Geert Bourgeois répond aux critiques: "Ce n'était pas un propos contre les francophones"

Ce dimanche soir, en réponse aux critiques, Geert Bourgeois précise à la VRT: "C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens. (...) On se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message".
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Ce dimanche soir, en réponse aux critiques, Geert Bourgeois précise à la VRT: "C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens. (...) On se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message". - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les propos tenus ce dimanche sur VTM par le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) suscitent de nombreuses réactions de la part du monde politique du nord du pays. Geert Bourgeois a notamment déclaré que la frontière linguistique était devenue "une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela". Ce soir, en réponse aux critiques, il précise à la VRT: "C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens". A ses yeux, "on se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message".

John Crombez: "C'est vraiment un petit ministre-président"

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois "prend doucement la mauvaise habitude de communiquer sur le 11 juillet à l'encontre des gens, au lieu de le faire à l'avantage des Flamands, il devient un ministre-président de plus en plus triste", a affirmé dimanche le président du sp.a John Crombez. "Au lieu de dire des choses positives sur les Flamands à l'occasion de la Fête flamande, il a choisi de parler négativement des autres, je le déplore", a ajouté le président des socialistes flamands.

"Même son appel à recevoir davantage de compétences sonne de plus en plus creux", commente John Crombez. "Voyez la manière déplorable avec laquelle le gouvernement flamand gère le dossier des allocations familiales, qui pèse des milliards d'euros. Et en tant que ministre-président, il s'en prend aux experts qui ont fait des remarques sur cette réforme. C'est honteux. C'est vraiment un petit ministre-président".

Hilde Crevits: "Au CD&V, on ne crache pas sur les gens"

Le vice-présidente CD&V du gouvernement flamand, Hilde Crevits, s'est également distanciée dimanche des propos de son chef de gouvernement Geert Bourgeois (N-VA), affirmant qu'il les a tenus en son nom propre et non en celui de l'exécutif.

"Au CD&V, nous ne crachons pas sur les gens, même si nous ne sommes pas d'accord avec certains choix qui ont été faits de l'autre côté de la frontière linguistique", a-t-elle déclaré.

Elle a dit en revanche partager certaines des préoccupations de Geert Bourgeois, par exemple sur les quotas de numéros Inami pour les médecins.

Un registre qui fait "penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage"

"C'est dommage que le ministre-président, à l'occasion de la Fête flamande, envoie au monde une commentaire sur le crachat, au lieu de parler de la Flandre en tant qu'entité fédérée sûre d'elle-même", a affirmé de son côté, dimanche, le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V).

Parlant des tensions communautaires qui selon lui ne s'apaisent pas, Geert Bourgeois a notamment affirmé que "la frontière linguistique est devenue une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela". "Un ministre-président (qui parle) de cracher sur l'autre, lors de notre fête flamande. Où est la conscience flamande respectueuse? #pasenmonnom #respect", a twitté M. Bothuyne.

Interrogé par Belga, le député CD&V s'est demandé pourquoi Geert Bourgeois n'avait rien dit d'une Flandre vue comme une entité fédérée solide et affirmée en Belgique: "La Flandre a reçu des compétences qui permettent de donner des perspectives aux Flamands. Pourquoi donc devrait-il être question de cracher sur l'autre? Et même s'il fallait demander de nouvelles compétences, la dernière chose à faire est de cracher sur ceux avec qui l'on doit dialoguer".

A ses yeux, "ce n'est pas là le registre de langage que l'on attend d'un ministre-président, cela fait plutôt penser à celui de Donald Trump ou de Nigel Farage".

Pour Groen, Geert Bourgeois tombe dans le nationalisme de l'injure

Les écologistes flamands de Groen ont dénoncé à leur tour dimanche les propos du ministre-président flamand Geert Bourgeois, tenus sur VTM.

Le chef de groupe Groen au parlement flamand, Björn Rzoska, a jugé sur Twitter que M. Bourgeois tombait dans le "nationalisme de l'injure" lorsqu'il a parlé de Flamands crachant sur les grèves qui ont touché davantage le sud du pays ces derniers mois. "Le 'nous-eux' est de retour", a-t-il ajouté.

La présidente des Verts flamands, Meyrem Almaci, a quant à elle jugé ces propos "simplement grossiers, polarisants" et relevant d'un ministre-président "indigne", qui ne cherche qu'à "détourner l'attention de sa propre politique catastrophique".

Pour Ecolo, le nationalisme ringard de Geert Bourgeois tire le monde vers le bas

"Le nationalisme est triste, qui tire tout le monde vers le bas et le petit, qui préfère l'hostilité à la fraternité", a réagi dimanche le co-président d'Ecolo Patrick Dupriez.

"Cette frontière n'est-elle pas aussi celle des investissements dans les prisons et le rail? ", a demandé Patrick Dupriez sur Twitter. Si, pour Geert Bourgeois, la Belgique est un pays fait de deux démocraties, elle est surtout, pour le co-président d'Ecolo, "habitée par beaucoup de Flamands qui sont entrés dans le 21e siècle, contrairement à Geert Bourgeois", qu'il qualifie de "ringard".

La co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi a elle souhaité du "courage" à ses amis flamands, car "vous méritez mieux que Geert Bourgeois".

Réponse de Geert Bourgeois: "On se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message"

"C'est ridicule de penser que je pourrais cracher sur des gens, que mon parti pourrait cracher sur des gens", a réagi dimanche soir le ministre-président flamand Geert Bourgeois sur la VRT, cherchant à corriger l'émotion née de ses propos tenus plus tôt dans la journée sur la chaîne privée VTM.

"Ce n'était pas un propos contre les francophones", a assuré le mandataire N-VA. Selon lui, l'objectif était surtout d'utiliser une image pour pointer du doigt l'état de la situation concernant les grèves. "Les Flamands veulent aller de l'avant et travailler. Ça tourne mieux en Flandre. C'était cela mon message. Mais on se fixe sur un seul petit mot pour noyer le message principal", a-t-il ajouté.

Évoquant les conflits communautaires en Belgique, M. Bourgeois avait affirmé sur VTM que "la frontière linguistique est devenue une frontière de la grève, et les Flamands crachent sur cela".

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