Pour François De Smet (DéFi), on aurait dû "assumer la pénurie dès le début, et encourager les masques alternatifs"

"La haie du déshonneur": à l’hôpital Saint-Pierre une partie du personnel soignant a clairement exprimé ce samedi sa colère face à la Première ministre. Ils l’ont accueillie avec une "haie d’honneur"…mais le dos tourné.

Une attitude compréhensible pour le président de DéFi François De Smet, invité de Matin Première : "On peut les comprendre, la cerise sur le gâteau étant quand une membre du gouvernement fédéral les traite en plus d’enfants, mais c’est une colère qui à mon avis remonte à bien avant la crise du Covid. Malgré ses qualités et défauts, Sophie Wilmès représente le gouvernement, et je pense que le personnel soignant a voulu exprimer un ras-le-bol, une fatigue, dénoncer une pénurie endémique, qu’il dénonce depuis des années".

François De Smet reconnaît que certaines réformes étaient peut-être nécessaires (la compétition entre hôpitaux, il fallait bien faire quelque chose") mais il regrette que Maggie De Block, "en qui le personnel soignant pouvait avoir confiance parce que c’est un médecin de formation", y soit allé "un peu à la hache, sans concertation : je pense que le message est passé qu’on ne peut pas s’occuper des soins de santé sans les soins de santé".

Lui aussi réclame une commission parlementaire pour établir les responsabilités dans la gestion de la crise du coronavirus : "Il y a les problèmes actuels, il y a les cafouillages sur les masques, mais le plus gros des péchés originels, sur lequel tout le monde commence à s’accorder c’est que, en théorie, on avait un plan pandémie, mais en pratique on n’avait pas de masques, pas de test. Le péché originel, c’est qu’on est passé d’une gestion avec stock stratégique, qu’on a détruit - il fallait le faire- mais qu’on n’a pas renouvelé, et on est passé à une gestion à flux tendu".

On n’a pas été prêts en termes de testing, ça a été destructeur en maison de repos, et on n’était pas prêts pour les masques

Et il ne pointe pas la seule responsabilité de la ministre de la Santé Maggie De Block, mais bien du gouvernement précédent dans son ensemble : "Se retrouver avec 9000 morts, après deux mois de confinement alors qu’on a respecté les règles, alors qu’on a réussi à maintenir la courbe en dessous du nombre de lits en soins intensifs, qu’on n’a pas eu les débordements qu’on a eu ailleurs, c’est quand même 1000 de plus qu’en Allemagne en chiffres absolus ! Ça prouve quand même bien qu’il y a eu un souci. On n’a pas été prêts en termes de testing, ça a été destructeur en maison de repos, et on n’était pas prêts pour les masques. Sans vouloir tirer sur les ambulances, ça n’a jamais été mon genre, il y aura quand même des responsabilités à pointer !"

François De Smet regrette surtout le manque de franchise des autorités dans la gestion de la crise : "Il aurait fallu être un peu plus claire dès le début de l’épidémie, assumer la pénurie, dire "on n’a pas assez de masques, on vous demande de laisser les masques chirurgicaux aux professionnels, mais en attendant, si vous sortez prenez des masques alternatifs. On a fait chez DéFi une petite campagne à ce sujet, la population peut comprendre qu’il y a une pénurie, qu’il y a une crise, ce qu’il faut, c’est reconnaître les manquements quand ils sont là."