explication est simple. "Ce n’est pas une liste des plus grandes sociétés, c’est une liste des sociétés qui font le plus de profit. Là-dedans il y a une très grande liste de toutes les banques internes des grands groupes multinationaux que la Belgique a attiré en concurrence avec les Pays-Bas, avec le Luxembourg, avec la Suisse pour faire de Bruxelles la capitale des banque internes pour créer 10 000 emplois et ça a été un succès".

Le patron des patrons craint d’ailleurs que ces multinationales quittent la Belgique. "Si jamais on est trop dur, et on a été dur avec les intérêts notionnels, si la Belgique devient non-compétitive, ils partent simplement. Et quand ils partent ils ne paient plus les quelques centaines de millions qu’ils paient maintenant et nous perdons beaucoup d’emploi…"

Dans cette liste, se trouvent également des grandes entreprises belges, telles que InBev, Umicore…  Pour Rudi Thomaes, l’explication du peu d’impôts qu’elles paient est aussi assez logique. "Les grandes entreprises belges normalement sont internationales car la Belgique est un petit pays. Il est donc normal que ces entreprises paient leurs impôts où elles ont leur activité. Il est normal que le taux de leurs taxes en Belgique soit réduit, parce qu’elles paient beaucoup d’impôts à l’étranger".

Quant à l’indexation des salaires, la FEB ne change pas d’avis : il faut réformer. "Le gouvernement s’est engagé à suivre les recommandations européennes (dont la réforme du système d’indexation, NDLR). Pour le pays il est important de rendre plus intelligent ce système d’indexation pour éviter l’effet inflationniste. Ce système n’existe d’ailleurs plus dans aucun pays de l’Union européenne".

J.C.

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