Pour l'OCDE, "le coût des réfugiés est un investissement, pas une dépense"

Selon l'OCDE, la plupart des réfugiés venant de Syrie, d'Irak et d'Erythrée resteront dans leur pays d'accueil
Selon l'OCDE, la plupart des réfugiés venant de Syrie, d'Irak et d'Erythrée resteront dans leur pays d'accueil - © DIMITAR DILKOFF - AFP

Dans le cadre de la crise des réfugiés, les commissions de l'action sociale et en charge des questions européennes du parlement wallon ont auditionné l’OCDE ce 16 octobre. Pour Jean-Christophe Dumont, chef du département des migrations internationales de l’Organisation de coopération et de développement économique, "il y a une seule chose dont on est sûr : la situation ne va pas s’améliorer. On ne voit pas le bout du tunnel, le processus qui va par exemple permettre de stabiliser la Syrie ou la Libye".

"La plupart des migrants qui arrivent en Belgique et qui obtiendront le statut de réfugiés sont là pour rester, et feront peut-être même venir leur famille, a ajouté Jean-Christophe Dumont. Il faut donc se préparer, être proactif et pas réactif ".

Le représentant de l’OCDE a, par ailleurs, encouragé la Wallonie à renforcer les dispositifs mis en place pour l’accueil des demandeurs d’asile. "Il faut être transparent : ces politiques ont un coût. Mais ce coût doit être perçu comme un investissement et pas comme une dépense. Si l’argent public est bien utilisé, alors les gens vont acquérir rapidement le minimum qui va leur permettre de passer de la case bénéficiaires sociaux à la case contributeurs".

Importance d’un parcours d’intégration adapté

Le débat sur le caractère obligatoire du parcours d’intégration est récemment revenu au parlement wallon, à travers une proposition de décret de l’opposition MR, mais également via un projet de décret du gouvernement régional, bien plus contraignant que le modèle actuellement en vigueur.

"Il y a toujours un arbitrage à faire entre les incitations et les sanctions. Mais au fond, ce qui compte avant tout, c’est la participation active des réfugiés aux modules de formation. Et ça dépend largement de la qualité du service offert, a commenté Jean-Christophe Dumont. Et puis, il faut absolument raccourcir les délais de traitement de dossier pour ceux qui ont une très forte probabilité d’obtenir le statut de réfugiés, afin de passer le plus rapidement possible à l’étape suivante, celle de l’apprentissage de la langue, de l’évaluation des compétences, des compléments de formation. Enfin, ce dispositif doit être adapté aux différents profils. On ne dispense pas des cours de français à quelqu’un qui a une formation supérieure et à un illettré".

Les débats relatifs au projet de décret sur le nouveau parcours d'intégration du ministre Maxime Prévot (cdH) devrait débuter dans quelques semaines au parlement wallon.

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