Didier Reynders (MR): "La Grèce doit tenir ses engagements"

Didier Reynders, invité au micro de Bertrand Henne dans Matin Premiere
Didier Reynders, invité au micro de Bertrand Henne dans Matin Premiere - © RTBF

Didier Reynders, Ministre des Affaires Étrangères et vice-Premier ministre, revient sur la situation en Grèce avec la victoire de Syriza, sur l’Ukraine et la Russie, mais aussi sur les déclarations de Rudi Vervoort (PS) à propos de l'intégration. Il était au micro de Bertrand Henne dans Matin Premiere.

Après la victoire de Syriza, la gauche de la gauche en Grèce, la question de la dette grecque revient au centre de la table des discussions. Faut-il accepter de renégocier avec la Grèce ? Le vice-Premier ministre s'exprime.

"Il faut donner du temps à la Grèce"

Pour Didier Reynders, il faut être encore un peu patient avant de connaître les prises de position du gouvernement d'Alexis Tsipras. Un programme très attendu par la zone euro, qui attend toujours un retour à la normale du plan budgétaire grec :  "Il faudra bien entendu donner du temps à la Grèce, on ne peut pas lui exiger de revenir à une situation saine sur le plan budgétaire en très peu de temps", confirme Didier Reynders.

La Grèce doit tenir ses propres engagements pour être crédible

Allonger les durées d'emprunt pour la Grèce, "ça a déjà été fait et ça peut encore se faire" poursuit-il, mais le ministre des Affaires Etrangères pose une condition : "que la Grèce tienne ses engagements, quelles que soient les majorités". Un retour à l'équilibre budgétaire est inévitable pour la Grèce, souligne Didier Reynders.

Il est même question de crédibilité aux yeux du vice-Premier ministre : "Ce qui est important pour les créanciers que sont les Etats, qui sont aussi des contribuables, c’est de savoir qu’on a des gens crédibles qui vont tout faire pour rembourser leurs engagements et remettre leur pays sur le droit chemin". Le cas échéant, Didier Reynders estime que la Grèce "devra tirer ses propres conclusions", quitte à s'isoler en Europe.

Tensions en Ukraine : il faut faire pression sur la Russie et sanctionner

La Belgique doit-elle prendre de nouvelles sanctions au regard des événements qui secouent l'Ukraine ? Entre d'un côté le nouveau gouvernement de Kiev, soutenu par l'Occident, et de l'autre, les séparatistes pro-russes de l'Est du pays, soutenus par Moscou, le pays est bel et bien en guerre civile.

"Il faut condamner les actes des séparatistes dans l’Est de l’Ukraine qui ne respectent aucun des engagements", demande Didier Reynders. "Il faut aussi faire pression sur la Russie pour qu’elle exerce son influence sur ces séparatistes", finit-il par suggérer.

Le ministre des Affaires Etrangères déclare même vouloir aller plus loin sur les sanctions individuelles : refus de visa, gel des avoirs, sanctions financières et listes de sanction. "On va voir si on peut aussi faire des sanctions économiques qui dépendront de l’aggravation ou non de la situation sur le terrain" ajoute-t-il.

Être ferme mais maintenir le dialogue

Cependant, malgré un discours sévère, Didier Reynders estime qu'il faut maintenir les canaux de dialogue ouverts avec la Russie. "On doit parler de la Syrie, de l’Iran, des changements climatiques. Il faut garder cette capacité de discussion, surtout pour l’Union européenne". La Russie doit utiliser son influence pour tous ces enjeux, selon Didier Reynders.

Sur la déclaration de Rudi Vervoort : "Je crois que c’est indigne"

Rudi Vervoort a provoqué la polémique avec ses déclarations sur les mesures de déchéances de nationalité. Pour le ministre-président bruxellois, "La déchéance de nationalité, cela a toujours été une arme utilisée par les régimes extrêmes. Quand on voit Auschwitz, quand on voit que dans l'Allemagne hitlérienne, les premières lois qui ont été votées, ce sont les déchéances de nationalité pour les Juifs".

Une comparaison qui n'a pas plu au libéral : "Je crois que c’est indigne", affirme Didier Reynders. "C’est une mesure qui est prise aussi en France. Si on n’arrive pas à faire la différence entre ce qui s’est passé dans un régime nazi et ce qui se passe aujourd’hui avec le terrorisme, c’est qu’il y a un mal-être", nuance-t-il.

Surveiller davantage les voyageurs qui prennent l’avion

Le vice-Premier ministre estime être plus attaché à des mesures de prévention, comme le retrait de passeport et de la carte d'identité "pour éviter d’utiliser ça comme un outil de voyage et de libre parcours." Ce qu'il souhaite, c'est un "échange de données sur les voyageurs qui prennent l’avion dans la zone Schengen, ou même au-delà".

Didier Reynders prends l'exemple de Mehdi Nemmouche pour justifier davantage de surveillance : "de nationalité française, il a quitté la France pour la Syrie, puis était en Malaisie, à Singapour et à Bangkok avant de venir à Bruxelles", et conclut donc : "je pense que ça vaut la peine de surveiller les gens comme ça et puis de les condamner, même avec un retrait de nationalité s’ils ont la double nationalité".

RTBF

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